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Municipales 2026 à Bagnols-sur-Cèze : l’appel de Marianne Roch pour une ville plus accessible pour les handicapés

À six semaines des élections municipales de mars 2026, Marianne Roch a décidé de prendre la parole. Non pas pour défendre un intérêt personnel, insiste-t-elle, mais pour porter une cause collective : celle de l’accessibilité et du handicap à Bagnols-sur-Cèze. Handicapée depuis de nombreuses années, cette Bagnolaise de 69 ans interpelle aujourd’hui l’ensemble des candidats pour que la question ne soit plus reléguée au second plan des politiques municipales.

Née le 16 mars 1956 à Poitiers, Marianne Roch vit à Bagnols-sur-Cèze depuis quarante ans. Arrivée dans la commune par le biais de son ex-mari, ingénieur dans le nucléaire, elle a connu plusieurs villes avant de s’installer durablement dans le Gard rhodanien. Depuis plus d’une décennie, son quotidien est marqué par de lourdes contraintes physiques qui limitent fortement ses déplacements. « J’aime utiliser des images simples », explique-t-elle. « C’est comme si on m’avait greffé des chaussures de ski aux pieds : tout ce qui est plat va encore, mais dès qu’il y a une pente, même légère, je ne peux plus avancer. »

Ces difficultés prennent une dimension très concrète dans l’espace public. Accès aux points de collecte des déchets, trottoirs inadaptés, pentes trop fortes, places de stationnement réservées insuffisantes ou occupées abusivement : autant d’obstacles qui, cumulés, restreignent son autonomie. « Quand on a une carte d’invalidité à 80 %, ce n’est pas un privilège, c’est une nécessité. Cela signifie que le périmètre de marche est très réduit. Or aujourd’hui, je suis tout simplement privée de certaines choses élémentaires : aller au marché, accéder à certains lieux de loisirs, ou même me déplacer l’été vers Bagnols plage à cause de la pente. »

Marianne Roch rappelle avoir alerté la municipalité dès l’an dernier, notamment lors des réunions de quartier. Si elle salue l’écoute de certains élus, notamment de l’adjointe à la santé Michèle Fondthurial, elle dénonce aussi « l’immobilisme de la structure » et la difficulté à transformer les constats en actions concrètes. « On se heurte trop souvent à des murs », résume-t-elle.

Son message aux candidats est clair : il ne s’agit pas d’inventer de grandes réformes, mais d’appliquer réellement la loi et de penser la ville pour tous. « L’accessibilité, ce n’est pas seulement pour les personnes en fauteuil roulant. Ce sont aussi les personnes âgées, les parents avec des poussettes, les gens avec un déambulateur. Une ville accessible est une ville plus humaine. »

Parmi les solutions qu’elle avance : des aménagements simples et peu coûteux, comme des trappes à hauteur adaptée sur les conteneurs enterrés, à l’image de ce qui existe déjà dans d’autres communes d’Occitanie ; des trottoirs réellement praticables ; des accès facilités aux bâtiments publics, y compris à l’hôtel de ville, où les escaliers restent un obstacle majeur. « À la CAF, il y a des dispositifs extérieurs. Pourquoi pas ici ? », interroge-t-elle.

Dans cette période préélectorale, Marianne Roch dit sentir « une brèche qui s’ouvre ». Elle a rencontré ou échangé avec plusieurs candidats, qui, selon elle, prennent la question au sérieux. Certains évoquent déjà la création d’un véritable pôle handicap en mairie, à l’image de ce qui existe pour la petite enfance. « Un lieu identifié, avec des personnes compétentes, capables de pointer les problèmes et de suivre les dossiers », résume-t-elle.

Soucieuse de rester neutre politiquement, Marianne Roch ne soutient aucun candidat en particulier. Mais elle attend des engagements clairs, inscrits dans les programmes, et surtout traduits en actions après l’élection. « Je me bats pour aujourd’hui, mais aussi pour demain. Dans dix ans, si rien ne change, que feront les personnes comme moi ? Et nos aînés ? »

En lançant cet appel, Marianne Roch se veut « porte-drapeau » d’une cause qui dépasse largement sa situation personnelle. « Je ne m’appelle pas Marianne pour rien », sourit-elle. À six semaines du scrutin, son message résonne comme un rappel : l’accessibilité n’est pas une option, mais un impératif démocratique.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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