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Pont-Saint-Esprit : la réhabilitation de l’Hôtel-Dieu entre dans le concret avec la pose de la première pierre

C’est un chantier attendu depuis de longues années qui vient officiellement de franchir une étape symbolique à Pont-Saint-Esprit. La première pierre des travaux de réhabilitation de l’Hôtel-Dieu a été posée en présence du maire Valère Segal, des élus, des représentants des services de l’État, de la DRAC, de l’UDAP, de la Fondation du patrimoine, des architectes et du groupe Atlantique, porteur du projet.

Pour le maire, ce moment marque « bien davantage que le lancement d’un chantier ». Il ouvre, selon lui, « une nouvelle page pour un site qui, depuis des siècles, occupe une place singulière dans l’histoire de Pont-Saint-Esprit ». Car l’Hôtel-Dieu n’est pas un bâtiment comme les autres. Ses origines remontent au Moyen Âge, avec l’aumônerie du Saint-Esprit, édifiée en 1129 sur les rives du Rhône pour accueillir pèlerins, voyageurs et plus démunis. Au fil des siècles, le site a conservé cette vocation d’hospitalité, devenant tour à tour lieu d’accueil, hospice puis hôpital public, jusqu’au transfert de l’activité hospitalière en 2010.

Propriété de la commune depuis 2014, l’ancien Hôtel-Dieu a connu une longue période d’attente avant de trouver une nouvelle destination. La municipalité a notamment engagé la démolition de bâtiments récents sans valeur patrimoniale, dont certains contenaient de l’amiante. « Il a fallu environ dix ans pour trouver une destination finale et un investisseur privé ambitieux », a rappelé Valère Segal.

Le projet porté par le groupe Atlantique Investissement prévoit la création de 69 logements, du T1 au T4, avec autant de places de stationnement. Au total, l’opération représente 3 750 m² habitables et 5 840 m² de plancher. « C’est un gros projet à l’échelle de Saint-Esprit, mais aussi à l’échelle nationale pour une opération de restauration », a souligné M. Mauret, représentant du groupe Atlantique Investissement.

Celui-ci a insisté sur la dimension patrimoniale du chantier. Le bâtiment, ancien monastère de la Visitation Sainte-Marie dont la construction a débuté en 1637, recèle de nombreux éléments remarquables : cloître, cours intérieures, cheminées, portes anciennes et décors peints. Certains décors, longtemps masqués, ont été dégagés, protégés et seront restaurés à la fin du chantier. Le travail s’annonce minutieux, comme en témoigne la dépose d’une imposante ferme de charpente, envoyée en atelier pour être restaurée avant d’être reposée.

« Ce projet n’est pas seulement une opération immobilière, c’est avant tout une opération de sauvegarde du patrimoine », a affirmé M. Mauret, remerciant la Ville, la DRAC, l’UDAP, les architectes et les bureaux d’études mobilisés. L’objectif est de transmettre aux générations futures « un monument restauré, valorisé et réintégré dans la vie de Pont-Saint-Esprit ».

Mais la réhabilitation de l’Hôtel-Dieu s’inscrit aussi dans une transformation plus large du quartier. La Ville prévoit la création d’un parc paysager accessible à tous, avec des espaces de jeux pour les enfants, ainsi que la requalification complète de la rue des Capucins. Ces travaux comprendront l’enfouissement des réseaux secs, porté par le SMEG, et l’adaptation des réseaux humides, en lien avec l’Agglomération.

L’ensemble de l’opération sur le quartier représente environ 6 millions d’euros, incluant la rue des Capucins, le parc, le parking et l’îlot Hôtel-Dieu. Plusieurs financements accompagnent le projet : 721 000 € au titre du fonds friche, 212 000 € de fonds de concours, 129 000 € issus du fonds mobilité, ainsi qu’une subvention départementale de 120 000 € encore en attente.

Pour Valère Segal, l’enjeu dépasse la seule restauration architecturale. Il s’agit de « redonner vie à une part essentielle du patrimoine », mais aussi de renforcer l’attractivité du centre-ville et de créer de nouveaux espaces de vie pour les familles. Le maire a également rappelé sa volonté d’associer les riverains aux transformations de leur cadre de vie. « La ville appartient d’abord à celles et ceux qui la vivent au quotidien », a-t-il insisté.

La première pierre posée sera intégrée à l’un des murs de l’édifice. Invisible demain pour beaucoup, elle restera le témoin discret d’un moment collectif. À travers ce chantier, Pont-Saint-Esprit entend à la fois préserver son histoire et préparer son avenir. « La première pierre que nous posons aujourd’hui n’est pas seulement celle d’un bâtiment, a conclu Valère Segal. Elle est celle d’un quartier qui se transforme, celle d’une ville qui valorise son histoire pour mieux préparer son avenir. »

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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