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Nîmes : CAMARGA, un nouveau salon pour faire vivre les traditions camarguaises, verra le jour en juin 2027

La Chambre de commerce et d’industrie du Gard a dévoilé ce vendredi 9 octobre un nouveau rendez-vous consacré aux traditions camarguaises. Baptisé CAMARGA, ce salon inédit se tiendra les 11, 12 et 13 juin 2027 au Parc des Expositions de Nîmes. Pendant trois jours, manadiers, gardians, artisans, producteurs, associations et passionnés se retrouveront pour faire découvrir au grand public toute la richesse de la culture camarguaise. Un événement qui entend conjuguer transmission des traditions et développement économique.

Après le succès du Salon de la moto, la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) du Gard poursuit sa volonté de développer de nouveaux événements au Parc des Expositions de Nîmes. Son président, Éric Giraudier, a présenté ce nouveau projet aux côtés d’Agnès Spaeth, membre associée de la CCI du Gard et initiatrice de ce rendez-vous.

« Nous avons racheté le Parc des Expositions, non pas pour avoir un bâtiment, mais pour investir, le remettre à niveau et y développer des événements avec des retombées économiques, culturelles et touristiques », a rappelé Éric Giraudier. Des travaux de modernisation doivent d’ailleurs être engagés sur une période de 18 mois, sans empêcher l’organisation de ce premier salon.

Avec CAMARGA, la CCI souhaite créer un événement d’envergure nationale, capable de réunir les acteurs des traditions camarguaises du Gard, des Bouches-du-Rhône, de l’Hérault et même du Vaucluse.

« Notre objectif n’est pas de mettre nos traditions sous cloche »

À l’origine du projet, Agnès Spaeth, profondément attachée à la culture camarguaise, souhaite avant tout répondre aux difficultés rencontrées par les professionnels de cette filière.

Maladies touchant les élevages, augmentation des charges, multiplication des contraintes administratives ou encore difficultés d’assurance : les manadiers et organisateurs de manifestations taurines traversent une période compliquée.

« La Camargue, ce n’est pas une image, un paysage ou un folklore. Ce sont des hommes et des femmes qui travaillent, qui transmettent, qui élèvent, qui fabriquent, qui créent et qui font vivre une culture », a insisté l’organisatrice.

Pour elle, l’enjeu dépasse largement l’organisation d’un simple salon. Il s’agit de préserver un patrimoine vivant tout en permettant à ceux qui le font vivre de continuer à exercer leur activité.

« Une tradition qui ne se transmet plus disparaît. Une tradition qui ne permet plus à ceux qui la font vivre d’en vivre disparaît. Notre objectif n’est pas de mettre nos traditions sous cloche, mais de leur permettre de continuer à vivre », a-t-elle souligné.

Une immersion au cœur de la Camargue

Pour cette première édition, les organisateurs promettent une expérience immersive, bien éloignée des salons traditionnels.

L’ambition est de transformer le Parc des Expositions de Nîmes en un véritable village camarguais, avec une scénographie utilisant notamment des matériaux naturels.

« Je veux que lorsque les visiteurs entrent, ils aient l’impression que nous avons déplacé la Camargue à Nîmes », explique Agnès Spaeth.

À l’intérieur, les visiteurs découvriront les métiers, les costumes, l’artisanat, la gastronomie et les savoir-faire du territoire. Contrairement aux salons classiques, les exposants ne seront pas installés dans des stands fermés par des cloisons blanches. L’objectif est de favoriser la circulation, les rencontres et les échanges dans un décor authentique.

À l’extérieur, place au vivant, avec la présence de chevaux, de taureaux et de professionnels des traditions camarguaises.

Des démonstrations de maréchalerie et de ferronnerie sont notamment envisagées, tout comme des spectacles équestres, des présentations de manades et des animations autour des traditions taurines.

La gastronomie occupera également une place importante, avec la valorisation des produits emblématiques du territoire : riz de Camargue, viande de taureau, vins des Sables, sel et autres spécialités locales.

Des écoles de raseteurs et des animations pour les enfants

La transmission aux jeunes générations constituera l’un des fils conducteurs de CAMARGA.

Parmi les projets évoqués figure l’organisation d’un rassemblement des écoles de raseteurs, avec la volonté de faire participer des jeunes venus de différents territoires camarguais, du secteur de Pérols jusqu’aux Saintes-Maries-de-la-Mer.

Les organisateurs souhaitent également proposer des démonstrations de courses camarguaises et des activités pédagogiques.

La Fédération française de la course camarguaise pourrait notamment être associée à l’événement, avec ses dispositifs destinés aux enfants, comprenant des arènes gonflables et des animations de découverte.

Un espace consacré à l’histoire des traditions camarguaises est également à l’étude. Il pourrait permettre d’expliquer au public les origines des abrivados, des bandidos, de la course camarguaise ou encore les différences entre les traditions taurines locales et la corrida.

« Beaucoup de personnes connaissent la Camargue de nom, mais pas véritablement ses traditions. Il faut leur expliquer ce qu’elles représentent », ont souligné plusieurs membres du comité d’organisation.

Des ambassadeurs pour représenter les traditions

Pour construire cet événement, Agnès Spaeth a souhaité s’entourer de professionnels et de passionnés directement impliqués dans la vie camarguaise.

Deux premiers ambassadeurs ont été dévoilés.

Carole Doulaud, de la Conciergerie de l’Arlésienne, représentera l’univers des Arlésiennes, des costumes traditionnels, de la langue provençale et des savoir-faire associés.

Bérenger Aubanel, manadier et capitaine de la Nacioun Gardiano, portera quant à lui les traditions liées à l’élevage camarguais et à la culture gardiane.

D’autres personnalités devraient progressivement rejoindre le projet afin de représenter les différentes thématiques du salon.

La jeune manadière Isabé Teyssier, de la manade de la Vidourlenque à Aubais, est également associée à cette démarche. Elle incarne cette nouvelle génération de professionnels attachés à la défense et à la transmission des traditions.

Plusieurs clubs taurins participent également aux réflexions, dont le club taurin La Bourgine d’Aubais, qui célébrera ses 80 ans en 2027, et le Caperan, fondé en 1986.

Patrick Garcia, engagé depuis plusieurs décennies dans les traditions taurines, a rappelé l’importance économique de ces manifestations pour les villages.

« Les traditions, c’est notre territoire, l’amour du taureau et du cheval. Mais derrière, il y a aussi l’agriculture, le tourisme et toute une économie. C’est un ensemble qu’il faut défendre », a-t-il expliqué.

Un salon culturel, mais aussi économique

Au-delà de son ambition culturelle, CAMARGA entend devenir une véritable vitrine économique.

Éleveurs, artisans, créateurs de vêtements traditionnels, producteurs agricoles, professionnels du tourisme, restaurateurs et entreprises de l’événementiel pourront présenter leurs activités.

Élisabeth, également élue à la CCI du Gard, sera notamment chargée d’accompagner les futurs exposants, dont certains n’ont encore jamais participé à un salon professionnel.

Pour Éric Giraudier, cette dimension économique est indissociable de la préservation des traditions.

Le président de la CCI a notamment comparé la Camargue à un terroir viticole, façonné par les interactions entre l’homme, les animaux et l’environnement au fil des siècles.

« La Camargue est un écosystème unique en Europe. Il faut la protéger, mais aussi accompagner, soutenir et défendre ceux qui la font vivre », a-t-il insisté.

L’événement ambitionne également de générer des retombées touristiques. Les organisateurs espèrent que les visiteurs profiteront de leur venue pour découvrir les villages, les manades, les fêtes et les producteurs du territoire.

Un rendez-vous appelé à durer

Si le programme détaillé reste à construire, les grandes orientations sont désormais fixées. Des réunions thématiques seront organisées dans les prochains mois pour préciser les animations, les démonstrations et la participation des professionnels.

Le nombre d’exposants n’est pas encore arrêté, tout comme les tarifs d’entrée. Agnès Spaeth a toutefois insisté sur sa volonté de proposer un événement accessible aux familles.

La CCI du Gard affiche déjà son ambition de pérenniser CAMARGA et d’en faire un rendez-vous incontournable des traditions camarguaises, sans envisager pour l’instant de le déplacer de Nîmes.

Pour Éric Giraudier, le Parc des Expositions, avec ses espaces intérieurs, extérieurs et ses parkings, constitue un équipement particulièrement adapté à ce type de manifestation.

Avec ce nouveau salon, la CCI poursuit également sa stratégie de développement événementiel. Deux autres projets de salons sont actuellement à l’étude, dont un pourrait voir le jour dès 2027.

Rendez-vous les 11, 12 et 13 juin 2027 au Parc des Expositions de Nîmes pour la première édition de CAMARGA, avec une ambition clairement affichée : faire découvrir les traditions d’hier, soutenir ceux qui les font vivre aujourd’hui et donner aux générations de demain l’envie de les perpétuer.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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