Connaux : six mois après son élection, le maire Yves Creysson défend son bilan et répond aux tensions au sein du conseil municipal

Six mois après son arrivée à la tête de la commune de Connaux, Yves Creysson dresse un premier bilan de son mandat dans un climat politique particulièrement tendu. Après un conseil municipal houleux, marqué par des désaccords entre élus et plusieurs départs, le maire revient sur les divisions qui traversent sa majorité. Il défend ses décisions, notamment concernant la gestion du centre Lucien-Laville, et réaffirme sa volonté de poursuivre son engagement au service des Connaulais.
Six mois après les élections municipales, Yves Creysson imaginait sans doute un premier bilan dans une atmosphère plus sereine. Le maire de Connaux avait prévu de revenir sur ses premiers mois de mandat, les projets engagés et les perspectives pour la commune. Mais les tensions apparues au sein de son équipe municipale ont largement pris le dessus sur cette première période de gestion.
« La situation actuelle me semble bien loin de ce pourquoi les Connaulais nous ont élus », regrette-t-il, quelques jours après un conseil municipal particulièrement agité.
Une majorité municipale profondément divisée
Au cœur des tensions, les désaccords entre le maire et plusieurs membres de son équipe, notamment sa première adjointe. Yves Creysson explique avoir progressivement constaté des difficultés de fonctionnement et de collaboration avec celle sur laquelle il comptait pourtant beaucoup au début du mandat.
« Forte de ses années en mairie, elle était pour moi l’adjointe et la conseillère idéale, car rompue au travail de mairie », reconnaît-il.
Mais selon le maire, les relations se seraient rapidement dégradées. Il reproche notamment à sa première adjointe un manque d’implication dans les réunions, des prises de décision sans concertation et des divergences dans la conduite des affaires municipales. Des accusations qui relèvent, à ce stade, de sa version des faits.
Face à cette situation, Yves Creysson indique lui avoir demandé de quitter ses fonctions d’adjointe, tout en conservant son siège au conseil municipal. Une proposition qu’elle aurait, selon lui, initialement acceptée.
La crise ne s’est toutefois pas arrêtée là. Le maire évoque désormais l’existence d’un groupe d’élus qu’il qualifie de « dissidents », souhaitant son départ ainsi que celui de plusieurs conseillers qui lui sont restés fidèles.
« Ils veulent être sept afin de refaire des élections. Pourquoi ? Pour qui ? Je ne sais pas », s’interroge-t-il.
Selon Yves Creysson, plusieurs élus envisageraient de démissionner à la fin du mois d’octobre. Une perspective qui pourrait accentuer l’instabilité politique locale, même si d’éventuelles démissions ne provoqueraient pas automatiquement de nouvelles élections municipales. Cette éventualité dépendrait notamment du nombre de sièges devenus vacants et des possibilités de remplacement au sein du conseil.
Malgré ces difficultés, le maire assure pouvoir compter sur sept élus qui lui restent fidèles et qui continuent, selon lui, à participer au fonctionnement de la collectivité.
Centre Lucien-Laville : une nouvelle gestion au cœur des désaccords
Parmi les principaux sujets ayant alimenté les débats lors du dernier conseil municipal figure la gestion du centre Lucien-Laville, équipement communal accueillant aussi bien des activités sportives que des manifestations associatives, culturelles et privées.
Yves Creysson défend la volonté de son équipe de clarifier les conditions d’utilisation de cet équipement.
Il explique que plusieurs réunions de travail ont été organisées sous la responsabilité de Martine Hourtal, vice-présidente de la commission concernée, afin d’élaborer deux règlements distincts : l’un destiné aux manifestations et locations ponctuelles, l’autre aux associations sportives et culturelles dans le cadre de leurs activités régulières.
« La multiplicité des offres pour l’utilisation de ce centre rendait cette distinction nécessaire », explique le premier magistrat.
Pour le maire, ces nouvelles dispositions doivent permettre de mieux organiser les réservations, de responsabiliser les utilisateurs et de maîtriser les dépenses de fonctionnement, notamment celles liées au chauffage, à l’électricité et à l’entretien des locaux.
Il regrette que les discussions du conseil municipal aient, selon lui, entretenu une confusion entre les deux règlements, empêchant d’expliquer sereinement les mesures envisagées.
« Je ne suis jamais seul, je ne décide jamais seul pour ce qui impacte la vie de la commune », insiste Yves Creysson, qui rappelle le rôle des neuf commissions municipales associant élus de la majorité et de l’opposition.
Une participation de 50 euros qui cristallise les tensions
Autre point de friction : la possibilité de demander une participation financière aux associations utilisant le centre Lucien-Laville pour organiser des repas.
Le maire précise qu’un tarif préférentiel de 50 euros avait été évoqué pour ces occasions, avec la possibilité de maintenir certaines mises à disposition gratuites selon leur nature.
L’objectif affiché serait de contribuer aux frais de fonctionnement du bâtiment, mais également de ne pas créer une concurrence avec les établissements privés de la commune.
« Je ne veux pas concurrencer les commerces locaux », explique-t-il, citant notamment le camping, Le Perroquet 2 et Le Petit Gourmand, qui proposent également des prestations pour l’organisation de repas ou de manifestations.
C’est notamment l’application envisagée de cette participation aux douze réservations annuelles des footballeurs vétérans qui aurait provoqué une vive opposition.
Pour Yves Creysson, la question dépasse largement les 50 euros demandés. Elle traduit une différence de conception sur la gestion des équipements communaux et sur la nécessité de maîtriser les dépenses publiques.
Des badges pour sécuriser les accès
La mise en place d’un système de badges au centre Lucien-Laville a également suscité des interrogations.
Jusqu’à présent, explique le maire, de nombreuses clés circulaient entre les utilisateurs, rendant difficile le contrôle des accès.
Le nouveau dispositif doit, selon lui, permettre de mieux identifier les personnes autorisées à entrer dans l’établissement, tout en renforçant la sécurité des usagers, particulièrement des enfants et des jeunes sportifs.
« Je suis persuadé que c’est une mesure de sécurité évidente pour toutes les familles », affirme-t-il.
Yves Creysson assure que le principe avait précédemment recueilli un accord lors des réunions préparatoires et regrette sa remise en question pendant le conseil municipal.
Fête votive : 2 000 euros d’économies également discutés
Le maire revient également sur la polémique concernant une somme de 2 000 euros liée à l’organisation de la fête votive.
Selon ses explications, deux élus ont assuré quotidiennement le ramassage des déchets pendant les festivités, permettant d’éviter le recours à une entreprise extérieure.
Les 2 000 euros ainsi économisés devaient, d’après lui, être consacrés à l’acquisition de décorations de Noël pour le village, dans le cadre d’un accord entre le comité des fêtes et la commission municipale chargée des associations.
Une opération que le maire présente comme une démarche de bonne gestion, destinée à réorienter des moyens financiers vers un autre projet bénéficiant aux habitants.
Face aux contestations, il indique toutefois que la municipalité pourrait procéder différemment à l’avenir.
Le départ de Fanny Gressier, adjointe chargée des écoles
Les divisions municipales ont également conduit au départ de Fanny Gressier de ses fonctions d’adjointe, une décision qu’Yves Creysson dit regretter.
Le maire souligne d’abord son investissement dans les questions scolaires et périscolaires, la présentant comme une interlocutrice de qualité entre les établissements, les services et la municipalité.
Il affirme avoir été surpris par sa décision, motivée par un manque de confiance envers le maire et la mairie.
Selon lui, une réunion organisée peu avant son départ avait pourtant permis d’aborder plusieurs projets pour les équipements scolaires : remise aux normes électriques, amélioration des systèmes d’alarme incendie et anti-intrusion, formation du personnel périscolaire aux procédures d’évacuation, ainsi que réfection du portail et de la toiture de la cantine.
Ces interventions étaient alors au stade de la réflexion, avant d’éventuelles demandes de devis et une programmation des travaux en dehors du temps scolaire.
Yves Creysson précise également qu’une demande de photocopieur formulée par l’élue avait été acceptée et que l’appareil avait depuis été installé.
Le maire dit ainsi ne pas comprendre les raisons de cette rupture de confiance, tout en mettant en doute les motivations avancées. Fanny Gressier n’a toutefois pas livré sa version des faits dans cet entretien.
Six mois de mandat dominés par les questions de fonctionnement
Au-delà des polémiques, Yves Creysson souhaite défendre une méthode de gestion reposant sur la concertation au sein des commissions, l’encadrement des équipements municipaux, la sécurité des installations et la recherche d’économies.
Le centre Lucien-Laville, les investissements envisagés dans les écoles ou encore l’organisation des manifestations communales constituent les principaux dossiers qu’il met en avant au terme de ces six premiers mois.
Mais le bilan politique reste marqué par une crise interne dont les conséquences pourraient peser sur la suite du mandat.
Pour le maire, ces tensions éloignent les élus de leurs responsabilités premières. Il déplore des motivations qu’il juge « bien floues » et estime que les désaccords personnels ont pris une place disproportionnée dans la vie municipale.
Alors que de nouvelles démissions sont évoquées pour la fin du mois d’octobre, Yves Creysson entend poursuivre son mandat et maintenir le fonctionnement de la mairie. Reste désormais à savoir si le conseil municipal pourra retrouver une stabilité suffisante pour mener à bien les projets annoncés.



