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Nicolas Maury, la curiosité pour boussole

Portrait du directeur du service culturel de Bagnols-sur-Cèze

« Je suis quelqu’un de profondément curieux ». C’est ainsi que Nicolas Maury choisit de se présenter. Curieux du monde, de la culture, du théâtre, de l’écriture, mais surtout « curieux des autres. Et de tous ». Depuis juillet 2022, il dirige le service culturel de la Ville de Bagnols-sur-Cèze. Une fonction à laquelle il arrive fort de vingt-cinq années de pratique théâtrale, d’enseignement, et d’engagement auprès des publics. Portrait d’un homme dont la trajectoire est intimement liée à sa ville natale.

L’éveil à la culture, grâce à l’école

Né, grandi et toujours installé à Bagnols-sur-Cèze, Nicolas Maury situe très précisément le moment où la culture est entrée dans sa vie : à l’école. « Mes parents n’allaient pas tellement au spectacle, même s’ils y vont beaucoup plus maintenant grâce à moi », sourit-il. Ce sont donc les sorties scolaires qui ont servi de déclencheur, « comme pour beaucoup d’entre nous ».

À l’école Célestin Freinet, puis au collège, il découvre les spectacles du centre culturel Léo Lagrange : « J’ai eu un premier choc là. » Plus tard, au lycée, c’est le cinéma qui prend une place déterminante. Les séances au Casino, les vidéoclubs, les films picorés à la télévision… « Je me suis construit une culture comme ça, en grappillant, en allant voir tout ce que je pouvais. »

Du bac littéraire à l’histoire… puis au théâtre

Au lycée Gérard-Philipe, il obtient un bac littéraire avant de rejoindre l’Université d’Avignon pour une licence d’histoire. « Mais en parallèle, je faisais beaucoup de théâtre. Et le théâtre prenait de plus en plus de place. » Il finit par « choisir les histoires avec un S plutôt que l’Histoire avec un grand H ».

Sa pratique commence au lycée, grâce à l’atelier théâtre. Lui qui improvise depuis toujours, qui aime faire rire, imiter, inventer, trouve un cadre et un groupe. Il écrit ses premiers sketchs, les joue, rentre dans une compagnie amateure et, presque sans s’en rendre compte, franchit le cap de la professionnalisation. Une pièce d’Ionesco, de nombreuses dates, et le théâtre devient un métier.

Vingt-cinq ans de transmission

Beaucoup de Bagnolais ont découvert le théâtre grâce à lui. Pendant un quart de siècle, Nicolas a animé des ateliers à l’association Horizon. « Au début je remplaçais juste quelqu’un pour quelques séances. Ça a duré vingt-cinq ans ! » Il passe des enfants aux adolescents, puis aux adultes. Intervient dans les écoles, collèges, lycées, hôpitaux, EHPAD, IME. « J’ai rencontré tous les publics. »

Et parce que la scène, c’est aussi un espace de rencontre, il fait partie du noyau fondateur du festival “Les Jeunes Bagnolais s’affichent”, porté au départ par Fernand Dumas. Un rendez-vous né d’une simple idée : fédérer les ateliers, mutualiser une salle, permettre aux jeunes de se voir jouer, d’apprendre les uns des autres. « On a vécu des moments extraordinaires. Je suis très content que ça continue. »

De l’autre côté du miroir

Depuis deux ans, il a quitté l’animation d’ateliers pour prendre la direction du service culturel. Une nouvelle fonction qui, selon lui, bénéficie directement de tout ce vécu. « Les gens savent que je suis légitime quand je parle culture. Ça joue dans la confiance. » Son réseau, sa connaissance de la scène, son regard, nourrissent la programmation.

Et surtout : sa sensibilité pour les jeunes publics. « Je pense toujours aux enfants et aux adolescents. Si l’école ne m’avait pas conduit au spectacle, je n’y serais peut-être jamais allé. Aujourd’hui, j’essaie d’être celui qui ouvre ces portes. » C’est ainsi qu’il multiplie les propositions pour les scolaires et veille à offrir dès le plus jeune âge un accès au spectacle vivant.

Des influences fortes

Quand on lui demande qui l’a inspiré, il cite immédiatement Pierre Desproges. « J’ai été foudroyé par son écriture ». Adolescent, il dévore les ouvrages trouvés chez son oncle. Dans un autre registre, le cinéma de Woody Allen le marque, pour sa façon de créer des univers. Enfin, il évoque Alain Souchon, qu’il a eu la chance d’accueillir à Bagnols. « Il a cette capacité extraordinaire à créer un monde avec quelques mots. » Des influences littéraires, musicales, cinématographiques, toutes tournées vers l’art du mot.

Écrire. Toujours.

Malgré ses nouvelles responsabilités, l’écriture reste son moteur essentiel. « Je continue à écrire. C’est constitutif de qui je suis. » Plusieurs pièces sont déjà montées : l’une dans le Var, une autre par une troupe amateure locale. « On m’appelle, on me demande des textes. »

N’a-t-il pas envie de remonter sur scène ? Il laisse faire le temps. « Je fonctionne à l’envie. Il faut que les choses me manquent. » Peut-être enseignera-t-il à nouveau un jour. Peut-être écrira-t-il davantage. Peut-être autre chose. « Rester curieux de tout », répète-t-il comme une devise.

Nicolas Maury, directeur de la culture, ancien comédien, auteur, pédagogue, spectateur insatiable, incarne un engagement profond pour la diffusion du spectacle vivant. À Bagnols-sur-Cèze, il est à la fois l’enfant du territoire et l’un de ses passeurs les plus fervents. Et si l’on ne sait pas exactement où sa curiosité le mènera, une certitude demeure : elle continuera de nourrir la vie culturelle de la ville.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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