« Marche ou crève », la devise de Jessica, partie ce matin sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle
Pourquoi marche-t-on ? Pour se rendre ailleurs, se dépenser, ne plus penser. Ne plus penser aux tracas de la vie, laisser de côté les soucis pour se reconnecter à soi et se retrouver. Marcher, c’est le remède qu’a trouvé Jessica Fuensanta. Bagnolaise depuis toujours et pas vraiment sportive, elle s’est lancé ce matin depuis Le-Puy-En-Velay, pour 732 km de marche, sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle.
La marche comme exutoire
Rien ne prédestinait cette mère de trois enfants et propriétaire de son chien Oups (vous verrez que le chihuahua a une importance dans cette histoire), à quitter sa ville de naissance pour faire un pèlerinage. « J’avais quand même cette idée en tête, une fois retraitée, de me lancer dans l’aventure de faire ce voyage jusqu’à Saint-Jacques, qui a beaucoup de sens pour moi, car je suis d’origine espagnole. Seulement, depuis que je ne suis pas bien, je me lance mon propre défi pour sortir la tête de l’eau« , raconte-t-elle. En dépression depuis presque trois ans et alternant travail et repos thérapeutique, Jessica a pris la décision de guérir par la marche : « c’est là où je vais puiser mon courage« . Avec comme leitmotiv le dépassement de soi : « j’ai besoin de perdre mes repères et de sortir d’un schéma où tout est cadré. C’est un nouveau départ, celui de ma nouvelle vie », poursuit-elle.


33 jours de marche pour parcourir 732 kilomètres
C’est ce jeudi 19 mars matin, que Jessica Fuensanta et son chien Oups ont pris le bus, direction Le-Puy-En-Velay. Demain matin, la messe des pèlerins sonnera à 7h30 le départ de 33 jours de pèlerinage. Armée de son sac à dos de 10kg et son petit chien de 2kg, Jessica s’apprête à faire le voyage de sa vie : celui pour se retrouver elle-même. « Chaque jour de marche sera différent. Il y a des étapes quotidiennes qui varient entre 12 et 32 kilomètres. Pour se loger, nous irons frapper chez l’habitant ou bien trouver refuge dans les auberges« , explique Jessica. Depuis plusieurs semaines, la bagnolaise s’entraîne, mais n’échappe pas au stress du départ matériel, logistique, avec pour objectif de ne pas se décevoir. « J’ai du acheter des vêtements de marche, ce qui était tout nouveau pour moi, puisque j’ai perdu 16 kilos en très peu de temps. Pendant mes entraînements, je marchais aux alentours de 15 km, toujours près de Bagnols, avec mon sac à dos lesté », confie-t-elle. Jessica envisage de rentrer le 20 avril.
« Je pars en mode Pékin Express, mon sac à dos, mon chien et MOI »
Le pèlerinage mènera Jessica du Puy-En-Velay jusqu’à Saint-Jean-Pied-de-Port, au Pays Basque, proche de la frontière espagnole, avant l’étape des Pyrénées. « 33 jours de marche sont prévus, mais il y aura peut-être des imprévus comme des intempéries ou mon corps qui me dira fais une pause ! Je prends barres de céréales pour les coups de fatigue, le k-way en cas de mauvais temps, un cahier pour raconter mes journées, sans oublier les croquettes de Oups« , énumère Jessica. Son cahier, futur récit de son aventure a été symboliquement titré Siempre depende de mi. « C’est l’un de mes tatouages… qui signifie que ça dépendra toujours de moi. J’ai acheté un cahier noir, que j’ai décidé d’attaquer à l’envers et que je remplirais d’une encre blanche. »


Le départ au 19 mars 2026, une date symbolique
« Je m’en vais le jour de la Saint-Joseph, qui est une fête très importante pour les catholiques et les espagnols. Mon fils est né un 19, ma première fille est née un 26, mes trois enfants représentent mars, le troisième mois. Et enfin, ce 19 mars, mon grand-père, dont j’ai pris soin juste avant ma séparation, a fêté ses 96 ans. Tout cela a une grosse signification pour moi et mon parcours« , ajoute, émue, Jessica. A l’avenir, la bagnolaise envisage de faire partager son expérience, comme un message porteur d’espoir pour les personnes souffrant de dépression. « Il faut trouver son propre levier, le mien c’est la marche à pied.«
En une année, Jessica perd tout. Alors cette fois, elle s’octroie « le droit de penser un peu à moi. Je reviendrais plus forte, pour pouvoir reprendre mon rôle de maman, si mes enfants me le permettent. Pendant longtemps je me suis effacée et j’ai vécu derrière les autres. Aujourd’hui je veux être mise à l’honneur, parce que OUI, je suis vivante ! »
Le premier pas, sur les chemins de Compostelle et dans sa nouvelle vie, Jessica s’apprête à vivre une aventure humaine forte, pour partir à la rencontre d’elle-même. Une épopée à l’occasion de laquelle la bagnolaise n’a pas oublié son TV SUD Magazine. Et pour cela, toute notre équipe l’en remercie.



