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Vidéoprotection : la ville muscle son dispositif et assume une priorité sécuritaire au travers de nouvelles caméras nomades

À l’occasion d’un point presse organisé au Centre de supervision urbaine (CSU), la municipalité a levé le voile sur l’ampleur et l’évolution de son dispositif de vidéoprotection, un terme sur lequel insiste Christian Baume, adjoint à la sécurité. « Il ne s’agit pas de surveiller les habitants, mais bien de les protéger », rappelle-t-il d’emblée.

Aujourd’hui, la commune est équipée de plus de 50 caméras fixes autonomes, contre une trentaine au début du mandat. À terme, l’objectif est clair : équiper les points clés du territoire communal, en couvrant de manière précise les principaux espaces publics et les grandes artères. « C’est un investissement lourd, mais c’est une priorité politique. Il n’y a plus de débat sur l’utilité de ces outils. Entre le trop et le zéro, il faut trouver la raison », assume l’élu.

Un déploiement strictement encadré par l’État

Chaque caméra fait l’objet d’un dossier validé par la préfecture, qui précise son implantation, les zones couvertes et les conditions d’exploitation. Installation, raccordement électrique, fibre optique : le déploiement repose sur un important travail technique et administratif réalisé en amont. À ce jour, une cinquantaine de dossiers sont constitués, permettant de moduler les emplacements et d’anticiper les futures installations en fonction des besoins et des évolutions urbaines.

Fait notable, la préfecture du Gard a récemment accordé une autorisation inédite à l’échelle départementale : la validation d’un large secteur couvrant le centre-ville et les Escanaux, offrant une souplesse d’emploi inédite, notamment pour l’installation de caméras nomades.

Caméras fixes et nomades : une stratégie complémentaire

Outre les caméras fixes, la ville dispose désormais de caméras nomades, en place depuis décembre 2025. Installées sur des poteaux ou du mobilier d’éclairage public, elles peuvent être déplacées sur un périmètre large autorisé par la préfecture. Trois caméras nomades peuvent ainsi « tourner » sur un même secteur.

Un outil particulièrement utile pour les événements festifs ou les zones sensibles. Dès le début de l’été, une caméra nomade sera par exemple affectée au mont Cotton afin de sécuriser les concerts nocturnes organisés sur le site, jusque-là dépourvu de vidéoprotection.

Sécurisation des sites sensibles et partenariats

La commune a également signé une convention avec le centre hospitalier, permettant de sécuriser des zones stratégiques comme le parking, les urgences ou la blanchisserie. Une logique de protection des équipements publics qui dépasse le seul cadre communal.

« Ce travail ne concerne pas uniquement Bagnols », souligne Christian Baume, évoquant la coopération régulière avec la Police nationale et la gendarmerie, notamment en cas de réquisition judiciaire.

Un CSU au cœur du dispositif

Le Centre de supervision urbaine fonctionne comme un véritable espace technique, animé par six opérateurs – un septième doit prochainement rejoindre l’équipe. Le responsable du CSU policier local, travaille aux côtés d’un adjoint, lui aussi issu de la Police nationale. Les opératrices sont, quant à elles, ASVP, formées pendant plusieurs mois.

« Ce métier demande une connaissance fine de la ville, la capacité de suivre un individu ou un véhicule et de guider en temps réel les équipes sur le terrain », explique-t-on. Le CSU joue aussi un rôle d’assurance et de couverture pour la police, présente sur le terrain jusqu’à 2 heures du matin, en parfaite synchronisation avec les opérateurs.

Un outil d’aide, pas seulement de répression

Les images sont conservées sur une durée limitée, ce qui impose une grande réactivité en cas de dépôt de plainte. Elles peuvent être extraites uniquement sur réquisition judiciaire. « La vidéo est à charge et à décharge », insiste l’adjoint à la sécurité. Le CSU permet aussi de détecter des dysfonctionnements urbains, comme des feux tricolores défaillants, et d’alerter les services techniques.

En matière de circulation, certaines caméras fixes permettent la vidéo-verbalisation, exclusivement dans les zones autorisées et signalées : stationnement, téléphone au volant, ceinture, feux rouges, stops ou franchissement de lignes continues. « Le rôle est avant tout préventif. Le discernement est fondamental, l’objectif n’est pas de faire du chiffre », rappelle Christian Baume. D’ailleurs, le nombre de verbalisations est passé de 1 800 à 800.

Des technologies de plus en plus performantes

Parmi les évolutions majeures figurent les caméras VPI (vidéoprotection intelligente). Si les anciens modèles se limitaient à la lecture des plaques d’immatriculation, cinq nouvelles caméras permettent désormais d’analyser un véhicule même sans plaque lisible : couleur, marque, type. Un atout précieux dans la lutte contre les rodéos urbains ou certains trafics.

« On ne peut pas lancer une course-poursuite sans savoir d’où partent les individus ni où ils vont. Ce serait trop dangereux », explique-t-on. Le CSU permet alors de suivre les déplacements et d’intervenir au bon moment, sans mettre en danger la voie publique.

Un investissement conséquent et évolutif

Chaque caméra représente un coût d’environ 18 000 euros, intégrant des serveurs embarqués. À cela s’ajoutent des budgets d’investissement annuels importants pour adapter la capacité informatique et accompagner l’évolution constante des technologies.

Les premières caméras installées en 2003 n’étaient que seize. Plus de vingt ans plus tard, la vidéoprotection est devenue un outil structurant de la politique de sécurité locale, assumé comme tel par la municipalité, dans un cadre réglementaire strict et avec une attention constante portée au respect de la vie privée.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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