Bagnols-sur-Cèze : après le vol d’une voiture elle en perd le contrôle au premier rond point, l’avocat plaide « la bêtise et l’effet de groupe »

Le tribunal correctionnel de Nîmes s’est penché, ce mercredi 22 juillet sur une affaire survenue à Bagnols-sur-Cèze mêlant vol de véhicule, usage frauduleux d’une carte bancaire et conduite sous l’emprise d’un important état alcoolique. Trois jeunes femmes comparaissaient pour des faits commis après s’être emparées d’une voiture installée au bord de la rivière.
À l’audience, Maître Arthur Morel, avocat de l’une des prévenues, est revenu sur le déroulement des faits. Selon lui, sa cliente n’aurait pas été à l’origine du vol du véhicule. Alors que les deux autres jeunes femmes tentaient de démarrer la voiture sans succès, elle aurait finalement pris l’initiative de prendre le volant.
Le trajet sera de très courte durée. Au premier rond-point, la conductrice perd le contrôle du véhicule, quitte la chaussée et termine sa course contre un panneau de signalisation de la commune. La voiture est lourdement endommagée et la jeune femme est légèrement blessée, notamment à la lèvre.
L’affaire ne s’arrête pas là. Une zone d’ombre subsiste, selon la défense, sur les circonstances du vol de la carte bancaire appartenant aux victimes. « Les versions divergent sur la personne qui s’est emparée des clés et sur celle qui a fouillé le véhicule », a fait valoir Maître Arthur Morel devant le tribunal.
Les trois jeunes femmes se rendent ensuite dans une première épicerie. L’avocat assure que sa cliente en est ressortie sans avoir utilisé la carte bancaire dérobée, tandis que les deux autres étaient toujours à l’intérieur. C’est à ce moment qu’elle croise un policier qui lui demande si elle était bien la conductrice du véhicule accidenté.
Entre-temps, les propriétaires avaient signalé le vol de leur voiture et de leur portefeuille. Les investigations permettront d’établir que deux des prévenues avaient utilisé la carte bancaire pour effectuer environ 50 euros d’achats, avant de se débarrasser du portefeuille. Toutes trois seront interpellées puis placées en garde à vue.
Au cours des débats, Maître Arthur Morel a insisté sur le profil de sa cliente. Il a évoqué une jeune femme ayant quitté le système scolaire très tôt et évoluant dans un contexte de forte addiction à l’alcool. « Cette affaire se déroule sur fond d’alcoolisme important », a-t-il souligné, estimant qu’une prise en charge était indispensable.
L’avocat a également décrit un « trio affectif », marqué par des relations sentimentales complexes entre les trois jeunes femmes, plaidant davantage « la bêtise et l’effet de groupe » qu’une véritable organisation criminelle.
Estimant que sa cliente avait surtout besoin d’un cadre pour se reconstruire, Maître Arthur Morel a demandé au tribunal une peine aménagée sous bracelet électronique, assortie d’une obligation de soins et d’un suivi en réinsertion.
Dans ce dossier, l’une des trois prévenues, défendue par Maître Dumas-Lairole, a finalement été condamnée à une peine de prison ferme avec incarcération. Concernant les deux autres jeunes femmes (défendues par Maitre Dumas Lairolle et Bélaiche), le tribunal a également prononcé une interdiction d’entrer en contact pendant deux ans, une mesure que Maître Morel a qualifiée de « sage », estimant qu’elles avaient « besoin de grandir avant de pouvoir se retrouver ».



