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Nathan Bommenel, l’espoir du cyclo-cross qui rêve plus grand que le maillot tricolore

À seulement 22 ans, Nathan Bommenel s’est déjà forgé un palmarès solide dans le monde exigeant du cyclo-cross. Originaire de Pont Saint Esprit, le jeune coureur incarne une génération passionnée, déterminée, mais aussi confrontée à une réalité économique parfois rude. Derrière ses titres et ses podiums, se cache un parcours bâti sur la transmission familiale, le goût de l’effort… et beaucoup de sacrifices.

Un virus attrapé dès l’enfance

C’est à l’âge de 5 ans que Nathan découvre le cyclo-cross au club de Bollène. Un sport exigeant, boueux, technique, qui ne laisse que peu de place à l’improvisation. S’il s’y sent rapidement à l’aise, ce n’est pas un hasard. Le sport coule dans ses veines. Sa maman, Karine Bommenel, pratiquait l’athlétisme et le VTT, tandis que son grand-père était lui aussi vététiste. « Il a très vite été attiré par le vélo, presque naturellement », confie son entourage.

Les premières victoires arrivent rapidement au niveau départemental. Mais à ses débuts, l’important reste le plaisir. « On lui a laissé l’amusement, sans pression », explique-t-on. Une philosophie qui portera ses fruits.

La révélation chez les cadets

Le tournant arrive vers 14-15 ans, lorsqu’il passe en cadet. Son potentiel explose. Repéré, il est sélectionné pour ses premières manches de Coupe de France. En cadet 2, il monte sur son premier podium national. Une confirmation qui ouvre la porte du haut niveau.

En 2021, lors de sa deuxième année en junior, Nathan franchit un cap décisif : il décroche son premier titre de champion de France. Une consécration qui valide des années de travail.

Mais c’est en janvier 2024, en espoirs troisième année, qu’il signe l’un des plus grands moments de sa jeune carrière en devenant à nouveau champion de France. Un deuxième sacre national, symbole de régularité et de maturité.

« J’en suis fier, bien sûr, mais ce n’est qu’un début. J’aspire à encore plus haut qu’un titre de champion de France », confie le jeune coureur.

Entre rêve professionnel et réalité française

Nathan nourrit un objectif clair : faire du cyclo-cross son métier. Mais en France, la discipline reste fragile économiquement. « Il y a très peu de coureurs professionnels ici, contrairement à la Belgique, où le cyclo-cross est une véritable institution », explique-t-il.

Aujourd’hui, il est membre de la ACT Ardennes Cross Team, une petite structure familiale, loin des grosses écuries internationales. Une équipe à taille humaine, mais où la solidarité ne compense pas toujours les difficultés financières.

Car le coût est énorme : déplacements, hébergements, logistique, matériel, équipements…

À lui seul, le budget annuel lié aux courses – sans même compter le vélo – avoisine déjà les 10 000 euros.

Pour tenir, Nathan fonctionne en financement personnel et cherche activement des partenaires individuels prêts à l’accompagner dans son projet sportif.

Un retour aux sources et des soutiens locaux

Dans sa préparation, il peut compter sur le soutien de Cycling Génération , où il est également revenu comme adhérent, un clin d’œil fort à ses racines spiripontaines.

Un symbole d’attachement à son territoire, qui continue de le soutenir dans l’ombre, même lorsque les projecteurs s’éloignent.

Cap sur la Belgique

Dès le week-end prochain, Nathan portera à nouveau ses ambitions au plus haut niveau européen avec une manche internationale à Namur, les 20 et 21 décembre. Une épreuve redoutable, au cœur du temple du cyclo-cross mondial, face à l’élite internationale.

Un nouveau défi à la hauteur de ses rêves.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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