Friche de l’Ardoise : un projet industriel de rupture pour relancer durablement le Gard rhodanien
La reconversion de la friche industrielle de l’Ardoise, à Laudun-l’Ardoise, entre désormais dans une phase décisive avec la désignation de MGH Energy comme lauréate de l’appel à projets lancé par l’Agglomération du Gard rhodanien dans le cadre du dispositif « Site clé en main France 2030 ». Derrière cette décision, fruit d’un long travail collectif, se dessine un projet industriel d’envergure nationale, à la croisée des enjeux de réindustrialisation, de transition énergétique et d’emploi.
« Ce projet est une affaire collective », a rappelé Jean-Christian Rey, président de l’Agglomération. Il est l’aboutissement d’un an et demi de travail, dont près d’un an consacré à une procédure d’appel à projets exigeante, menée avec l’EPF Occitanie, Ad’Occ et les services de l’État. Auditionnés fin 2025, les candidats ont été évalués sur leur capacité à proposer un projet industriel innovant, décarboné, respectueux de l’environnement et créateur de valeur pour le territoire. Le choix final n’a pas été simple, mais le projet porté par MGH Energy a répondu à l’ensemble des critères fixés.
Pour les élus locaux, cette implantation s’inscrit pleinement dans la stratégie de développement du territoire. « Nous renforçons l’un des trois pôles économiques de l’agglomération, qui est aussi le deuxième pôle industriel de la région », souligne Jean-Christian Rey. Yves Cazorla, maire de Laudun-l’Ardoise et vice-président en charge du foncier, rappelle de son côté que le site était à l’arrêt depuis plus de vingt ans. « Il a fallu des décisions courageuses pour redonner une activité innovante à cette friche, située à proximité immédiate des habitations. Tous les critères ont été respectés. »
Entreprise régionale dont le siège social est implanté près de Montpellier, MGH Energy s’est spécialisée dans les carburants de synthèse, aussi appelés e-fuels. Créée en 2015, la société s’est d’abord intéressée au stockage d’énergie avant d’orienter ses travaux vers la décarbonation des transports. Face aux limites de la biomasse pour les biocarburants, elle a fait le choix des carburants de synthèse, produits à partir d’électricité renouvelable, d’hydrogène vert et de CO2 capté auprès d’industriels.
Sur le site de l’Ardoise, MGH Energy prévoit la construction d’une unité capable de produire environ 70 000 tonnes de carburant d’aviation durable par an, soit près de 15 % de la consommation des aéroports d’Occitanie. Le CO2 sera récupéré auprès d’industriels de la vallée du Rhône, tandis que l’électricité nécessaire proviendra d’énergies renouvelables, complétées par une centrale photovoltaïque d’environ 10 MW en autoconsommation. La proximité du Rhône permettra une logistique majoritairement fluviale, limitant fortement le transport routier et participant à la renaissance du port de l’Ardoise.
Classé ICPE Seveso seuil bas, le site a été volontairement dimensionné pour contenir les risques industriels à l’intérieur des 35 hectares de l’ancienne friche. Le projet mobilisera près d’un milliard d’euros d’investissement. La phase de construction, d’environ deux ans, générera près de 400 emplois, avant la création de 200 emplois directs en phase d’exploitation, principalement des postes qualifiés de techniciens et d’ingénieurs.
Symbole du lien entre passé et avenir industriel, l’ancienne sucrerie sera rénovée et transformée en bureaux. Une manière d’ancrer ce projet d’industrie décarbonée dans l’histoire du site. La mise en service est envisagée à l’horizon 2028. Pour les élus comme pour l’entreprise, il s’agit désormais de rendre concrète cette vision, en associant les habitants et en construisant un avenir industriel durable pour le territoire.



