Pont-Saint-Esprit inaugure sa maison de santé provisoire : « Une locomotive pour l’avenir »

Ce lundi soir, la ville a inauguré ses nouveaux locaux provisoires de la maison de santé, en présence du maire Valère Segal, du docteur Juge, de ses deux autres consœurs et de nombreux élus et professionnels de santé. Une étape qualifiée de « première rame d’un train » qui devra encore s’enrichir de wagons pour répondre aux besoins d’un territoire frappé de plein fouet par la désertification médicale.
Un symbole pour le territoire
« Ce bâtiment que nous ouvrons ce soir n’est pas seulement un lieu, c’est un symbole », a lancé Valère Segal dans son discours inaugural. Symbole, d’abord, d’un territoire qui se relève après des années d’échec dans la création d’une structure médicale collective. Le maire a rappelé que plusieurs projets avaient été portés depuis 2011, sans aboutir, laissant Pont-Saint-Esprit et ses environs dans une situation critique : « Il y a peu, il ne restait plus qu’un médecin installé en libéral sur la commune. »
Ces nouveaux locaux, installés au premier étage du centre de la Cazerne, réhabilité en un temps record, comprennent neuf box de consultation et accueilleront à terme quatre médecins généralistes (3 actuellement et une 4ème médecin généraliste en novembre), dont 3 sont des maîtres de stage universitaires chargés de former les internes et, bientôt, des docteurs juniors. L’arrivée d’un infirmier en pratique avancée (IPA) est également prévue. Objectif : bâtir une véritable maison de santé pluridisciplinaire, capable de fédérer médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, psychologues ou encore orthophonistes.
Mais Valère Segal a aussi insisté sur le caractère collectif de ce chantier : « Ce train ne suffira pas à faire monter toute la population. Il nous faudra d’autres wagons, d’autres professionnels, d’autres énergies. » Le maire a appelé l’Agglomération du Gard rhodanien, le Département, la Région, l’État et même l’Europe à « prendre toute leur place » pour accompagner l’effort.
« Ce n’est pas qu’un problème local »
Le docteur Juge, l’un des trois praticiens déjà engagés dans l’aventure, a pris la parole avec franchise et humour. « La désertification médicale, on en parle depuis longtemps. Ce n’est pas qu’un problème à Pont-Saint-Esprit, c’est national, régional, départemental. Mais ici, petit village au fond du Gard, on le subit peut-être encore plus de plein fouet », a-t-il expliqué.
Le médecin a salué les efforts déjà entrepris : protocoles de coopération avec infirmiers, formation d’infirmiers en pratique avancée, accueil d’internes et bientôt de docteurs juniors. Mais il a aussi rappelé les limites actuelles : « Tout ne sera pas parfait ici. On ne pourra pas prendre toutes les personnes qui nous demanderont de les accueillir. Aujourd’hui nous sommes quatre médecins, dont un en arrêt maladie. Notre objectif est d’avancer, mais il faudra du temps. »
Pour le praticien, ces nouveaux locaux constituent un tournant : « On avait œuvré depuis des années, mais il manquait un lieu commun où se retrouver. Désormais, on peut dire que ce cabinet est un outil pour tout le territoire, pas seulement pour Pont-Saint-Esprit. »
Une dynamique collective à poursuivre
Au-delà de l’ouverture des neuf box de consultation, le projet se veut aussi un outil d’attractivité. Un film promotionnel valorisant le cadre de vie de Pont-Saint-Esprit et son projet de santé a été dévoilé pour inciter de nouveaux professionnels à s’installer.
Pour Valère Segal comme pour le docteur Juge, cette maison de santé n’est qu’une étape. « Il faudra voir plus grand, plus original, plus efficace, avec l’aide de l’intercommunalité », a insisté le médecin, appelant à la réflexion pour un projet encore plus ambitieux.
Entre urgence sanitaire et espoir retrouvé, l’inauguration de ce lundi a marqué un moment fort pour Pont-Saint-Esprit et ses habitants. « Cette maison médicale est une chance pour notre ville et pour tout le territoire », a conclu le maire, avant d’appeler chacun à l’indulgence et à la confiance : « Le travail ne fait que commencer. »



