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Saint-Paulet-de-Caisson : près de trois siècles d’histoire minière évoqués le temps d’une soirée

Le 8 octobre, près de trois siècles de passé industriel minier ont été évoqués lors d’une soirée organisée à Saint-Paulet-de-Caisson.

Le visiteur, randonneur, touriste ou simple passant peut s’étonner de découvrir une berline de mine transformée en jardinière sur la promenade Saint-Paul, près de la mairie.

La clé de l’énigme a été donnée par l’Amicale des anciens mineurs, en partenariat avec l’Université populaire du Gard rhodanien. Un exposé consacré à l’histoire du sous-sol et à la vie du village a permis de se replonger dans ce pan du patrimoine local, à préserver de l’oubli.

Héritier d’une famille de mineurs, Serge Rehm a prêté sa voix à cette présentation intitulée « Une si petite mine ».

Près de 150 personnes ont répondu à l’invitation. Plongés dans le quotidien des habitants d’autrefois, les auditeurs ne sont pas restés sur le carreau.

La particularité géologique du gisement saint-paulétois réside dans sa faible profondeur : moins de 100 mètres et, par endroits, une veine affleurant la surface. Le lignite, combustible intermédiaire entre la tourbe et la houille, possède un pouvoir calorifique médiocre, mais ne produit pas de méthane, contrairement au grisou tant redouté dans les galeries.

L’absence d’archives rend difficile l’établissement d’une chronologie précise de cette activité. À l’origine, les propriétaires fonciers extrayaient artisanalement le lignite pour leur consommation personnelle. Ces exploitations sauvages, abandonnées sans déclaration ni cartographie, ont par la suite entraîné de sérieux problèmes. La première concession remonte au Premier Empire.

Dans les années 1930, une usine pilote avait été implantée sur le site pour expérimenter un procédé breveté, présenté comme révolutionnaire, destiné à produire un carburant de haute qualité. Une idée boudée en France, mais qui aurait ensuite été reprise par les Américains.

À l’époque, pas d’ascenseur comme dans les mines modernes : les travailleurs accédaient au filon par des échelles. On imagine les difficultés rencontrées par un ouvrier victime d’un accident, d’une foulure ou d’une fracture, lors de sa remontée vers la surface.

Les conditions de travail étaient particulièrement pénibles. Éclairés à la lampe à acétylène à partir de 1902, les « gueules noires » travaillaient assis ou agenouillés, en raison de la faible épaisseur des couches exploitées, qui ne dépassait pas un mètre. Adopter une posture plus confortable aurait nécessité d’évacuer des volumes considérables de matériaux stériles, augmentant fortement les coûts d’exploitation dans ces galeries souterraines.

La majorité des ouvriers étaient des mineurs-paysans, qui travaillaient rarement à temps plein. Durant la Seconde Guerre mondiale, les effectifs ont été portés à une centaine d’ouvriers, afin de soustraire le plus grand nombre possible d’hommes au Service du travail obligatoire (STO).

Une vitrine-musée est installée dans la bibliothèque municipale. Elle rassemble des outils et des accessoires utilisés par les travailleurs du charbon, ainsi qu’un remarquable échantillon de lampes de mineurs, dont le nombre et la diversité méritent le détour.

Pour aller plus loin

Inspirée de la brochure de Serge Mercier, Une si petite mine (15 €), cette présentation invite à découvrir un pan méconnu de l’histoire locale.

Brochure disponible à la mairie et à la bibliothèque de Saint-Paulet-de-Caisson.

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