Éric Giraudier, président de la CCI du Gard : « Nos commerçants ne doivent plus être les victimes des casseurs »

Après les violences à Nîmes, la CCI du Gard réclame des mesures pour protéger les commerces. Près d’une quinzaine de commerces ont été victimes de vols, de pillages ou de dégradations à Nîmes, samedi 17 octobre.
Face aux conséquences économiques de ces violences, Éric Giraudier, président de la CCI du Gard, appelle l’État et les collectivités à agir pour sécuriser les commerces et soutenir les entreprises fragilisées.
Les violences survenues le samedi 17 octobre à Nîmes ont directement touché près d’une quinzaine de commerces, parmi lesquels des magasins d’habillement, des bureaux de tabac, des commerces alimentaires et des enseignes de distribution. Mais les conséquences dépassent les seuls établissements dégradés : baisse de fréquentation, inquiétude des professionnels et clients qui renoncent à se rendre en centre-ville.
« Le droit de manifester est un droit fondamental. Mais un droit de bloquer les commerces, de détruire des vitrines, de piller des magasins et d’empêcher les clients d’accéder aux points de vente, ce n’est pas acceptable », affirme Éric Giraudier, président de la CCI du Gard.
Il dénonce la répétition des violences sur les axes commerçants, notamment rue Général-Perrier à Nîmes, et demande une réponse ferme des autorités. Dans un courrier adressé à la préfète du Gard, il réclame une application stricte des règles encadrant les manifestations, une révision de leurs itinéraires et de leurs jours de passage, ainsi que des moyens de sécurisation adaptés. Il souhaite également que soient examinées des mesures concernant la présence des mineurs dans l’espace public, dans le respect du cadre légal.
« Il faut une police forte et une justice ferme. Les commerçants ont besoin d’être protégés. Ils ne peuvent pas être contraints de financer eux-mêmes leur sécurité privée pour tenter de continuer à travailler », insiste-t-il.
Des aides d’urgence pour éviter les fermetures
Dès le lendemain des violences, la CCI du Gard a pris contact avec les commerçants touchés et leurs représentants afin de recenser les dégâts et d’identifier leurs besoins. Plusieurs dispositifs de soutien ont également été obtenus auprès des services de l’État, notamment des possibilités de recours dérogatoire au chômage partiel, des reports de charges sociales et fiscales, des facilités de trésorerie et des solutions de financement.
La chambre consulaire poursuit son accompagnement, notamment pour les démarches auprès des assurances. Elle appelle également les collectivités concernées, notamment à Nîmes, Alès et Bagnols-sur-Cèze, à se mobiliser pour éloigner autant que possible les cortèges des principales artères commerciales et participer à la création d’un fonds d’aides d’urgence.
L’objectif est de contribuer à la réparation des locaux, à la sécurisation des établissements et au maintien de l’activité. La CCI propose de coordonner ce fonds avec les acteurs concernés.
« Casser une boutique, c’est parfois prendre le risque de la voir fermer définitivement. Nous devons éviter que des entrepreneurs qui ont déjà investi toute leur énergie et leurs économies soient contraints de baisser définitivement le rideau », alerte Éric Giraudier.
À l’approche des fêtes de fin d’année, période essentielle pour le chiffre d’affaires de nombreux commerçants, l’urgence est aussi financière. Les professionnels doivent financer leurs commandes tout en faisant face aux réparations, aux pertes d’activité et aux incertitudes concernant leurs indemnisations.
Restaurer la confiance et ramener les clients
La CCI du Gard souhaite enfin travailler avec les acteurs publics et économiques à des actions pour favoriser le retour des clients en centre-ville. Parmi les pistes évoquées figurent des dispositifs temporaires de sécurisation, un accompagnement administratif renforcé autour d’un guichet unique, le soutien aux animations commerciales et la recherche de solutions pour alléger certaines charges, notamment les loyers.
« La sécurité est une condition essentielle de la reprise de l’activité », rappelle le président de la CCI, qui appelle à une mobilisation collective de l’État, des collectivités et des acteurs économiques.
Les commerçants concernés peuvent contacter la CCI du Gard à l’adresse suivante : crise@gard.cci.fr.



