Semaine de lutte contre le harcèlement au collège Saint-Jean : sensibiliser, prévenir, responsabiliser

Le collège Saint-Jean de Bagnols-sur-Cèze a consacré, la semaine dernière, plusieurs temps forts à la lutte contre le harcèlement scolaire. L’établissement, engagé de longue date sur cette thématique, a fait appel à deux intervenants extérieurs : Amnesty International, pour les élèves de 4e, et un formateur de la police nationale, M. Palombeau, pour les classes de 6e. Objectif : éveiller les consciences, donner des outils, et rappeler que le harcèlement n’est pas un simple conflit d’ado mais bien un acte destructeur, souvent méconnu ou banalisé.
Des mots pour comprendre
Pour les 4e, deux conférences ont été animées lundi et vendredi par deux bénévoles d’Amnesty International :
Mauricette Hanssens, secrétaire adjointe et ancienne enseignante, et Alain Hanssens, engagé notamment dans l’organisation du Festival du film des droits humains.
Les interventions ont débuté par la définition de notions essentielles : apologie, stéréotypes, liberté d’expression… Autant de repères indispensables pour comprendre ce que l’on peut dire, ce que l’on doit éviter, et surtout ce que l’on ne peut pas cautionner.
« A-t-on le droit de tout dire ? » : la question a ouvert le débat. À travers des exemples concrets et des mises en situation, les collégiens ont été amenés à réagir en groupes face à des discours toxiques, discriminants ou humiliants.
Les bénévoles ont rappelé qu’une parole — orale, écrite, postée sur les réseaux — peut porter atteinte, même involontairement. Parmi les thèmes qui reviennent le plus dans les insultes : origines, religion, taille, apparence physique, milieu social, famille. Autant de points faibles souvent exploités, touchant directement à l’identité.
Comment réagir ?
Amnesty International a ensuite guidé les élèves vers les pistes d’action possibles.
Face à une situation de harcèlement, la première règle est claire : ne jamais laisser passer.
Plusieurs comportements ont été envisagés :
- Ignorer le harceleur ne suffit pas toujours, car le silence peut être interprété comme une forme de participation.
- Parler à un adulte de confiance, signaler les faits à la CPE, à un professeur, au collège…
- Consoler la victime, ne pas la laisser seule. L’isolement, souvent invisible, se joue aussi hors des murs de l’établissement, sur les réseaux sociaux.
- Intervenir auprès d’une personne d’autorité, plutôt que de confronter frontalement le harceleur.
Les intervenants ont été fermes : « La violence n’arrange rien ». Insulter en retour ne résout pas le problème. Aider ne veut pas dire devenir un héros. Et personne ne doit culpabiliser s’il n’arrive pas à tout résoudre seul. En revanche, chacun peut agir à son échelle : prendre le temps de réfléchir avant d’écrire ou de partager un message, ne pas diffuser des contenus humiliants. Relayer, c’est déjà être complice.
Les 6e sensibilisés aux risques encourus
En parallèle, toutes les classes de 6e ont rencontré M. Palombeau, formateur de la police nationale. Son intervention portait davantage sur la responsabilité pénale des auteurs, les comportements dangereux et les dérives liées aux réseaux sociaux.
Une mobilisation durable
Au terme de cette semaine, l’équipe éducative du collège Saint-Jean espère renforcer la vigilance collective. Car le harcèlement n’est pas une fatalité. Par la parole, l’écoute et l’entraide, il est possible de le prévenir, de le dénoncer et de protéger celles et ceux qui en sont victimes.
D’autres rendez-vous seront programmés d’ici la fin de l’année pour poursuivre cette sensibilisation essentielle au mieux-vivre ensemble.



