Nîmes Olympique lance « Passion 1937 », un fonds de dotation pour transmettre, agir et préparer l’avenir

À l’approche de son 90e anniversaire, le Nîmes Olympique veut dépasser largement le seul cadre sportif. Ce vendredi, le président du club, Thierry Cenatiempo, a présenté « Passion 1937 », le nouveau fonds de dotation du NO, dont le nom apparaît déjà sur les maillots nîmois. Un projet appelé à occuper une place importante dans les prochaines années et construit autour de trois ambitions : préserver l’histoire du club, agir au présent et préparer son avenir.
« Des fois, on se voit pour des actualités brûlantes ou sous le feu de décisions importantes. Là, cette conférence de presse concerne un épisode structurant du club, très important pour le Nîmes Olympique et pour les années futures », a introduit Thierry Cenatiempo.
Pour le président nîmois, impossible de penser le futur du club sans s’appuyer sur près de neuf décennies d’existence. « Nîmes Olympique n’est pas un club anodin. 90 ans, c’est 90 ans d’histoire. Un club comme Nîmes doit s’appuyer sur ses racines. On ne peut pas se contenter de le dire. »
Transmettre l’histoire aux nouvelles générations
Le premier objectif de Passion 1937 sera ainsi de transmettre aux générations actuelles et futures les valeurs, la mémoire et l’histoire du Nîmes Olympique.
Une nécessité aux yeux du dirigeant, qui reconnaît qu’un lien s’est parfois distendu ces dernières années avec les plus jeunes. « Il y a eu quelques années où il y a eu un désamour avec les jeunes générations. C’est un petit traumatisme dans la vie d’un club. »
Depuis plusieurs mois, le NO travaille notamment avec son association pour faire venir au stade les scolaires et les licenciés des clubs du territoire afin qu’ils puissent se réapproprier « le club de la ville ».
Cette volonté de transmission pourrait notamment déboucher sur la création d’un musée consacré au Nîmes Olympique, un espace permettant aux supporters de retrouver les souvenirs, les grandes figures et les moments qui ont construit le club.
Passion 1937 devra également permettre de maintenir un lien permanent avec « la famille du NO », notamment les anciens joueurs, éducateurs ou dirigeants. « Le club doit rendre à ceux qui ont donné », insiste Thierry Cenatiempo, qui souhaite également que le Nîmes Olympique soit présent auprès des membres de cette grande famille lorsqu’ils traversent des moments difficiles.
Un club qui veut peser dans la vie du territoire
Deuxième grande dimension du projet : agir.
« Un club de football a une responsabilité territoriale et sociale. On ne peut pas agir uniquement sportivement », souligne le président. Si les victoires, les défaites, les classements ou les montées « font battre le cœur du club », le Nîmes Olympique souhaite désormais utiliser davantage sa capacité de mobilisation.
L’ambition affichée est forte : réunir tous les Nîmois autour du club, y compris ceux qui ne sont pas passionnés de football.
« Je veux que, dans les années qui viennent, même les Nîmois qui n’aiment pas le foot aiment le Nîmes Olympique. Parce que le Nîmes Olympique, ce n’est pas qu’un terrain. Il y a plein de choses qui doivent parler aux Nîmois. »
Le fonds de dotation s’articulera autour de quatre grands univers : le territoire, la jeunesse, le sport et la solidarité.
Sur la jeunesse, le club souhaite notamment nouer des liens renforcés avec les établissements scolaires et universitaires. Christophe Vallernaud et Laurent Tourreau seront particulièrement mobilisés sur ce volet.
Dans le domaine sportif, Passion 1937 ambitionne également de travailler avec les autres grandes institutions nîmoises, notamment le Rugby Club Nîmois et l’USAM, mais aussi plus largement avec l’ensemble du tissu sportif local.
« Plus on additionne les forces de mobilisation, mieux ce sera », résume Thierry Cenatiempo.
En 2027, « 12 mois, 12 engagements »
L’année 2027, qui marquera les 90 ans du club, constituera le véritable lancement opérationnel du fonds.
Mais Thierry Cenatiempo prévient : « Ce fonds de dotation aurait vu le jour avec ou sans les 90 ans. » L’anniversaire constitue néanmoins une occasion idéale pour donner de l’ampleur au projet.
« On ne va pas fêter une date, mais une année entière. »
Passion 1937 prévoit ainsi une opération baptisée « 12 mois, 12 engagements », avec au minimum une grande action RSE chaque mois, construite autour d’une association locale et d’un partenaire économique appelé à jouer le rôle de « locomotive ».
Parmi les thèmes déjà envisagés figurent l’alimentation, la libération de la parole, l’inclusion, le sport, la transmission ou encore la protection de l’environnement.
Le mois de janvier devrait être consacré au thème « se nourrir », autour de trois axes : collecter, sensibiliser et partager.
La Banque Alimentaire devrait être associée à cette première opération, avec plusieurs projets envisagés : collecte, loto solidaire, repas au stade ou interventions auprès des jeunes. Le club souhaite également aborder les questions de nutrition afin d’expliquer l’importance d’une alimentation équilibrée.
« En deux mois de travail, on a déjà identifié et planifié beaucoup de choses », précise Laurent Tourreau.
Pour chaque action, une association sera bénéficiaire tandis qu’un sponsor accompagnera le projet en apportant des moyens humains, matériels, financiers ou de communication.
Une gouvernance indépendante du club
Le fonds de dotation disposera de sa propre gouvernance.
Thierry Cenatiempo a notamment annoncé qu’il n’en serait pas le président. « C’est important de dissocier. » L’objectif est de conserver un lien fort avec le Nîmes Olympique tout en garantissant une véritable autonomie à Passion 1937.
Le futur conseil d’administration doit réunir différentes composantes de l’environnement du club : supporters, bénévoles, jeunes, partenaires, associations, institutions, médias, anciens joueurs et anciens éducateurs.
Environ 50 % de cette gouvernance est déjà constituée après une première réunion organisée au début de l’été. Elle doit être finalisée au mois de septembre.
Les différents membres devraient ensuite être répartis en trois groupes de travail correspondant aux trois temporalités du projet : célébrer et préserver le passé, agir au présent et préparer le futur.
Une présentation officielle des représentants et des partenaires du fonds de dotation est d’ores et déjà programmée le 3 octobre, en marge de la rencontre face à Hyères.
Préparer le futur centre de formation et les infrastructures
Le troisième pilier de Passion 1937 concerne directement l’avenir du Nîmes Olympique.
La formation constitue évidemment un enjeu majeur. Le club, aujourd’hui pensionnaire de National 2, espère retrouver à terme le statut professionnel, une étape indispensable avant d’envisager le retour d’un agrément pour son centre de formation.
« Aujourd’hui, on travaille à faire au mieux avec les moyens du jour. Mais il faut aussi préparer les moyens de demain », explique Thierry Cenatiempo.
Le fonds souhaite également travailler sur les problématiques d’infrastructures et se positionner comme force de proposition.
Le président doit notamment rencontrer prochainement une association spécialisée dans la mobilité des personnes à mobilité réduite. L’idée est d’intégrer pleinement ces problématiques dans les réflexions autour d’une future rénovation du stade, en collaboration avec la Ville.
« Il faut permettre de venir au stade et de voir le match dans de bonnes conditions. »
« Être un véritable acteur social du territoire »
Pour construire Passion 1937, Thierry Cenatiempo explique avoir étudié les initiatives développées par plusieurs grandes institutions sportives françaises, comme Montpellier Handball, l’Olympique de Marseille ou le Stade Toulousain.
Mais le président nîmois estime que son club possède un atout particulier, malgré sa présence actuelle au quatrième échelon national.
« On est le Nîmes Olympique et on est aussi un club de D4. Il faut jouer sur cette particularité d’être le NO. Certains clubs de Ligue 1 ou de Ligue 2 n’ont pas notre capacité de mobilisation. »
Le club revendique notamment une dynamique croissante autour de ses bénévoles, avec environ 60 personnes inscrites cette saison, ainsi qu’un objectif de 250 partenaires économiques.
Pour Thierry Cenatiempo, cette force collective doit désormais être mise au service d’actions dépassant les résultats sportifs.
Avec Passion 1937, le Nîmes Olympique entend ainsi utiliser son histoire et sa popularité pour devenir « un véritable acteur social du territoire », fédérer les forces locales et installer dans la durée certaines des actions qui seront lancées dès 2027.
Une façon, pour le club, de rappeler que son avenir ne se jouera pas uniquement chaque samedi soir sur un terrain.



