Tourisme : malgré un contexte incertain, le Gard confirme son attractivité et prépare l’avenir

Malgré un contexte économique tendu, un pouvoir d’achat sous pression et des tensions internationales qui influencent les comportements de voyage, le Gard continue de tirer son épingle du jeu. À l’occasion d’une conférence de presse organisée ce vendredi 29 mai à Nîmes, Pascale Fortunat-Deschamps, présidente de Gard Tourisme, et Sandrine Rieutor, directrice générale, ont dressé le bilan touristique de l’année 2025 et présenté les perspectives pour 2026.
« Les Français ne renoncent pas aux vacances, mais ils changent leur manière de voyager », a souligné Pascale Fortunat-Deschamps. Une évolution des habitudes qui se traduit par des réservations plus tardives, des séjours plus courts, souvent concentrés autour des ponts du mois de mai et des longs week-ends, ainsi qu’une vigilance accrue sur les dépenses.
Un poids économique majeur pour le département
Avec 27,6 millions de nuitées touristiques enregistrées en 2025, soit près de 15 % des nuitées d’Occitanie, le Gard demeure le troisième département touristique de la région derrière l’Hérault et les Pyrénées-Orientales. Le secteur représente désormais 2,1 milliards d’euros de retombées économiques et près de 9 400 emplois directs, ce qui en fait le deuxième pilier économique du département, derrière l’industrie et devant l’agriculture.
Le territoire conserve également son statut de deuxième destination régionale pour les excursions à la journée. Parmi les sites les plus fréquentés figurent le Pont du Gard avec 1,22 million de visiteurs, le Seaquarium du Grau-du-Roi avec 420 000 visiteurs et les Arènes de Nîmes qui ont accueilli près de 370 000 personnes en 2025.
La clientèle française reste majoritaire, portée notamment par les habitants d’Occitanie, de Provence-Alpes-Côte d’Azur, d’Île-de-France et d’Auvergne-Rhône-Alpes. Les visiteurs étrangers représentent 39 % des nuitées, avec une forte présence des clientèles de proximité, principalement belges, néerlandaises, suisses et allemandes.
« Le Gard correspond aujourd’hui à beaucoup d’attentes : la nature, le patrimoine, l’authenticité, la proximité et la qualité de vie », estime la présidente de Gard Tourisme.
Un panier moyen en baisse mais une fréquentation qui résiste
Les chiffres traduisent toutefois une transformation des comportements plus qu’un véritable recul de l’activité. Une enquête flash menée auprès des professionnels du tourisme d’Occitanie révèle que 45 % d’entre eux constatent une baisse du panier moyen. Les visiteurs continuent de partir, mais arbitrent davantage leurs dépenses.
« Ce n’est pas un décrochage, mais un climat d’attentisme », résume Pascale Fortunat-Deschamps. Les touristes restent attentifs aux conditions économiques jusqu’au dernier moment avant de confirmer leurs réservations.
Les premières tendances pour 2026 illustrent cette évolution. Après un printemps relativement stable, avec une baisse de 5 % des nuitées en avril, les perspectives estivales sont encourageantes. Les réservations dans les locations saisonnières affichent à ce jour une progression prévisionnelle de 13 % pour juillet et de 3 % pour août par rapport à l’an passé.
Mieux connaître les visiteurs pour mieux s’adapter
Afin d’affiner sa connaissance des clientèles, Gard Tourisme participe à une vaste enquête régionale menée avec Ipsos et BVA. Plus de 40 000 questionnaires ont été recueillis en Occitanie, dont environ 4 200 dans le Gard.
Cette étude, dont les résultats sont attendus pour la rentrée après une restitution prévue mi-août, doit permettre de mieux comprendre les profils des touristes et excursionnistes, leurs habitudes de consommation, leurs activités, leurs niveaux de dépenses mais aussi le rôle des résidences secondaires dans l’économie touristique locale.
« Ces données nous permettront de calibrer plus précisément l’offre touristique et d’accompagner les professionnels dans leurs stratégies tarifaires », explique Sandrine Rieutor.
Le tourisme durable comme fil conducteur
Face aux défis environnementaux et à la pression croissante sur certaines ressources, Gard Tourisme entend poursuivre sa stratégie de développement durable engagée depuis plusieurs années.
Préservation des paysages et de la biodiversité, promotion des mobilités douces, meilleure répartition des flux touristiques dans le temps et sur l’ensemble du territoire constituent les axes prioritaires.
« Nous voulons un tourisme qui profite au plus grand nombre tout en respectant les habitants et les ressources du territoire », insiste Pascale Fortunat-Deschamps. « Le Gard n’a pas à changer de nature pour répondre aux nouvelles attentes des visiteurs. Il les incarne déjà. »
Parmi les nouveautés de 2026 figure notamment le lancement de la nouvelle application mobile « Latitude Gard ». Conçue comme un véritable guide numérique du département, elle regroupera itinéraires de randonnée, informations patrimoniales, sites naturels et offres touristiques. L’objectif est de faciliter les déplacements des visiteurs tout en les incitant à découvrir l’ensemble du territoire, des Cévennes à la Camargue gardoise.
Une nouvelle campagne de communication baptisée « L’Effet Gard », déjà lancée l’an dernier, continuera également de promouvoir l’expérience humaine, le bien-être et l’authenticité qui caractérisent le département.
Dans un marché touristique en pleine mutation, Gard Tourisme voit ainsi dans ces changements une opportunité : celle de développer un tourisme plus proche, plus humain et davantage tourné vers la rencontre avec les habitants, tout en préservant ce qui fait la richesse et l’identité du territoire gardois.



