A Bagnols sur Cèze, le lycée Albert Einstein, un établissement aux multiples visages

Du CAP au BTS, en passant par les filières générales, technologiques et professionnelles, le lycée polyvalent Albert Einstein de Bagnols-sur-Cèze offre une palette de formations rare dans le département. À l’écoute de son territoire, l’établissement adapte son offre pour répondre aux besoins en compétences, en particulier dans les secteurs clés comme le nucléaire ou l’industrie. Plongée au cœur d’un lycée en pleine transformation, où plus de 2300 élèves et apprentis préparent leur avenir.
Une offre de formation unique dans le Gard
Avec plus de 2000 élèves en formation initiale et près de 300 en apprentissage, le lycée Albert Einstein est le deuxième plus grand établissement du Gard. « Nous avons plus de 300 adultes pour encadrer les jeunes : enseignants, agents, personnels de direction et administratif », souligne Corinne Bonneaud, responsable du bureau des entreprises. Loin d’être un simple lycée d’enseignement général, l’établissement se distingue par la diversité de ses filières, du CAP à la licence professionnelle, dans les domaines aussi bien tertiaires qu’industriels.
Une seconde pour mieux s’orienter
Le parcours commence dès la classe de seconde générale et technologique, conçue comme une année de détermination. Les élèves suivent des enseignements communs et peuvent choisir parmi plusieurs options : latin, italien LV3, EPS, cinéma-audiovisuel, arts plastiques, sciences de l’ingénieur, biotechnologies, laboratoire, management et gestion ou encore parcours musical.
À travers cette richesse, l’objectif est d’ouvrir les horizons et de préparer les choix d’orientation pour la première, que ce soit vers un bac général ou technologique.
Bac général : un large choix de spécialités
Le lycée propose neuf enseignements de spécialité pour le bac général : mathématiques, physique-chimie, SVT, sciences économiques et sociales, humanités-littérature-philosophie, histoire-géopolitique-sciences politiques, NSI (numérique et sciences informatiques), langues-littératures-cultures étrangères, et sciences de l’ingénieur.
Autant de voies qui permettent aux lycéens de construire un projet personnel, en lien avec leurs affinités, leurs résultats et leurs ambitions post-bac.
Bacs technologiques : une réponse aux enjeux du territoire
Le lycée Einstein propose trois baccalauréats technologiques :
- STI2D (Sciences et technologies de l’industrie et du développement durable) pour former des jeunes aux défis de l’innovation industrielle.
- STL (Sciences et technologies de laboratoire), axé sur l’expérimentation scientifique.
- STMG (Sciences et technologies du management et de la gestion), centré sur le monde de l’entreprise et de l’administration.
Ces filières offrent un juste équilibre entre culture générale, spécialisation progressive et poursuites d’études solides, souvent en BTS ou BUT.
Filière professionnelle : des CAP aux bacs pro, une vraie voie d’excellence

« J’ai la chance d’avoir de bonnes équipes, de la 3e prépa-métiers à la licence pro », souligne Thierry Delaigue, proviseur depuis trois ans, qui prépare sa quatrième rentrée. Au total, trois CAP et pas moins de neuf bacs professionnels sont dispensés au sein de l’établissement.
Les CAP proposés :
- Agent de Propreté et d’Hygiène (APH)
- Production et Service en Restauration (PSR)
- Intervention en Maintenance Technique des Bâtiments (IMTB)
Les bacs professionnels couvrent de nombreux secteurs :
- Métiers de l’électricité et de ses environnements connectés (MELEC)
- Maintenance des systèmes de production connectés (MSPC)
- Réalisation de produits mécaniques (TRPM)
- Procédés industriels pharmaceutiques, agroalimentaires et cosmétiques (PIPAC)
- Métiers de l’accueil (MA)
- Commerce et vente (MCV)
- Assistance à la gestion des organisations (AGORA)
Chaque filière intègre des périodes de stage, parfois jusqu’à 22 semaines, afin de favoriser l’insertion directe ou la poursuite d’études en BTS. « Ces parcours permettent à des jeunes de milieux très différents de s’orienter efficacement », insiste le proviseur.
En MELEC par exemple, Benoit Trichot met en avant les « nombreuses possibilités d’orientation, avec la poursuite vers un BTS mais aussi les nombreux projets à venir sur le territoire du Gard rhodanien avec la possibilité d’installation d’au moins un SMR sur le site voisin de Marcoule ».
Là encore malgré les nombreuses opportunités d’embauche, Benoît Trichot, regrette « un déficit d’images des métiers de l’électricité ».
Des stages de plus en plus difficiles à trouver
Trouver des stages pour les élèves de filière professionnelle devient un véritable casse-tête pour l’équipe éducative du lycée Albert Einstein. En cause, une réglementation qui impose la rémunération obligatoire pour toute période de stage supérieure à deux mois consécutifs. Une mesure qui, bien qu’issue d’une volonté de valoriser le travail des jeunes en entreprise, engendre dans les faits une frilosité croissante des structures d’accueil, notamment parmi les artisans, TPE ou établissements du secteur médico-social, où les marges de manœuvre budgétaires sont souvent limitées.
« Nous nous heurtons à une difficulté récurrente : beaucoup d’entreprises sont prêtes à accueillir des jeunes, mais pas à rémunérer sur de longues durées », explique Corinne Bonneaud. Face à cet obstacle, le lycée a dû revoir sa stratégie. Désormais, les périodes de formation en milieu professionnel sont segmentées, réparties sur plusieurs temps courts, afin de rester en deçà du seuil imposant une gratification. Cette adaptation permet de débloquer certaines situations, mais elle n’est pas sans conséquence. Les élèves perdent parfois en continuité pédagogique et en immersion longue, pourtant précieuses pour acquérir des automatismes ou s’intégrer pleinement à une équipe de travail.
Autre source d’inquiétude : l’avenir des aides publiques à l’apprentissage, qui permettaient jusqu’ici de compenser en partie l’effort des entreprises. Si ces dispositifs venaient à être réduits ou supprimés, cela risquerait de compromettre l’accès à ce levier pourtant efficace pour l’insertion professionnelle. « C’est une crainte partagée dans de nombreux établissements », confirme une enseignante. Le lycée continue malgré tout de multiplier les contacts avec les partenaires économiques, de manière à maintenir l’accessibilité aux stages et aux contrats d’alternance.
L’excellence technique au service du territoire
Au cœur de l’offre de formation se trouve un enjeu stratégique : répondre aux besoins du tissu économique local, en particulier dans le domaine du nucléaire, secteur historique à Bagnols et Laudun. « L’Éducation nationale ne pourra pas subvenir à tous les besoins, mais nous devons être au rendez-vous », admet Thierry Delaigue.
Le BTS Environnement nucléaire, par exemple, forme des techniciens capables de participer au cycle de vie des installations, du démantèlement à la rénovation. Deux autres BTS industriels viennent compléter l’offre :
- BTS Maintenance des systèmes de production (MS)
- BTS CIRA (Contrôle industriel et régulation automatique)
Le BTS Bioqualité, plus tourné vers l’agroalimentaire, la santé ou la cosmétique, répond également à une demande croissante d’experts qualité.
Un équipement professionnel à la hauteur des enjeux
Dans les ateliers du lycée Albert Einstein, l’impression d’entrer dans une entreprise plus que dans une salle de cours est saisissante. Tours à commandes numériques, systèmes de régulation automatisés, logiciels de gestion, centrales électriques miniatures… La qualité du matériel mis à disposition des élèves dans les filières technologiques et professionnelles est remarquable, et ce n’est pas un hasard. Elle est le fruit de plusieurs années d’investissement massif de la part de la Région Occitanie, soucieuse de doter ses lycées d’équipements à la hauteur des attentes des professionnels et des exigences pédagogiques.
Mais ces équipements ne sont pas uniquement achetés ; ils sont aussi prêtés ou cofinancés par des entreprises partenaires du territoire. Dans les domaines de l’électricité, de la maintenance industrielle ou de la production mécanique, plusieurs acteurs locaux – industriels ou prestataires – fournissent des outils et des pièces utilisés au quotidien dans leurs propres structures. « Ce lien matériel avec le monde de l’entreprise est un atout formidable. Les élèves travaillent sur les mêmes systèmes qu’ils retrouveront en stage ou à l’embauche », souligne un enseignant de BTS CIRA (Contrôle Industriel et Régulation Automatique).
Ce réalisme pédagogique permet de favoriser l’appropriation des gestes techniques, de mieux visualiser l’application concrète des cours et, surtout, de donner du sens à l’apprentissage. « On voit tout de suite l’utilité de ce qu’on fait. On ne travaille pas sur du vieux matériel ou des machines qu’on ne retrouvera jamais en entreprise », confie un élève en BTS CIRA. L’environnement d’enseignement ainsi créé valorise les filières professionnelles, trop souvent sous-estimées, et donne confiance aux jeunes dans leur capacité à évoluer dans des environnements techniques exigeants.
Mobilité, égalité, ouverture : des valeurs fortes
L’établissement s’engage dans des valeurs sociétales et éducatives fortes, à commencer par l’égalité femmes-hommes. « C’est un cheval de bataille. Il faut déconstruire les clichés sur les métiers de l’industrie. Ce ne sont ni des métiers sales, ni exclusivement masculins. Ce sont des métiers d’avenir », plaide Thierry Delaigue.
Des visites en entreprise sont régulièrement organisées, y compris pour les parents, comme à la centrale de Tricastin. Objectif : changer les mentalités et mieux faire connaître les nombreuses opportunités qu’offre l’industrie moderne.
Une ouverture à l’international grâce à Erasmus
Grâce à la certification Erasmus, le lycée propose aussi des séjours à l’étranger pour les élèves, enseignants et personnels. « Beaucoup de nos jeunes sont partis à l’étranger dans le cadre de leur formation professionnelle. Et cela ne coûte presque rien aux familles : seulement 100 euros la semaine », précise le proviseur.
Ces mobilités permettent aux jeunes de gagner en autonomie, d’enrichir leur CV et de mieux appréhender le monde du travail en Europe. C’est aussi un levier d’attractivité pour l’établissement, régulièrement salué au niveau académique.
Un établissement en pleine mutation
Le lycée Einstein vit une grande transformation :
- L’internat va passer de 30 à 60 places.
- Le foyer des élèves va être rénové.
- Le Greta va déménager vers le site Bloom.
- Les bâtiments B et AD vont être détruits pour laisser place à un parking pour le personnel.
« Nous voulons aussi responsabiliser les étudiants de BTS, leur permettre de sentir la différence entre leurs années lycée et leur statut d’adultes en formation. Cela passe par l’accompagnement mais aussi par les espaces de vie », confie le proviseur.
Une école au cœur de son territoire
Avec l’aide du comité local École-Entreprise (CLEE), créé en partenariat avec Julien Feja, le lycée développe des liens étroits avec les entreprises, les collectivités et les structures d’accompagnement. Corinne Bonneaud rappelle l’importance de ces synergies pour favoriser les stages, l’apprentissage et l’insertion.
« Il faut que les élèves apprennent à bouger, à utiliser les mobilités existantes, à s’ouvrir au monde. L’avenir passe par là », conclut Thierry Delaigue.
Un campus des métiers ancré dans son territoire
Le lycée Albert Einstein est bien plus qu’un établissement d’enseignement. Il est un acteur économique et social majeur dans le paysage du Gard rhodanien, grâce à son implication via le Campus des Métiers et des Qualifications, un dispositif mené par Corinne Nègre et désormais par Claire Lautru-Durand destiné à renforcer les liens entre l’école, les entreprises et les collectivités. Ce campus permet de structurer, au niveau local, une véritable communauté éducative et professionnelle, mobilisée autour de la formation et de l’insertion des jeunes.
Concrètement, cette dynamique se traduit par des actions régulières et concrètes : organisation des déjeuners avec des chefs d’entreprises au sein du lycée, mise en place de dispositifs de mentorat pour accompagner des élèves, interventions de professionnels dans les classes, visites d’entreprises locales, ou encore les Rencontres Jeunes Entreprises (RJE). Ces temps forts permettent aux jeunes d’échanger directement avec les employeurs, de découvrir les réalités du terrain et de construire des parcours adaptés aux besoins du territoire.
« Le collectif présidé par Vincent Champetier joue un rôle fondamental », souligne Corinne Bonneaud, responsable du bureau des entreprises. Cette logique de codéveloppement territorial est renforcée par des projets de plus grande envergure, comme l’élaboration de modules de formation spécifiques ou le développement de filières nouvelles en lien avec l’évolution de l’économie locale.
Un tremplin vers l’avenir
Du CAP à l’enseignement supérieur, le lycée Albert Einstein de Bagnols-sur-Cèze est bien plus qu’un établissement scolaire. Il est un acteur structurant du territoire, au service de ses jeunes, de ses familles et de son tissu économique. Grâce à une offre de formation complète, à des valeurs fortes et à une ambition claire, le lycée forme chaque année des centaines de citoyens autonomes, compétents et prêts à relever les défis de demain.



