Jean-Marc Deletang : « Le Superbike français reste une référence grâce à sa filière et son intensité »

À l’occasion de la deuxième manche du Championnat de France Superbike à Lédenon, Jean-Marc Deletang, figure incontournable du sport moto tricolore, livre son analyse sur l’état de la discipline. Ancien pilote professionnel, vainqueur du Bol d’Or et champion de France Superbike, il occupe aujourd’hui le rôle de directeur de course. Depuis octobre 2024, il est également président de la commission vitesse de la Fédération française de motocyclisme (FFM), une instance clé qui encadre règlements, homologations et organisation des championnats.
Une discipline structurée dès le plus jeune âge
Pour Jean-Marc Deletang, le succès du Superbike en France ne doit rien au hasard. « Il y a toujours eu un engouement pour cette discipline », explique-t-il. Un attrait qui repose sur une filière particulièrement structurée : « Les pilotes peuvent débuter dès 10 ans en Pré-Moto 5, puis gravir les échelons progressivement jusqu’au plus haut niveau. »
Ce système pyramidal, appuyé par un réseau solide de clubs, permet à la France de rester une référence européenne. « On s’appuie énormément sur les clubs, comme celui de Lédenon qui accueille cette deuxième manche. Ce sont eux qui font vivre la discipline sur le terrain », souligne-t-il.
Une visibilité en forte progression
Grande nouveauté cette saison : la diffusion des courses en direct. Une évolution stratégique qui porte déjà ses fruits. « On a dépassé les 100 000 vues lors de la manche du Mans. Cela montre bien la place du championnat et l’intérêt qu’il suscite », analyse le président de la commission vitesse.
Au-delà des chiffres, cette exposition accrue permet aussi de mettre en lumière l’intensité des courses. « Il y a eu de véritables passes d’armes dans toutes les catégories au Mans, et les suiveurs ne s’y trompent pas. »
Un championnat dense et compétitif
Le FSBK s’appuie sur un plateau particulièrement relevé, mêlant pilotes expérimentés et jeunes talents. Parmi les références, Jean-Marc Deletang cite notamment Mathieu Gines, Alan Techer ou encore Grégory Leblanc, quadruple vainqueur du Mans.
Mais la relève est bien là. « Des jeunes comme Matthieu Gregorio arrivent avec beaucoup d’ambition. Certains ont déjà une expérience non négligeable au niveau international », souligne-t-il. Une cohabitation entre générations qui donne le ton du championnat et tire le niveau vers le haut.
Un week-end de course intense
Le format du week-end contribue également au spectacle. Sur quatre jours, les pilotes enchaînent essais, qualifications et courses. Les séances débutent dès le jeudi et le vendredi, avant les premières qualifications entre vendredi et samedi matin. Le samedi après-midi est consacré aux qualifications du Superbike, suivies d’une première course en soirée. Le dimanche accueille les épreuves principales, avec deux courses par catégorie sur l’ensemble du week-end.
Lédenon, un circuit à part
Pour cette deuxième manche, tous les regards se tournent vers Lédenon. Un tracé unique en France, aussi spectaculaire qu’exigeant. « C’est un circuit très technique, très spécifique. Il n’y a quasiment aucun moment de repos », insiste Jean-Marc Deletang.
Le profil du circuit impose une concentration maximale : ligne droite en montée, enchaînements rapides, virages à l’aveugle… « Le virage du pont est particulièrement difficile, avec un gauche en dévers suivi d’une descente puis d’une remontée. Il n’y a pas de repères visuels, il faut connaître parfaitement ses trajectoires et être capable de les reproduire à chaque tour. »
Dans ces conditions, l’aspect physique devient déterminant, d’autant plus que la chaleur annoncée pour le week-end pourrait accentuer la difficulté. « C’est un circuit très exigeant pour les pilotes. Ils vont devoir gérer leur effort du début à la fin. »
Entre spectacle, exigence et montée en puissance médiatique, le Championnat de France Superbike confirme son dynamisme. À Lédenon, tous les ingrédients semblent réunis pour offrir un nouveau week-end de très haut niveau.



