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Saint-Étienne-des-Sorts : les habitants rejettent les projets d’extension de la carrière et de déchèterie professionnelle

Les habitants de Saint-Étienne-des-Sorts étaient appelés aux urnes ce dimanche 13 septembre pour se prononcer sur deux projets portés par le groupe Rouméas : l’extension de la carrière et la création d’une déchèterie professionnelle. Avec une participation de 64,52 %, les Stéphanois ont rejeté les deux propositions. Le maire Stéphane Marcelin annonce que la municipalité ne modifiera pas le Plan local d’urbanisme nécessaire à leur réalisation. Le collectif opposé aux projets y voit un message sans ambiguïté, tandis qu’Anthony Rouméas prend acte du résultat mais entend poursuivre les études et le dialogue.

260 votants et plus de 87 % de « non »

Sur les 403 électeurs inscrits à Saint-Étienne-des-Sorts, 260 ont participé à la consultation citoyenne, soit un taux de participation de 64,52 %.

Concernant le projet d’extension de la carrière Rouméas, 228 électeurs ont voté contre, soit 87,69 % des votants. Seulement 24 se sont prononcés favorablement. Huit bulletins n’ont donc exprimé ni oui ni non sur cette question.

Le rejet est encore plus important concernant la création d’une déchèterie professionnelle. 238 habitants ont voté contre, soit 91,54 % des votants, contre 19 favorables. Trois bulletins n’ont pas exprimé de choix sur cette seconde question.

Parallèlement au scrutin organisé par la commune, la pétition initiée par le collectif opposé aux projets a recueilli 270 signatures. Ses responsables soulignent que tous ses signataires n’ont pas nécessairement pu participer à la consultation.

Les résultats viennent ainsi confirmer l’opposition exprimée ces dernières semaines autour de projets qui nécessiteraient notamment une évolution du Plan local d’urbanisme sur certaines parcelles aujourd’hui classées agricoles.

Stéphane Marcelin : « Notre réponse est non à la modification du PLU »

Pour le maire Stéphane Marcelin, le résultat est suffisamment net pour que la municipalité en tire les conséquences.

« Notre réponse est non à la modification du PLU. Il y a 64 % de votants, c’est un beau score de participation et le résultat est parlant », réagit l’édile à l’issue du dépouillement.

Le conseil municipal doit se réunir jeudi avec, notamment, l’approbation des résultats de la consultation à l’ordre du jour.

Pour le maire, la position politique de la commune est désormais établie : le conseil municipal n’est pas favorable aux projets tels qu’ils sont aujourd’hui présentés et ne procédera pas à la modification du PLU nécessaire à leur réalisation.

La consultation n’a certes pas la valeur juridique d’un référendum décisionnel, mais la municipalité avait précisément souhaité donner directement la parole aux Stéphanois avant d’aller plus loin.

Avec près de deux électeurs inscrits sur trois venus voter et des résultats dépassant largement les 85 % d’opposition, Stéphane Marcelin considère que le message envoyé par les habitants ne peut être ignoré.

Le collectif : « Les Stéphanoises et les Stéphanois se sont exprimés »

Du côté du collectif opposé aux projets, Alain Dazon retient avant tout l’ampleur du résultat.

« Les Stéphanoises et les Stéphanois se sont exprimés. Ils ont rejeté massivement l’extension de la carrière et la création d’une déchèterie privée professionnelle », réagit-il.

Le collectif rappelle que le maire avait lui-même choisi de consulter la population et estime que l’engagement politique pris avant le scrutin doit désormais être respecté. « Même si nous savons que ce vote n’a pas de valeur juridique, il n’en reste pas moins que l’engagement politique pris par le conseil municipal demeure. Nos élus, le maire en tête, ont eu le courage et la lucidité d’organiser cette consultation. »

Les opposants demandent désormais à Rouméas de « respecter la volonté de la population ». Pour Alain Dazon et les membres du collectif, les arguments économiques ou les engagements avancés par Rouméas ces derniers jours ne lèvent pas les inquiétudes concernant le paysage, les terres agricoles, la circulation, l’environnement ou plus largement le cadre de vie.

« Les Stéphanoises et les Stéphanois n’ont pas vocation à subir les choix d’une société privée et à abandonner leur qualité de vie, leur environnement et l’avenir de leurs enfants », affirme le collectif.

Celui-ci entend donc poursuivre sa mobilisation. Il appelle les habitants et les personnes sensibles à la défense de l’environnement et du patrimoine local à le rejoindre pour les prochaines étapes du dossier.

Car pour les opposants, malgré le résultat obtenu dimanche, la bataille n’est pas nécessairement terminée. Ils savent que la consultation ne bloque pas juridiquement la poursuite des études et souhaitent donc rester mobilisés pour que le résultat du scrutin se traduise durablement dans les décisions à venir.

Anthony Rouméas : « Le projet définitif n’existe pas encore »

Face au résultat, Anthony Rouméas indique pour sa part en « prendre acte », tout en maintenant les réserves qu’il exprimait déjà avant le scrutin sur son calendrier.

L’entreprise avait d’ailleurs adressé avant la consultation un courrier recommandé à la mairie pour demander son report. « Nous avons contesté la forme et surtout le calendrier de cette consultation avant même qu’elle ait lieu parce que les études commencent seulement et que le projet peut encore évoluer », rappelle Anthony Rouméas.

Selon lui, les habitants ont été amenés à se prononcer alors que les études environnementales, agricoles et paysagères ne sont pas achevées, que le périmètre de l’extension peut encore évoluer et que le phasage sur plusieurs décennies reste à définir. « À ce jour, le projet définitif n’existe pas encore », insiste l’entreprise.

Le groupe Rouméas rappelle également que plusieurs évolutions ont déjà été décidées après les premières discussions. Le stockage d’amiante et de produits dangereux a été abandonné, tout comme le projet de centre de massification initialement envisagé à Saint-Étienne-des-Sorts. Le projet aujourd’hui étudié se limite donc, sur ce volet, à une déchèterie professionnelle de proximité où les différents flux seraient triés avant d’être envoyés vers les filières de traitement ou de recyclage adaptées.

Anthony Rouméas ne souhaite ainsi ni demander l’organisation d’un nouveau vote municipal, ni interrompre les études. Il entend désormais approfondir les discussions avec les viticulteurs, la cave, l’ASA, les habitants et la commune, particulièrement sur les questions agricoles, l’irrigation, le phasage de l’exploitation ou l’éventuelle évolution du périmètre.

« Notre objectif n’est pas de nous opposer à ceux qui sont contre. Je veux comprendre leurs arguments et leurs craintes. S’ils mettent en évidence une difficulté réelle, nous devons l’étudier et rechercher une solution », affirme le chef d’entreprise.

Enfin, Anthony Rouméas souligne également que les portes ouvertes organisées les 11 et 12 septembre ont été très peu fréquentées, malgré la volonté affichée de permettre aux habitants de découvrir directement le fonctionnement du site. Une nouvelle journée portes ouvertes, programmée de longue date le 14 octobre, est donc maintenue.

L’entreprise rappelle enfin que la consultation municipale est distincte de la future procédure réglementaire. Si les études sont poursuivies jusqu’au dépôt d’un dossier, celui-ci devra faire l’objet d’une instruction et d’une participation du public sur la base des études complètes.

Un résultat politique clair, mais des études qui pourraient continuer

Le scrutin du 13 septembre marque donc un tournant dans ce dossier. Politiquement, la commune ferme aujourd’hui la porte à la modification de son PLU, condition indispensable aux projets envisagés sur les terrains concernés.

Pour autant, Rouméas entend continuer à étudier les possibilités d’évolution de son projet et à rechercher des solutions susceptibles de répondre aux préoccupations exprimées.

Deux lectures se font ainsi face au lendemain de la consultation : celle du collectif, qui considère que le vote doit conduire l’entreprise à renoncer aux projets à Saint-Étienne-des-Sorts, et celle de l’entreprise Rouméas, qui estime que les habitants ont été interrogés beaucoup trop tôt pour que le scrutin constitue un jugement définitif sur un projet encore en construction.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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