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À Pont-Saint-Esprit, un rassemblement en hommage à Adrien et pour sensibiliser aux drames de la route

Ce samedi 16 mai au matin, à Pont-Saint-Esprit, un rassemblement empreint d’émotion et de gravité s’est tenu en hommage à Adrien, tué par un chauffard. Une action de sensibilisation portée notamment par Bernard et Évelyne Couffin, aux côtés de la FNATH, de la municipalité spiripontaine, des forces de l’ordre et de plusieurs partenaires engagés dans la prévention routière.

Derrière ce combat, il y a un drame familial. Il y a trois ans, leur fils Adrien perdait la vie dans un terrible accident de la route. À bord du même véhicule se trouvaient également sa femme et leurs deux enfants. Sa fille, âgée de seulement 6 ans et demi au moment des faits, avait été grièvement blessée. Le véhicule familial avait été percuté par une voiture lancée à très grande vitesse, conduite par un automobiliste présentant un taux d’alcoolémie de 1,9 g/l.

« Nous, on a pris perpétuité », confie Bernard Couffin avec émotion. Malgré l’instruction désormais terminée, la famille attend encore le procès, dont une date pourrait être fixée d’ici juillet pour la fin de l’année 2026. « La personne qui a tué Adrien est toujours en liberté », déplore-t-il.

Un combat pour accompagner les victimes

Face au choc et à l’isolement vécus après le drame, Bernard et Évelyne Couffin ont décidé de transformer leur douleur en engagement. « Dans ces situations, on est complètement désorientés, sans aide ni soutien », explique ce dernier.

À travers leur action et celle de la Fédération nationale des accidentés du travail et des accidents de la vie (FNATH), ils accompagnent désormais les familles confrontées à des accidents de la route ou de la vie. L’objectif : aider les victimes à retrouver leurs droits, monter les dossiers d’indemnisation et les soutenir moralement, administrativement et juridiquement.

Depuis 2019, la FNATH a également développé un important volet prévention, notamment autour des nouveaux modes de déplacement. « À l’époque, il y avait l’arrivée massive des trottinettes électriques », rappelle Floréal Martinez. Entre 2019 et 2025, près de trois millions de trottinettes ont circulé en France. Désormais reconnues comme véhicules à moteur, elles représentent un nouvel enjeu de sécurité publique.

Sensibiliser dès le plus jeune âge

L’association intervient régulièrement dans des opérations de prévention auprès des jeunes, avec l’agrément de la Sécurité routière et de l’Éducation nationale. Des actions sont notamment menées lors du rallye citoyen de Nîmes ou encore auprès d’établissements spécialisés comme l’IME d’Alès.

À Pont-Saint-Esprit, cette journée de sensibilisation s’inscrivait dans les actions du CLSPD autour de l’éducation à la prévention routière. Sur le marché, en ce week-end de forte affluence et de nombreux départs sur les routes, les bénévoles ont interpellé les passants grâce à une installation particulièrement marquante, avec des assiettes symbolisant les victimes de la route.

« Les gens sont impressionnés par le nombre d’assiettes », souligne Bernard Couffin.

Pour François Carli, élu impliqué dans ces actions de prévention, l’éducation doit commencer très tôt. « Il faut faire comprendre aux jeunes que la vie est quelque chose de beau et de fragile », insiste-t-il. Permis vélo, permis piéton, interventions scolaires : les initiatives se multiplient afin de rappeler les règles du partage de l’espace public.

Depuis 2024, l’âge minimum pour circuler en trottinette électrique est passé de 12 à 14 ans. Une évolution jugée nécessaire alors que 27 % des accidents graves impliqueraient une trottinette.

« Il vaut mieux perdre une minute qu’une vie »

Au-delà des décès, les organisateurs ont également voulu rappeler le nombre très important de blessés graves et de vies durablement brisées par le handicap. Protoxyde d’azote, alcool, vitesse excessive, comportements dangereux : autant de fléaux régulièrement évoqués au cours de cette matinée.

Bernard Couffin milite également pour qu’une véritable journée nationale des victimes de la route soit instaurée chaque 16 mai. Il salue toutefois la reconnaissance récente de la notion d’homicide routier, tout en réclamant « une politique pénale plus juste et plus humaine ».

« Les peines existent, mais elles sont rarement appliquées », estime-t-il, dénonçant également les remises de peine qui évitent parfois l’incarcération.

Aux côtés de la gendarmerie, de la police municipale et de la FFMC, les organisateurs ont martelé un message simple mais essentiel : « Il vaut mieux perdre une minute qu’une vie. »

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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