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Bagnols-sur-Cèze – Jean-Yves Chapelet : « on poursuit cette dynamique, il ne faut pas qu’on la casse. Oui, je suis candidat aux élections municipales de 2026. »

C’est un mercredi matin, jour de marché à Bagnols, que Jean-Yves Chapelet nous reçoit. Retour sur les bancs de l’école, car notre rendez-vous a lieu dans une salle de l’école Célestin-Freinet, à Bagnols-sur-Cèze.

Assis sur une chaise d’écolier, Jean-Yves Chapelet, 64 ans, se raconte. « J’habite Bagnols depuis 1988. Je suis né à Châtellerault, dans le Poitou… un bagnolais d’adoption ! » Retraité du CEA en tant qu’ingénieur chercheur chimiste, marié et père de deux enfants, Jean-Yves Chapelet est aussi un « papi » comme il aime le dire. Sa petite fille de 8 ans, c’est la prunelle de ses yeux, « l’amour de ma vie, après ma femme ». Bricoleur émérite, Jean-Yves Chapelet est avant tout passionné par les gens. « Il faut comprendre pourquoi on est maire et connaître son moteur ; le mien, c’est les gens ».

Nous avons parlé de l’homme, parlons du maire. Rencontre.

TV SUD : Jean-Yves Chapelet, votre devise est « travailler avec sérieux, sans jamais se prendre trop au sérieux ». Alors, parlons sérieusement. Vous venez de passer la moitié de votre troisième mandat, comment vous sentez-vous ?
JY.C : C’est mon premier mandat de pur plaisir. Depuis que je ne dois plus concilier mon activité professionnelle avec ma fonction de maire, je gère mieux mon agenda, et ça me plaît. J’ai autour de moi une équipe soudée, je me sens en pleine forme… j’ai envie de continuer ».

LES GRANDS PROJETS URBAINS

TV SUD : La ville de Bagnols-sur-Cèze est en pleine métamorphose. Pouvez-vous faire un point sur les grands projets urbains, déjà effectués ? Et quels sont les projets à venir ?
« Sur la dernière partie du deuxième mandat, on avait préparé tous les dossiers. Aujourd’hui et grâce à cette préparation, on est en train de construire la nouvelle Pyramide, un espace de culture de 750 places. On a rénové des façades d’immeubles du centre-ville, concrétisé la reconversion de l’ancien Monoprix et créé un meilleur cadre de vie, avec des parvis piétons, des pistes cyclables ou encore des espaces végétalisés ».
« Les salles annexes de la Pyramide, la couverture du moyen bassin de la piscine, il reste plein de choses à faire ! En parlant des grands projets d’urbanisme de la première moitié de mon mandat, je les relie tous à un fil conducteur essentiel : le respect de l’environnement. Il est crucial de s’investir, car je ne trouve aucun plaisir à gaspiller de l’énergie inutilement ou à utiliser des véhicules à essence.
Un exemple significatif que je tiens à mettre en avant concerne la gestion du stress hydrique pendant l’été. Face à ce défi, nous devons exploiter au maximum la station d’épuration et valoriser le taux d’épuration exceptionnel de cette dernière.

TV SUD : Vous avez récemment adopté en Conseil Municipal, une demande de subvention afin de couvrir le moyen bassin de la piscine municipale, pouvez-vous nous en dire plus sur ce projet ?

« Il faut réfléchir sur ce qu’on veut vraiment faire de la piscine actuelle en ayant un projet proportionnel à la taille de la ville. »

« Nous avons entrepris une réflexion approfondie sur les installations de la piscine Guy Coutel. La pataugeoire, dégradée et sujette à des fuites, a été définitivement fermée pour être remplacée par un parc aqualudique, accessible à tous. Nous allons engager une discussion pour concevoir un complexe intégré autour de la piscine et du moyen bassin couvert, répondant aux trois piliers de la natation : l’apprentissage de la nage pour les plus jeunes, la compétition avec le SOBM (Club de natation de la ville) et la partie ludique avec des activités telles que l’aquagym et la détente.
Le projet de piscine couverte sera porté par la Ville, avec le soutien de l’état. Il sera ouvert à l’ensemble des habitants du territoire, tandis que le complexe nautique que je souhaite mettre en place viendra en complément. »

ECOLOGIE & ENVIRONNEMENT

TV SUD : On sait que vous privilégiez le vélo à la voiture. Pouvez-vous nous expliquer ce que vous avez mis en place, afin de faciliter les mobilités actives en ville ?
« Nous avons mis en place un schéma directeur, qui doit permettre de ne plus lancer de projets, sans y intégrer les mobilités actives que sont la marche à pied, le vélo, avec notamment la création de pistes cyclables, qui permettent de relier le lycée Albert-Einstein au Mont-Cotton de manière sécurisée. On va ensuite reprendre entièrement le haut de l’Avenue Vigan-Braquet jusqu’au centre des Impôts pour le relier au reste des pistes cyclables. Pour pallier la discontinuité piétonne et cyclable entre le Nord et le Sud de la ville, symbolisée par le Pont Robert-Schumann, on va construire la Passerelle MAIA. Elle verra le jour en 2025 et sera reliée au Pôle d’Échanges Multimodal (PEM) de la gare et permettra enfin de relier les deux extrémités de la ville. »

TV SUD : Justement, quelles actions sont en cours, pour promouvoir le vélo à Bagnols ?
On va sensibiliser directement les enfants. Un tiers des enfants qui entrent en classe de CM2 ne savent pas faire de vélo. C’est pourquoi nous avons acheté des kits vélo-circulation routière, dans le but de permettre aux petits d’apprendre à faire du vélo en sécurité. Cette mesure s’inscrit dans la mise en place du permis vélo.
Enfin, en plus de la sécurisation des arrêts du PEM, un aménagement sera effectué entre la Porte des Escanaux (Parking des Cèdres) et la Tour G2. On ne reconstruira pas à cet endroit, on va aménager l’ensemble de l’Avenue de la Mayre avec un parking relais, à l’entrée de la ville et à proximité de la gare et du centre-ville (en lieu et place du parking actuellement utilisé par la société Rentacar), jusqu’à l’entrée des Escanaux.

TV SUD : La Redevance Incitative, mise en place par l’Agglomération du Gard rhodanien, est effective depuis le 1er janvier 2024. Elle a nécessité de nombreuses adaptations, quelles actions ont été entreprises ?
« Avec mes équipes, nous avons dû nous adapter chaque jour à cette nouveauté présente depuis 10 ans dans certaines régions de France et qui concerne l’ensemble de la population.
En faisant un premier bilan de la Redevance Incitative, je constate le chemin parcouru depuis le lancement de la distribution des sacs jaunes à la Cave Mallet en janvier, jusqu’à la sensibilisation et aux opérations de porte à porte, visant à expliquer le fonctionnement de cette redevance remplaçant la TEOM (Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères).

Une autre adaptation a été nécessaire face à l’augmentation des dépôts sauvages dans la ville. La direction de la Tranquillité publique et de la Prévention est désormais habilitée à dresser des amendes administratives en cas de dépôts sauvages détectés par les caméras nomades. Ces petites caméras, pratiquement indétectables à l’œil nu, ont été installées dans les rues de Bagnols-sur-Cèze et sur les chemins communaux appartenant à la ville depuis le 13 octobre dernier. »

SECURITE

TV SUD : Depuis le début de votre mandat, vous avez développé la vidéoprotection, quel premier bilan en dressez-vous ?

« Je sais que c’est difficile à entendre, mais la situation s’améliore. »

« Les mesures que nous avons prises dans la lutte contre les stupéfiants sont importantes. La vidéoprotection a été mise en place, les horaires de la police municipale ont été étendues la nuit et les effectifs renforcés sur le terrain ainsi qu’au CSU (Centre de Supervision Urbain). De plus, le renouvellement du matériel de la police municipale avec l’acquisition de nouveaux gilets pare-balle et de véhicules modernes est en cours.
Les points de deal et l’insécurité font malheureusement partie de notre quotidien, tout comme ailleurs. Cependant, nous mettons tout en œuvre pour lutter contre ces phénomènes, et même si je sais que c’est difficile à entendre, la situation s’améliore. Cela dit, je reconnais que ce n’est pas encore satisfaisant, et il ne faut pas lâcher. Nous avons l’intention de déployer un plan d’extension des caméras de vidéoprotection, pour renforcer nos efforts.
Une autre préoccupation majeure en matière de sécurité, à ne pas minimiser selon moi : les violences intra-familiales. Un gros travail est réalisé chaque jour, notamment avec l’embauche d’une psychologue au commissariat, pour assurer un suivi attentif.
En tant qu’Officier de Police Judiciaire, je m’engage également dans la lutte contre les délits routiers. Je n’ai pas d’état d’âme face à ces délits et à la violence routière, que ce soit la BMW aux Escanaux ou la personne âgée qui roule à 110 km/h sur la Route de Tresques.
Pour répondre à cette forme de violence routière, nous avons mis en service la vidéo-verbalisation le 1er février 2023. Grâce aux 40 caméras de vidéoprotection réparties dans les rues de la ville, nous avons pu sanctionner certains comportements, tels que l’usage du téléphone au volant par un conducteur de bus scolaire ou des enfants assis à l’avant d’un véhicule sans ceinture de sécurité. »

TV SUD : La lutte contre le trafic de stupéfiants s’est intensifiée, les syndicats de police évoquent cependant un manque de moyens, que comptez-vous faire ? Et où en sommes-nous des effectifs de police ?
« J’ai fait le choix de recruter d’anciens gendarmes qui ont déjà un fond de connaissance. »

« Pour renforcer les effectifs de la police municipale, qui compte actuellement 21 policiers, appuyés par les ASVP (Agents de Surveillance de la Voie Publique) et les membres du CSU (Centre de Supervision Urbain), j’ai opté pour une stratégie particulière. Je recrute d’anciens gendarmes âgés entre 25 et 30 ans, déjà familiarisés avec le métier. Grâce à une formation de 6 mois, entièrement financée par la municipalité, ils intègrent les rangs de la police municipale. D’ailleurs, je suis fier d’avoir parmi nous le plus jeune inspecteur de la Brigade de Recherches de gendarmerie nationale. »

SANTE

TV SUD : En tant que Président du conseil de surveillance de l’hôpital de Bagnols, que prévoyez-vous afin de pallier la régulation des Urgences et mieux accueillir les patients ?
« Depuis le mois de mai dernier, le service des Urgences du centre hospitalier est confronté à des régulations fréquentes, en raison du manque d’effectif. Selon moi, soit on régule l’accès, une solution que je soutiens même si elle n’est pas satisfaisante, soit on fait appel à des mercenaires urgentistes, qui demandent entre 2000 et 2500E pour 24 heures de garde aux urgences. Cette solution n’est plus admissible alors que toutes les urgences sont sous tension. Actuellement, Bagnols-sur-Cèze ne dispose que d’une seule ligne d’Urgence du SMUR. Nous allons au maximum des heures autorisées par le code du travail. »
« Dans le prolongement du constat sur la régulation des Urgences, je lance un appel au directeur général de l’Agence Régionale de Santé, Didier Jaffre : « Les solutions actuelles ne sont pas satisfaisantes. Nous n’avons qu’une seule ligne d’urgence, alors qu’Alès en a 2 et Nîmes, 8. Il faut mutualiser les moyens ! ». À ce sujet, des réunions sont en cours entre les différentes parties prenantes, afin de créer un triptyque d’urgences entre Alès, Nîmes et Bagnols-sur-Cèze. Localement, nous avons ouvert en un temps record la Maison Médicale de Garde, qui permet à la fois de désengorger les Urgences en appelant préalablement le 15 et aux patients de trouver un médecin de ville. »

EDUCATION

TV SUD : Depuis le début de votre mandat, vous avez entrepris une large rénovation des établissements scolaires, quelles sont les prochaines étapes ?

« Lutter contre les îlots de chaleur qui se forment dans les cours de récréation en prônant la désimperméabilisation. »

« Depuis le début du mandat, nous avons réalisé de nombreux travaux de rénovation des écoles avec de nouvelles vitres, le changement de l’éclairage en LED et le déploiement d’un grand plan chaudière, passant de chaudières à gaz gourmandes en énergie à de la géothermie. Ces mesures seront bientôt rejointes par la désimperméabilisation des sols des cours de récréation. Ce projet, lancé par une concertation avec les parents d’élèves, doit permettre de supprimer ces îlots de chaleur qui se forment dès le mois de mai avec le réchauffement climatique. On a réfléchi à un sol qui ne salisse pas les élèves mais qui permette de faire baisser la température ressentie dans la cour comme en classe ».

TV SUD : Pour décongestionner la carte scolaire, vous avez créé des écoles à thèmes. Pouvez-vous nous en dire plus ?
« L’École Jules-Ferry en est le parfait exemple. Victime de deux incendies en décembre 2016 et novembre 2017, elle a su, grâce à la thématisation de ses classes (CM1 option Théâtre et CM2 option Sport), inverser la courbe des dérogations. De plus en plus de parents demandent à scolariser leurs enfants à l’école Jules-Ferry. Maintenant on va mettre le paquet sur Célestin-Freinet, pour décongestionner la carte scolaire. »

TV SUD : Les maires font face à de nombreuses incivilités et les émeutes de juillet dernier marquées par l’attaque de la mairie et la tentative d’incendie de sa porte d’entrée en est un exemple frappant. Suite à cela, vous avez entrepris un grand tour de sensibilisation auprès des classes de CM2 des écoles de la ville. Que retenez-vous de ces échanges avec les élèves ?

Émeutes : « On s’est loupé quelque part, maintenant il nous faut sensibiliser les élèves sans en faire une grande messe des élus. »

« Les jeunes qui ont été arrêtés lors des émeutes sont passés dans les écoles bagnolaises, on a loupé quelque chose, il nous fallait réagir. C’est pourquoi, suite aux émeutes survenues dans la nuit du 1er au 2 juillet, durant laquelle, la façade de la mairie avait été prise pour cible et incendiée, j’ai effectué des interventions auprès des jeunes, à chaque fois accompagné d’un adjoint et des symboles de la République que sont la Marianne, l’écharpe tricolore de maire, le drapeau français et le drapeau européen. Le CM2, c’est la dernière année où ils sont tous en classe en même temps, et où ce ne sont que des bagnolais. À partir du collège, les emplois du temps changent et les élèves des villages situés aux alentours viennent à Bagnols. Force est de constater que beaucoup ont compris le message et que si l’Éducation Nationale nous laisse rentrer à nouveau dans les établissements scolaires, on retournera le faire. Je reste cependant conscient du fait qu’il ne faut pas que ça se déroule comme une grande messe des élus ou des représentants de l’État, il faut garder la proximité avec les élèves. »

ATTRACTIVITE DU TERRITOIRE

TV SUD : De nouveaux projets commerciaux vont-ils voir le jour à Bagnols-sur-Cèze ?

« Bagnols est redevenu attractive et de grandes enseignes veulent s’y installer. »

En 2020, l’attractivité du territoire était au cœur de notre programme. Et ça va continuer, d’autres commerces vont ouvrir, c’est sûr, mais pour cela, il nous faut trouver du foncier et on en manque. Bagnols-sur-Cèze est devenu une ville attractive depuis la sortie de la pandémie de la Covid-19, les villes moyennes sont plébiscitées. Chaque jour, je reçois des demandes de grandes enseignes pour s’installer dans la ville. J’en ai récemment reçu quelques unes, mais pour les accueillir, il faudrait décongestionner le foncier, ce qui les amènerait à s’installer en périphérie de la ville. En ce qui concerne les commerces du centre-ville, je ne les oublie pas. On essaie de faire le maximum en concertation avec eux. Le projet des Cèdres doit permettre de ramener des clients vers le centre-ville.

TV SUD : Justement, le projet de réaménagement du site des Cèdres doit permettre d’attirer une nouvelle clientèle en ville, pouvez-vous nous en dire plus ?
« Dans le cadre du projet du Parking des Cèdres, à l’entrée de la ville, nous prévoyons la construction d’un hôtel dans un lieu central, situé à deux pas de la gare et du centre-ville, sur le même site que le futur parking relais. Cela permettra aux habitants de Bagnols de s’y garer le jour et aux clients de l’hôtel d’en profiter la nuit.
Les études sont en cours et l’ouverture d’un hôtel est une volonté politique forte. Actuellement, les ouvriers et les touristes qui cherchent un hôtel doivent se rendre à Orange, Avignon ou Pont-Saint-Esprit.

TV SUD : La ville est réputée pour son tissu associatif. Quels sont les chantiers permettant de faire de Bagnols, une référence en matière de Sport ?
« Nous avons investi dans de nombreux projets, tels que la nouvelle pelouse synthétique du stade Léo-Lagrange, la piste d’athlétisme, le nouveau Dojo, les travaux du club house et de la pelouse du stade Saint-Exupéry, ainsi que la rénovation du boulodrome Christian-Ville. Ces projets, portés par différentes associations bagnolaises, pourraient à l’avenir être gérés soit par les associations elles-mêmes, soit par des investisseurs privés, suivant l’exemple du Padel des Roquettes.

TV SUD : Depuis deux ans, vous avez choisi de reconfigurer la fête votive sur une durée plus courte. Ce format sera-t-il conservé en 2024 ?
« Oui. Nous avons la volonté de renouer avec les traditions gardoises, incluant la Peña, l’apéritif, les concours de boules et les taureaux. Plutôt que de maintenir une fête foraine isolée, nous préférons retrouver une véritable fête votive sur un grand week-end festif. Une durée plus courte libère rapidement les 800 places de stationnement pour permettre aux habitants du territoire, mais aussi aux touristes de venir faire leurs achats en centre-ville.

Dans la cour de l’école, nous avons demandé à Jean-Yves Chapelet : serez-vous candidat aux municipales de 2026 ?
« Oui, je serai candidat en 2026. Vous savez, c’est au nombre de ses grues que l’on mesure le dynamisme d’une ville. J’invite donc les bagnolais à lever les yeux et constater qu’avec moi, ça bouge. »

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