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Bagnols-sur-Cèze : un 8 mai entre l’histoire locale et transmission

À l’occasion du 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, la Ville de Bagnols-sur-Cèze a organisé, ce mercredi 8 mai 2025, une cérémonie commémorative en trois temps. Un hommage à la fois solennel et ancré dans l’histoire locale, qui a rassemblé élus, autorités civiles et militaires, représentants d’associations mémorielles, citoyens et jeunes volontaires.

Un premier hommage aux déportés partis de Bagnols

La cérémonie a débuté au square des Marronniers avec le dévoilement d’une plaque commémorative en hommage aux résistants déportés depuis la gare de Bagnols. À l’invitation de la Ville, plusieurs intervenants ont pris la parole : Christian Baume, président du comité local du Souvenir Français, Mireille Justamond, représentante de la délégation gardoise de la Fondation pour la mémoire de la déportation, et Jean-Yves Chapelet, maire de Bagnols-sur-Cèze.

Dans son allocution, le maire a rappelé les destins tragiques de résistants arrêtés en février 1944 pour leur engagement au sein des Francs-tireurs et partisans français (FTPF). Parmi eux : Josep Alabart Pascual, Damian Ruiz, Louis Thomas, Vladimir Morozow, Ladislas Kanik, Wassili Wasilewicz Linkow. Embarqués depuis la gare de Bagnols, ils furent déportés vers les camps de Neuengamme et Dachau. Le maire a également évoqué ceux qui ont survécu aux camps et sont revenus à Bagnols, tels Primo Bartoloso, Alfred Bierry ou Raoul Reynaud. « Cette plaque rend hommage à leur engagement, à leur silence, à leur dignité », a déclaré Jean-Yves Chapelet.

La séquence s’est conclue par un dépôt de gerbes par le Souvenir Français, l’association des Amis de la mémoire de la déportation et la municipalité, suivi de l’hymne national. Le public a ensuite été invité à rejoindre la place Auguste-Mallet pour la suite de la cérémonie.

Devant le monument aux morts, un message national relayé

Sur la place Auguste-Mallet, la commémoration s’est poursuivie par le dépôt de gerbes au pied du monument aux morts. Le sous-préfet Mathias Nieps a ensuite donné lecture de la lettre officielle du ministre des Armées, Sébastien Lecornu. Ce texte a retracé le sens du 8 Mai 1945, rappelant l’ampleur des sacrifices consentis durant la guerre : ceux des soldats, des résistants, des civils, des déportés, et notamment des Juifs victimes de la Shoah.

Le ministre y appelait à la vigilance dans un monde où les menaces réapparaissent, soulignant que « la France décidait de se choisir un grand destin » en 1945, et que cet héritage reste vivant dans les institutions, les valeurs et la souveraineté nationale. La lettre a également mis en lumière la construction, après-guerre, d’un modèle français fondé sur la mémoire des sacrifices et la volonté de paix.

Un moment de recueillement s’est tenu à l’issue de la lecture, accompagné à nouveau par l’hymne national.

Un discours final au square Thome tourné vers l’avenir

La dernière partie de la cérémonie s’est déroulée au square Thome. Devant les représentants des autorités et le public, Jean-Yves Chapelet a prononcé un second discours, davantage politique et tourné vers les enjeux contemporains. Il y a notamment évoqué la perte de repères historiques parmi la jeunesse, avec un quart des jeunes déclarant ne pas savoir ce qu’est la Shoah, et a insisté sur la responsabilité collective à préserver la mémoire.

Citant le témoignage d’un résistant bagnolais, Maurice Aurelle, le maire a rappelé les réalités de la déportation, les séparations, la peur, mais aussi la capacité de résilience. Il a également défendu une République ouverte, non communautariste, construite sur la pluralité et la fraternité, dans un contexte marqué par les tensions identitaires et les bouleversements internationaux.

La participation des jeunes élus du Conseil municipal des enfants et des jeunes, ainsi que celle de volontaires du Service national universel (SNU), a donné une dimension intergénérationnelle à cette cérémonie. Une volonté affichée par la Ville : transmettre le sens de l’engagement et de la mémoire, au-delà des rituels.

Une mémoire locale et nationale conjuguées

Cette matinée de commémoration a permis de lier l’histoire nationale à l’histoire locale. En honorant les résistants déportés depuis Bagnols, en rendant hommage aux victimes de la guerre et en associant les jeunes à ces temps forts, la cérémonie du 8 Mai 2025 s’est inscrite dans la continuité d’un travail de mémoire que la Ville entend poursuivre.

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