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Codolet : le Gard rhodanien serre les rangs pour décrocher les grands projets industriels

À quelques mois d’arbitrages nationaux décisifs sur l’avenir de la filière nucléaire et des grands projets énergétiques, le Gard rhodanien veut montrer qu’il est prêt. Réunis à Codolet ce jeudi 02 juillet lors du premier Forum économique régional, élus, industriels et entrepreneurs ont affiché une ambition commune : parler d’une seule voix pour faire du territoire une référence de la réindustrialisation et de la décarbonation.

Il flottait comme un parfum de mobilisation générale, jeudi soir, au centre culturel de Codolet. Plus qu’une succession de conférences, le premier Forum économique régional du Gard rhodanien ressemblait à un appel au rassemblement. Organisée par Le Collectif, l’Agglomération du Gard rhodanien et la CleanTech Vallée, sous l’animation du journaliste économique Hubert Vialatte, la soirée a réuni plusieurs centaines de chefs d’entreprise, élus, représentants institutionnels et industriels autour d’une même interrogation : « Comment gagner la bataille des grands projets ? »
Car derrière cette question se cache un enjeu majeur. Dans les prochains mois, l’État doit rendre plusieurs arbitrages concernant la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), les futurs réacteurs EPR2 ou encore les petits réacteurs modulaires (SMR). Pour le Gard rhodanien, il est hors de question de rester spectateur.

« Nous ne voulons pas être les oubliés »

Le ton a été donné dès les premières interventions. « Nous ne voulons pas être les oubliés de la PPE3 », résume Julien Féja, vice-président du Collectif, en rappelant que le territoire dispose déjà d’un savoir-faire industriel unique en France. Pour lui, le moment est décisif. « On a parfois entendu dire que notre territoire s’était endormi. Aujourd’hui, il faut montrer exactement l’inverse. Nous sommes prêts. Nous avons les compétences, les entreprises et les infrastructures. Il faut désormais que cela se sache jusqu’à Paris. » Un message largement partagé dans la salle.

Pour Christophe Serre, président de l’Agglomération du Gard rhodanien, l’enjeu consiste aussi à faire évoluer l’image du territoire.« On nous associe souvent au démantèlement nucléaire. Pourtant, demain, ce seront aussi les nouvelles technologies, les carburants décarbonés ou encore les SMR. »
Pour accompagner cette évolution, la collectivité souhaite anticiper les besoins des industriels.
Le président de l’Agglomération a ainsi annoncé des discussions engagées pour acquérir plusieurs hectares de foncier économique afin de créer de nouvelles zones capables d’accueillir rapidement des entreprises.
« Si nous voulons attirer les investisseurs, il faut être prêts lorsqu’ils frapperont à la porte », résume-t-il.

Une seule voix pour être plus forts

Cette idée de parler d’une seule voix a constitué le fil rouge de toute la soirée. Vincent Champetier, président du Collectif, appelle depuis plusieurs mois à fédérer les acteurs économiques plutôt qu’à les voir avancer chacun de leur côté.
« Plus nous serons unis, plus nous serons crédibles », explique-t-il.
Cette stratégie passera notamment par le salon POP, organisé le 24 septembre à Laudun-l’Ardoise. L’objectif est assumé : ouvrir le territoire sur l’extérieur puisque la moitié des exposants viendront d’autres bassins économiques. « S’ouvrir pour grandir, c’est notre ADN. » Au-delà du développement économique, Vincent Champetier a également rappelé que les grandes entreprises avaient un rôle à jouer dans la vie locale.
Faire travailler les PME du territoire, soutenir les associations, participer à la vie culturelle ou sportive : autant d’actions qui contribuent à fidéliser les salariés et à renforcer l’attractivité du Gard rhodanien.

Un territoire qui dépasse ses frontières

La même logique inspire le futur Collectif interrégional économique.
Présenté par Anthony Rouméas, ce nouveau réseau rassemble déjà plus de 200 signataires représentant près de 15 000 entreprises.
Le Gard rhodanien, le Nord Vaucluse, le Sud Drôme et l’Ardèche entendent désormais défendre ensemble les grands dossiers industriels.
« Les enjeux dépassent largement les limites administratives », souligne Anthony Rouméas.
Au-delà des EPR2 ou des SMR, le collectif souhaite également porter une parole commune sur les questions de mobilité, de logements, de foncier économique ou encore d’infrastructures.

CleanTech Vallée accélère

Autre acteur majeur du territoire, la CleanTech Vallée veut elle aussi changer de dimension.
Son nouveau président, Denis Brunel, a annoncé son ambition de « booster le booster », autrement dit donner un nouvel élan à l’accélérateur de projets porté par l’association.
Une nouvelle promotion d’entreprises sera lancée dès janvier 2027.
Il plaide également pour construire une véritable identité économique commune.
« Nous devons raconter une histoire lisible et cohérente du Gard rhodanien afin que les investisseurs comprennent immédiatement nos forces. »

Des projets qui prennent déjà forme

La soirée a aussi permis de mesurer que cette ambition repose sur des projets très concrets.
Élodie Haté, directrice du développement de MGH Energy, est revenue sur l’usine prévue à L’Ardoise.
L’entreprise projette de produire, à partir de 2031, 70 000 tonnes de carburant aérien de synthèse et 40 000 tonnes de méthanol bas carbone.
L’investissement approche le milliard d’euros.
Le chantier mobiliserait environ 400 emplois, avant la création de 200 postes permanents durant les trois décennies suivantes.
Selon elle, peu de territoires réunissent autant d’atouts : accès au Rhône, foncier industriel, disponibilité électrique, proximité des émetteurs de CO₂ et culture industrielle historique.

Attirer les talents

Si les projets ne manquent pas, encore faut-il disposer des compétences.
Marjorie Soulier, pour Cyclium, a rappelé que l’association rassemble aujourd’hui 65 entreprises représentant près de 5 000 emplois directs dans la filière nucléaire.
Pour répondre aux futurs besoins, elle appelle à renforcer le marketing territorial afin d’attirer les talents et de mieux faire connaître les métiers de l’industrie.

Même constat chez Anthony Martinez, cofondateur de la start-up Ealico, dont les solutions numériques accompagnent désormais les industriels dans leur conformité réglementaire.
Son parcours illustre la capacité du territoire à faire émerger des entreprises innovantes capables de travailler avec les grands donneurs d’ordre.

Une démonstration de force

En refermant cette première édition du Forum économique régional, un constat s’impose.
Longtemps perçu comme un territoire industriel discret, (pourtant le deuxième pôle industriel de la région Occitanie) le Gard rhodanien affiche désormais ses ambitions sans détour.
Décarbonation, innovation, nucléaire de nouvelle génération, attractivité économique, coopération interterritoriale… les acteurs locaux veulent désormais peser dans les décisions nationales.

Le message adressé à l’État est limpide : le territoire ne demande pas un traitement de faveur. Il veut simplement que ses atouts soient pleinement pris en compte au moment où se dessine la nouvelle carte industrielle de la France.

Florian Freund

La légende raconte qu’il n’a jamais marché dans la rue sans saluer personne. C’est simple, Florian connaît tout le monde ! Sa connaissance du territoire qu’il pratique depuis plus de 40 ans l’a mené à reprendre l’entreprise en 2020 et de poursuivre son développement avec des idées originales, parfois farfelues qui font de TV SUD, le magazine incontournable du Gard rhodanien ! La phrase qu’il sort tout le temps : « Je dois te laisser, il y a quelqu’un qui m’appelle ». Oui, Florian est aussi commercial.

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