Grève des médecins : cabinets fermés, mobilisation nationale… le Gard aussi touché par la contestation

Depuis ce mardi 6 janvier, une large partie des médecins libéraux français ont entamé un mouvement de grève inédit par son ampleur et sa durée. À l’appel de l’intersyndicale, la mobilisation doit se poursuivre jusqu’au 15 janvier, avec un point d’orgue prévu ce samedi 10 janvier à Paris, où une manifestation nationale est annoncée.
Dans le Gard, comme partout en France, de nombreux cabinets ont fermé leurs portes ou fonctionnent en mode dégradé, limitant les consultations aux urgences strictes.
Une mobilisation contre la trajectoire de la LFSS 2026
À l’origine de cette grève : le vote de la Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026, que les syndicats médicaux jugent « répressive » et « déconnectée des réalités de terrain ».
Dans un communiqué commun, les organisations dénoncent une accumulation de mesures perçues comme des contraintes supplémentaires pour les soignants :
- la possibilité de baisser autoritairement les tarifs des actes médicaux (CCAM),
- des sanctions financières pour les praticiens n’utilisant pas certains outils numériques comme le Dossier Médical Partagé,
- des restrictions accrues de la liberté de prescription,
- des limitations à la liberté d’installation,
- et une réforme de la formation qui entraînerait une « année blanche » en médecine générale sans nouvelle installation.
Pour les syndicats, cette politique fragilise l’ensemble du système de soins :
« Affaiblir la médecine de ville fragilise l’hôpital. Asphyxier l’hôpital reporte la charge sur la ville. Opposer les modes d’exercice est une impasse dangereuse », résume le collectif Médecins Pour Demain.
Dans le Gard, des cabinets fermés et des soins réorganisés
Dans le Gard rhodanien, le bassin nîmois et les Cévennes, la grève se traduit par de nombreuses fermetures temporaires de cabinets libéraux, notamment en médecine générale et chez certains spécialistes.
Les médecins grévistes assurent néanmoins une continuité minimale des soins urgents, orientant les patients vers les maisons médicales de garde, les services d’urgences ou en différant les consultations non prioritaires.
Cette situation suscite une certaine inquiétude chez les patients, dans un département déjà fortement touché par la désertification médicale, notamment dans les zones rurales et périurbaines.
« Ce n’est pas corporatiste, c’est une alerte »
Les représentants médicaux insistent : il ne s’agit pas d’une revendication financière isolée, mais d’un signal d’alarme collectif.
Ils estiment que la politique actuelle repose davantage sur une logique comptable que sur une vision de santé publique, au détriment du temps médical, de l’attractivité des métiers et, à terme, de l’accès aux soins pour la population.
« Le silence, l’isolement et l’épuisement ne sont plus des options. Cette mobilisation est un acte de responsabilité pour les soignants d’aujourd’hui comme pour les patients de demain », écrivent-ils.
Une manifestation nationale samedi à Paris
Le mouvement culminera ce samedi 10 janvier, avec une manifestation nationale à Paris à partir de 13 heures. Tous les médecins, hospitaliers compris, sont appelés à y participer.
Les syndicats espèrent ainsi peser sur le gouvernement pour obtenir une révision de la trajectoire fixée par la LFSS et ouvrir une véritable concertation « avec les soignants, et non contre eux ».
En attendant, dans le Gard comme ailleurs, les usagers sont invités à anticiper leurs démarches médicales, à privilégier les structures de permanence des soins et à faire preuve de compréhension face à un mouvement qui, selon ses organisateurs, vise avant tout à préserver l’avenir du système de santé.



