Canicule : face à des classes à 34°C, les écoles publiques de Bagnols ferment
À Bagnols-sur-Cèze, la chaleur est devenue difficilement supportable dans plusieurs écoles publiques. Ce lundi, en milieu d’après-midi, le thermomètre affichait 34°C dans une salle de classe de l’école Jules Ferry. Un chiffre déjà préoccupant, d’autant que les relevés effectués dès 8h30 faisaient état de 31,5°C devant un ventilateur et jusqu’à 33°C près d’une fenêtre au fond de la classe.

Dans ces conditions, la municipalité a pris la décision de fermer les écoles publiques, ce lundi et mardi, avant une possible fermeture totale à partir de mercredi si l’épisode caniculaire se poursuit. Une décision que la maire Pascale Bordes dit assumer pleinement. « Il n’y a pas de bonne solution. Il faut choisir la moins mauvaise », résume-t-elle.
La mesure concerne l’ensemble des écoles publiques de la ville. Un service minimum d’accueil a été maintenu pour les familles n’ayant pas pu récupérer leurs enfants immédiatement, mais la municipalité prévient : si la situation perdure, même les garderies et accueils pourraient être suspendus à partir de mercredi. Environ 1 000 élèves sont concernés, maternelles comprises.
Dans les salles, les ventilateurs ne suffisent plus. « Ça brasse de l’air chaud », constate la maire. La ville a bien tenté d’équiper les écoles en brumisateurs et en pistolets à eau, mais ces solutions restent largement insuffisantes face à des bâtiments qui accumulent la chaleur. « On ne peut pas garder des enfants dans ces conditions-là. Ce n’est pas des conditions pour travailler », insiste Pascale Bordes, qui évoque un risque de malaise pour les élèves comme pour les personnels.
La situation est particulièrement critique dans des écoles anciennes, construites pour certaines à la fin des années 1950 ou au début des années 1960. Grandes baies vitrées exposées au sud, absence de véritable circulation d’air, fenêtres parfois bloquées, cours peu ombragées : les établissements apparaissent aujourd’hui mal adaptés aux épisodes de chaleur intense. « Nous avons des écoles qui sont dans leur jus, de véritables passoires thermiques », déplore la maire. Selon elle, maintenir les enfants dans ces conditions « relève de la maltraitance ».
La problématique avait déjà été signalée par les équipes éducatives et les parents d’élèves. À Jean-Jaurès, un message transmis le matin même faisait état de températures dépassant déjà les 30°C dans certaines classes avant même l’arrivée des élèves. Les enseignants alertaient sur des conditions d’accueil « vraiment pas bonnes », pouvant même devenir dangereuses pour les plus jeunes comme pour le personnel.
Dès vendredi, la municipalité avait commencé à envisager une fermeture des écoles, en lien avec les services concernés et l’inspection académique. En attendant une éventuelle décision préfectorale, la ville a finalement choisi d’agir. « Je n’ai pas envie qu’un enfant me fasse un malaise », explique Pascale Bordes.
Au-delà de l’urgence, cette crise remet sur la table la question de la rénovation énergétique des bâtiments publics. La maire assure que les écoles font partie des priorités du mandat. Des études doivent être lancées afin d’établir un plan pluriannuel de travaux. L’objectif ne sera pas forcément d’installer la climatisation partout, mais de trouver des solutions durables : meilleure isolation, ventilation adaptée, pièces plus fraîches dans chaque groupe scolaire, végétalisation ou réaménagement des cours.
« Il faut réellement le faire maintenant », insiste Pascale Bordes. « Cela coûte des millions, c’est vrai. Mais si on se contente de dire que ça coûte des millions et qu’on ne le fait pas, un jour il fera 50°C à l’ombre et on n’aura plus d’école. »
Plusieurs fêtes et spectacles scolaires prévus cette semaine pourraient également être reportés, faute de zones d’ombre suffisantes dans les cours. Un spectacle prévu à 14h30 devait ainsi être déplacé, la municipalité envisageant un report à l’automne, notamment à la Pyramide.
Pour l’heure, la ville reste suspendue à l’évolution de la canicule et aux décisions de la préfecture. Mais à Bagnols-sur-Cèze, la décision est déjà prise : tant que les températures resteront aussi élevées dans les classes, les écoles publiques ne pourront pas fonctionner normalement.



