A la UneActualitésAlès Agglo

Assemblée générale de l’AMF 30 : les élus du Gard réunis pour défendre la ruralité et la démocratie locale

Ce jeudi, l’Association des maires et présidents d’intercommunalités du Gard (AMF 30) tenait son assemblée générale annuelle en marge du 9eme salon des communes et intercommunalités du Gard. Un moment solennel pour cette dernière assemblée générale avant les prochaines élections municipales de Mars 2026. Une AG placée sous le signe de l’engagement républicain, du soutien aux élus de proximité et des défis spécifiques des territoires ruraux. Tour d’horizon de cette rencontre essentielle pour les élus locaux.

Un moment de respiration dans une fin de mandat tendue

C’est par un mot d’accueil chaleureux que Philippe Ribot, président de l’AMF 30 et maire de Saint-Privat-des-Vieux, a ouvert la séance, se félicitant de la présence nombreuse des élus gardois. « Cette assemblée générale est un moment de respiration dans notre agenda au combien chargé», a-t-il souligné, rappelant le contexte difficile de fin de mandat municipal et intercommunal.

Dans une courte vidéo introductive, l’AMF a rappelé les fondements de son action : la défense pluraliste des intérêts des collectivités, un appui juridique et technique constant, et un rôle de porte-voix auprès des partenaires institutionnels et privés. Créée en 1998, l’AMF 30 est aujourd’hui « un outil indispensable de dialogue et de solidarité territoriale », selon son président.

La vice-présidente de l’Association des maires de France (AMF), Murielle Fabre, a livré un discours de remobilisation, saluant avec émotion l’engagement des élus du Gard et la richesse de leurs territoires. « Notre France est belle, et ce que je vois ici en est la preuve », a-t-elle déclaré, soulignant à la fois la beauté du patrimoine local et la résilience des maires face aux crises successives : sanitaire, économique, institutionnelle. Elle a insisté sur le rôle fondamental des élus de terrain, qui continuent d’agir malgré les incertitudes et un contexte souvent éprouvant.

Murielle Fabre a particulièrement insisté sur la situation préoccupante des élus victimes de violences et sur le nombre croissant de démissions. Elle a rappelé que l’AMF se mobilise fortement pour améliorer le statut de l’élu et faire progresser les protections juridiques et fonctionnelles. « L’isolement ne doit plus être la norme. Un maire agressé ne doit plus être un maire abandonné », a-t-elle martelé. Le travail de l’AMF avec la justice, les procureurs et l’État vise à garantir un meilleur accompagnement, une réponse rapide, et surtout le respect de l’autorité territoriale. « Ce que vous faites au quotidien est extraordinaire », a-t-elle conclu, avec un message de reconnaissance appuyée à tous les élus présents.

Défendre les élus, soutenir la ruralité

Très engagé dans la défense des maires et présidents d’EPCI, Philippe Ribot a longuement évoqué les difficultés rencontrées par les élus de terrain : surcharge de travail, complexité administrative, agressivité croissante de certains citoyens.
Rejoignant les propos de la Ministre Françoise Gatel qui a indiqué que « Encore samedi dernier, dans notre département, un maire a démissionné, épuisé par les attaques », a-t-elle déploré, en référence à un phénomène national alarmant : plus de 13 000 élus ont quitté leurs fonctions en quatre ans.

Pour répondre à cette crise de vocation, le gouvernement a mis en place un plan national de lutte contre les atteintes faites aux élus, avec notamment un numéro d’assistance psychologique, un bouton d’alerte, et la désignation de référents gendarmerie. La ministre a également défendu avec force la proposition de loi transpartisane sur le statut de l’élu, adoptée à l’unanimité au Sénat et bientôt examinée à l’Assemblée nationale.

« Il faut offrir un cadre clair et protecteur à la mesure de l’engagement des élus locaux », a martelé Françoise Gatel.

France Ruralités et simplification administrative

Face aux enjeux spécifiques des territoires ruraux, la ministre Gatel a salué les avancées du plan France Ruralités, initié en 2023, notamment à travers les espaces France Services et le programme « Petites villes de demain ». Elle a aussi rappelé avoir lancé un tour de France de la ruralité pour évaluer l’efficacité du plan au plus près des territoires.

Dans le même esprit, Françoise Gatel a appelé à une simplification des normes, une revalorisation du métier de secrétaire de mairie, et une meilleure protection juridique pour les élus. « Nous devons adapter nos politiques publiques à la diversité de nos territoires. »

Une AMF 30 mobilisée toute l’année

Dans son rapport moral, Christophe Serre, maire de Saint-Paulet-de-Caisson et vice-président de l’AMF 30, a détaillé les nombreuses actions menées par l’association en 2024. Réunions thématiques, formations, ateliers, représentations dans les instances nationales et régionales, soutien juridique : l’AMF 30 n’a pas ménagé ses efforts.

« Notre vocation, c’est de créer du lien entre les élus, quelles que soient leurs sensibilités politiques. Nous défendons une République décentralisée, respectueuse des libertés locales », a-t-il affirmé.

L’association a multiplié les partenariats avec des organismes publics et privés pour valoriser les territoires, favoriser la formation, et accompagner les projets locaux. Elle a également pris part à des rencontres sur la transition écologique, l’aménagement du territoire, la gestion de l’eau, la prévention des risques naturels, ou encore le numérique et la simplification administrative.

L’assemblée générale a également permis de rendre un hommage aux élus disparus ces derniers mois.

En marge de cette assemblée générale, le sénateur du Gard Denis Bouad a livré une intervention dense, à la fois combative et teintée d’humour, dans laquelle il a salué le travail des élus locaux et la vitalité démocratique du département. Revenant sur le rapport d’activité de l’association, il a souligné l’importance du rôle des maires et présidents d’intercommunalité, souvent méconnu du grand public, mais essentiel au bon fonctionnement des territoires. Très critique envers la perte d’autonomie financière des collectivités locales, il a dénoncé la recentralisation rampante, notamment à travers la suppression de la taxe d’habitation et la dépendance accrue aux dotations d’État. « On ne peut plus parler de décentralisation quand l’État nous retire les leviers budgétaires », a-t-il lancé.

Il a plaidé pour un retour à plus de responsabilité pour les élus locaux, régionaux et départementaux, les seuls à même, selon lui, de répondre aux attentes concrètes des citoyens en matière de logement, de pouvoir d’achat ou encore de gestion de l’eau. Il a également rappelé les effets dramatiques du réchauffement climatique, qui touche durement le Gard, appelant à une véritable prise de conscience sur l’enjeu de la ressource en eau. Sur un ton plus personnel, Denis Bouad a évoqué ses récents soucis de santé, affirmant avec franchise : « Ce n’est pas la peine de publier un bulletin mensuel, je vais bien, et je reste encore un moment à vos côtés. » Fidèle à son style, il a conclu sur une note de sincérité : « Je n’ai peut-être pas l’opinion d’un candidat aux sénatoriales, mais j’ai celle d’un élu de terrain. » Une prise de parole engagée, fidèle à sa ligne de défense des territoires et de la démocratie locale.

De son côté, le sénateur Laurent Burgoa a pris la parole avec franchise et engagement lors de l’assemblée générale de l’AMF 30, apportant son soutien aux élus locaux, tout en livrant une analyse critique mais constructive du contexte législatif actuel. Il a d’abord salué la ministre Françoise Gatel pour son engagement en faveur du statut de l’élu, rappelant que le texte, voté à l’unanimité au Sénat il y a plus d’un an, est toujours en attente d’examen à l’Assemblée nationale. « C’est une attente forte, et un message de reconnaissance indispensable envers des élus parfois malmenés », a-t-il insisté, en évoquant le cas douloureux de la maire de Crespians, contrainte de démissionner après avoir subi des violences.

Sur la question de l’eau et de l’assainissement, Burgoa a défendu la loi votée récemment, qui redonne aux élus le choix de transférer ou non cette compétence, estimant que « ce n’est pas à Paris de décider pour nos communes ». Il a également mis en garde les maires contre une précipitation dans les révisions de documents d’urbanisme (PLU, SCOT), en lien avec la loi ZAN, dont les ajustements sont en cours d’examen : « Attendez un peu, la loi va évoluer. Ne prenez pas le risque de figer des contraintes que nous pourrons assouplir. »

Attaché à la défense des traditions locales, le sénateur a salué le travail réalisé par le Préfet du Gard, Jérôme Bonet, autour d’un guide de référence sur les festivités traditionnelles, et réaffirmé son soutien à la chasse et aux pratiques culturelles rurales. Enfin, il a annoncé l’arrivée prochaine d’une proposition de loi visant à renforcer les possibilités de dérogation préfectorale pour mieux adapter les normes aux réalités locales. « Il faut faire confiance au bon sens des préfets, et leur donner les moyens d’agir », a-t-il conclu, soulignant les blocages liés à l’administration centrale. Une intervention nourrie, marquée par un sens aigu de la proximité territoriale et de la responsabilité parlementaire.

Dans une époque marquée par les incertitudes politiques et les défis de proximité, cette assemblée générale de l’AMF 30 aura incarné ce que l’engagement local a de plus noble : le service désintéressé, le lien humain, et la fidélité aux valeurs républicaines.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page