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À Lirac, la renaturation des berges du Nizon s’inscrit dans une démarche éducative et durable

Engagée depuis 2021, la renaturation des berges du Nizon à Lirac se poursuit, fidèle à une ambition affirmée : restaurer durablement un milieu naturel fragilisé tout en sensibilisant les plus jeunes aux enjeux environnementaux. Cette année encore, les élèves de CM2 de l’école communale ont participé à une nouvelle étape de ce projet de long terme, aux côtés de leurs enseignants et de plusieurs partenaires institutionnels.

« C’est clairement la continuité d’un projet initié en 2021 », rappelle Cédric Clémente, maire de Lirac. Cette année-là, la commune lançait sa première forêt pédagogique, dite de la Fécolle, dans le cadre d’un programme porté par la Fédération nationale des communes forestières. « Depuis, chaque année, l’école de Lirac et la commune, avec leurs partenaires, poursuivent des projets d’amélioration de l’environnement et de sensibilisation », poursuit l’édile.

Encadrés par Sébastien Fraysse, directeur de l’école communale, les élèves ont procédé à la plantation de près de 150 arbustes le long du cours d’eau. Une action menée avec méthode : chaque plant est protégé par une dalle destinée à conserver l’humidité du sol et à limiter les adventices, un tuteur en bambou, un filet anti-gibier pour éviter que les lapins ne s’en nourrissent, un piquet en châtaignier et une dalle de laine biodégradable.

Le matériel a été fourni par la Fédération départementale des chasseurs du Gard, en partenariat avec le pépiniériste Cérès Flore, certifié pour les espèces locales. Les plants proviennent de graines sauvages récoltées dans la nature, afin de garantir une meilleure adaptation au milieu. « Travailler avec des souches locales permet un bien meilleur taux de survie des plantes », explique Romane Lavergne, chargée de mission à la Fédération de chasse. Le projet bénéficie par ailleurs de subventions issues de fonds européens via l’éco-contribution.

Au-delà de l’aspect technique, la dimension pédagogique reste centrale. « L’objectif n’est pas de parler de chasse, mais de biodiversité. Il s’agit de faire sortir les enfants de l’école, de leur cadre habituel, de leur montrer comment vit une plante, à quoi sert une haie et pourquoi on utilise tel ou tel matériel », insiste Romane Lavergne. « S’ils s’intéressent à la biodiversité, on aura gagné. »

Le site choisi n’est pas anodin. Située à proximité de la source du Nizon, cette zone revêt une forte valeur patrimoniale pour le village. « C’est un lieu emblématique, historique, incontournable pour les jeunes et pour la population liracoise », souligne Cédric Clémente. « En y travaillant, les enfants se l’approprient. C’est une transmission entre générations. Nous, élus, sommes dans le présent, mais l’avenir, c’est eux. Dans dix ou quinze ans, ce sont eux qui prendront soin de la commune. »

La renaturation des berges répond à plusieurs enjeux majeurs. « Les haies et les arbustes sont des supports essentiels pour la biodiversité, pour les oiseaux et les insectes. Ils jouent aussi un rôle clé dans la transition climatique : production d’oxygène, captation du CO₂, régulation des températures, création d’îlots de fraîcheur », détaille le maire. À cela s’ajoutent la stabilisation des sols, la protection des berges du Nizon, la réduction des débits en période de crue et un rôle d’épuration de l’eau grâce aux racines.

Un retour assumé à des pratiques plus respectueuses, après des décennies d’erreurs. « Dans les années 1990, on a beaucoup coupé la végétation des berges, curé les cours d’eau pour envoyer l’eau le plus vite possible vers la mer. La crue de 2002 a montré que c’était une erreur : les berges se sont effondrées et l’eau est arrivée encore plus vite en aval », rappelle Cédric Clémente. « Aujourd’hui, on a l’expérience. La main de l’homme doit servir à réparer et à améliorer, pas à reproduire les erreurs du passé. »

Dans cette logique, la commune travaille déjà à la suite. Au printemps, un projet d’« aire terrestre éducative » devrait être lancé avec l’Office français de la biodiversité. Un dispositif labellisé par le ministère de la Transition écologique, qui permettra aux élèves de travailler spécifiquement sur la thématique de l’eau. « Après la forêt et l’environnement, ce nouveau projet sera centré sur l’eau, un enjeu essentiel pour l’avenir. Biodiversité, chimie, biologie : les enfants aborderont tous ces sujets sur un site emblématique du village », conclut le maire.

À Lirac, la renaturation des berges du Nizon s’affirme ainsi comme un projet à la fois écologique, éducatif et intergénérationnel, pensé pour durer et se transmettre.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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