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Bagnols-sur-Cèze : la MOBA renforce ses liens avec le territoire

Ce jeudi 5 mars, la MOBA, coopérative culturelle et salle de musiques actuelles située avenue de la Roquette à Bagnols-sur-Cèze, a organisé une rencontre intitulée « Culture et territoire ».

Élus, partenaires institutionnels, acteurs culturels, représentants de l’économie sociale et solidaire, entreprises et médias étaient invités à découvrir les axes de développement de la structure, ses partenariats actuels ainsi que les projets en cours. La soirée a également permis aux participants de visiter le studio de répétition et d’enregistrement et d’échanger autour des collaborations possibles sur le territoire.
À travers ce temps de présentation, l’équipe de la MOBA souhaitait à la fois revenir sur le chemin parcouru depuis la création du lieu et rappeler le rôle que joue aujourd’hui la salle dans la vie culturelle du Gard rhodanien.
Un projet né d’un pari
En ouverture de la rencontre, Arnold Métrot est revenu avec humour sur les débuts de l’aventure.
« Il y a neuf ans, quand on a lancé la MOBA, on ne s’est pas dit : on va devenir un acteur central du paysage culturel du territoire. On s’est plutôt dit : on tente un truc, on verra si on s’écroule au bout d’un an ou deux », a-t-il confié. « Spoiler : ça ne s’est pas écroulé. Ça a tremblé souvent, mais ça tient debout pour l’instant. »
À l’époque, l’idée d’un lieu dédié aux musiques actuelles à Bagnols-sur-Cèze pouvait sembler audacieuse. « Certains pensaient qu’avoir un lieu de musiques actuelles ici, c’était un peu comme monter un bar à jus détox pendant la féria de Nîmes : ambitieux, mais risqué », a-t-il ajouté avec le sourire.
Les débuts se sont faits avec des moyens limités mais une forte mobilisation bénévole. « On a commencé avec des bouts de ficelle, des bénévoles surmotivés, des balances qui duraient parfois deux fois plus longtemps que le concert, et des artistes qui dormaient sur des canapés improbables. »
Malgré ces débuts modestes, certains moments ont marqué l’histoire du lieu. « Il y a eu des soirs magiques, des soirs où la salle vibrait plus fort que nos inquiétudes. À la MOBA, on a vu des ados monter pour la première fois sur scène, des artistes locaux remplir la salle, et des publics qui ne se croisaient jamais se retrouver autour d’un même concert. »
Pour Arnold Métrot, la dimension culturelle dépasse largement la simple programmation musicale. « La culture ne sauvera pas le monde, mais elle peut sauver des mondes. »
Dans un contexte économique plus contraint, il a également rappelé l’importance de maintenir une politique culturelle ambitieuse. « Les budgets se contractent, les priorités se déplacent. La culture est parfois vue comme une variable d’ajustement. Pourtant, ouvrir un lieu culturel, c’est ouvrir un espace de dialogue, d’émancipation et de lien. »
Il a aussi tenu à rappeler que la culture dépasse les clivages politiques. « La culture n’est ni de gauche, ni de droite, ni du centre », a complété Sophie Grange, avant qu’Arnold Métrot poursuive : « Elle est ce qui permet à un territoire de respirer. La MOBA n’est pas qu’un lieu de concert : c’est un outil au service d’un territoire vivant, où les jeunes n’ont pas besoin de faire 80 kilomètres pour voir un concert. »

Arrivée récemment dans l’équipe, Sophie Grange, chargée de médiation culturelle et de développement de projets de territoire, a présenté l’organisation actuelle de la structure.
« Je suis arrivée il y a à peine trois mois à la MOBA. Guillaume Cellier est arrivé en même temps que moi. Nous sommes trois salariés avec Kevin, chargé d’exploitation, entourés d’une quarantaine de coopérateurs, d’une cinquantaine de bénévoles, d’intermittents et de nombreux partenaires. »
Elle insiste sur l’aspect collectif du projet. « C’est une vraie aventure collective. Et c’est aussi ce que nous voulions partager ce soir. »
L’objectif de cette rencontre était également de renforcer les liens avec les acteurs du territoire. « Nous avons vraiment envie de continuer à co-construire et à créer des passerelles. L’économie est difficile pour tout le monde, pour les habitants comme pour les acteurs culturels, donc il y a une urgence à créer ensemble. »
Une programmation ouverte et accessible
La MOBA se définit aujourd’hui comme une véritable « fabrique culturelle ». Si la salle est connue pour ses concerts, ses activités vont bien au-delà : studios de répétition, résidences d’artistes, actions culturelles ou encore projets territoriaux.

« Nous avons toujours voulu une programmation ouverte et diversifiée, avec des têtes d’affiche mais aussi une mise en avant des groupes régionaux et locaux », a expliqué Sophie Grange. « Et nous souhaitons conserver une politique tarifaire accessible, même si l’équilibre reste fragile. »
Parmi les temps forts évoqués figure notamment le festival Good Vibe, organisé à Goudargues, qui rassemble environ 13 000 spectateurs sur trois jours, avec une trentaine de spectacles et plusieurs concerts.
De nombreux partenariats
La soirée a également été l’occasion de remercier les partenaires institutionnels qui soutiennent la structure : la Région Occitanie, la Direction régionale des affaires culturelles, le Département du Gard, la communauté d’agglomération du Gard rhodanien ou encore la Ville de Bagnols-sur-Cèze.
De nombreux partenaires associatifs et culturels participent aussi à la programmation. Guillaume Cellier, chargé de communication, a rappelé que la MOBA fonctionne comme un véritable écosystème.
« La MOBA, ce n’est pas un travail en silo. C’est un lieu de complémentarité, de mutualisation et d’accompagnement de la filière musicale. Nous laissons régulièrement de la place à des associations pour organiser leurs propres soirées et événements en profitant de nos équipes techniques et de nos locaux. »
Un travail avec le conservatoire et les jeunes
La coopération avec le Conservatoire du Gard rhodanien constitue également un axe important.
« Il y a un accompagnement artistique et technique des élèves du conservatoire », a détaillé Sophie Grange. « Ils vont jouer à la MOBA, mais ils participent aussi à des initiations techniques, des répétitions ou des enregistrements en studio. C’est un véritable projet pédagogique. »
La structure mène également de nombreuses actions culturelles dans les écoles, les lycées ou les établissements spécialisés.
« Quand on va dans des IME, des lycées ou des écoles et qu’on voit le sourire de ces jeunes, on comprend que c’est le public de demain », a souligné Arnold Métrot.
En 2025, près de 800 bénéficiaires ont participé à ces actions.

Parmi les initiatives mises en avant figurent notamment le Festival des Arts Partagés, qui rassemble une quinzaine de structures socio-culturelles entre Pont-Saint-Esprit et Bagnols-sur-Cèze, ou encore plusieurs projets artistiques menés avec des groupes d’entraide mutuelle et des établissements scolaires.
« Ces actions sont extrêmement importantes, même si les baisses de budgets les rendent parfois difficiles », a rappelé Guillaume Cellier.

Enfin, Guillaume Cellier a évoqué la spécificité de la communication dans un territoire rural et étendu.
« Nous sommes au croisement de quatre départements, avec un bassin de population assez important mais très éclaté. On ne peut pas communiquer comme dans une grande ville. »
Dans ce contexte, le rôle des bénévoles et des médias locaux est essentiel. « Nos bénévoles distribuent des flyers, collent des affiches et parlent de la MOBA autour d’eux. Et les médias nous aident à rayonner sur l’ensemble du territoire. »
À travers cette rencontre, l’équipe de la MOBA souhaite poursuivre la dynamique engagée depuis neuf ans : faire de la salle un lieu de création, de rencontre et de coopération culturelle au cœur du Gard rhodanien.


Florian Freund

La légende raconte qu’il n’a jamais marché dans la rue sans saluer personne. C’est simple, Florian connaît tout le monde ! Sa connaissance du territoire qu’il pratique depuis plus de 40 ans l’a mené à reprendre l’entreprise en 2020 et de poursuivre son développement avec des idées originales, parfois farfelues qui font de TV SUD, le magazine incontournable du Gard rhodanien ! La phrase qu’il sort tout le temps : « Je dois te laisser, il y a quelqu’un qui m’appelle ». Oui, Florian est aussi commercial.

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