Laudun-l’Ardoise : une brigade engagée et en mutation, au cœur d’une inspection tournée vers l’avenir

C’est un rendez-vous structurant dans la vie militaire d’une unité. À Laudun-l’Ardoise, l’inspection annuelle de la brigade territoriale a permis de dresser un état des lieux précis de l’activité 2025, mais aussi de tracer les perspectives pour 2026. Devant les élus, partenaires et représentants des forces de sécurité, les discours du major Marie et du commandant Delobel ont mis en lumière une unité à la fois performante et en pleine évolution.
Une année 2025 marquée par le renouvellement des effectifs
Pour le major Marie, cette première inspection en tant que commandant d’unité avait une résonance particulière. L’année écoulée a en effet été marquée par une transition humaine importante. Entre départs à la retraite, arrivées de nouveaux militaires issus de l’école de gendarmerie ou d’autres unités spécialisées, et réussites internes — notamment celles de deux gendarmes ayant obtenu la qualification d’officier de police judiciaire — la brigade a connu un renouvellement significatif.
Malgré ces mouvements, l’effectif reste aujourd’hui quasiment complet, même si certaines absences pèsent encore sur l’organisation, comme le non-remplacement d’un gradé adjoint et le détachement temporaire d’un enquêteur à la section de recherches de Marseille.
Une délinquance en baisse, mais une activité exigeante
Sur le plan opérationnel, les indicateurs sont globalement encourageants. En 2025, la brigade a enregistré 1029 interventions, soit une baisse de 17 % par rapport à l’année précédente. Une diminution qui ne traduit pas un relâchement, bien au contraire.
« L’intensité de notre action ne s’est pas démentie », a insisté le major Marie, évoquant notamment deux faits marquants : un homicide survenu en septembre, rapidement élucidé grâce à la réactivité des enquêteurs, et la gestion d’un rassemblement illégal de grande ampleur à Saint-Victor-la-Coste, mobilisant près de 60 gendarmes.
La délinquance générale recule également de 12 %, avec 600 crimes et délits constatés. Les atteintes aux biens diminuent de 11 %, tandis que les cambriolages chutent de 19 %. Les violences aux personnes enregistrent elles aussi une baisse de 9 %.
Pour le commandant Delobel, ces résultats sont sans ambiguïté : « Quand l’activité globale baisse, je sais que c’est le fruit du travail de mes militaires. »
Une présence renforcée sur le terrain
Cette amélioration s’explique notamment par une réorganisation des missions et une meilleure présence sur le terrain. Grâce à la mutualisation des interventions nocturnes, les patrouilles de jour ont été optimisées. Désormais, un gendarme passe en moyenne 65 % de son temps de service à l’extérieur.
Sur le plan judiciaire, l’activité reste soutenue avec 80 gardes à vue, 12 déferrements et 7 incarcérations. Des procédures souvent complexes, notamment en matière de violences intrafamiliales ou sexuelles, qui représentent une part importante du travail des enquêteurs.
Sécurité routière : un bilan contrasté
Si l’accidentalité routière est en nette amélioration — aucun décès à déplorer en 2025 contre un en 2024, et une baisse de 33 % du nombre d’accidents — certains signaux restent préoccupants. Les infractions liées à l’alcool augmentent de 25 %, un point d’alerte clairement identifié.
Pour 2026, la brigade entend donc « reprendre l’initiative sur la route » en renforçant les contrôles et la répression des conduites à risque.
Une unité soudée, saluée par sa hiérarchie
Au-delà des chiffres, les deux officiers ont insisté sur la dimension humaine du métier. « Une unité, ce sont avant tout des hommes et des femmes », a rappelé le commandant Delobel, évoquant une brigade composée de 18 militaires, autant de parcours et de personnalités, unis par un même engagement.
L’inspection a également été l’occasion de mettre à l’honneur certains parcours, notamment celui de l’adjudant-chef Barat, récemment décoré de la médaille militaire.
Cap sur 2026
Si le bilan 2025 est jugé « solide et encourageant », la vigilance reste de mise. Maintien de l’activité judiciaire, lutte contre les conduites addictives, adaptation aux évolutions des effectifs : les défis ne manquent pas.
Mais pour le commandant Delobel, une chose est certaine : « Vous avez une troupe volontaire, commandée par un chef clairvoyant. » Un socle solide pour aborder l’année à venir avec confiance.



