Le préfet du Gard serre la vis face au « gaz hilarant »

Face à une recrudescence inquiétante de l’usage détourné du protoxyde d’azote, le préfet du Gard, Jérôme BONET, a signé un nouvel arrêté renforçant les restrictions sur l’ensemble du département jusqu’au 30 juin 2026.
L’usage récréatif de ce gaz, initialement destiné aux siphons à chantilly ou au milieu médical, est devenu un véritable fléau de santé et de sécurité publiques dans le Gard. Entre janvier et novembre 2025, la police nationale a recensé 36 incidents directs, dont 16 à l’intérieur de véhicules et plusieurs cas de violences.
Plus tragiquement, des accidents mortels liés à cette consommation ont récemment endeuillé la région, notamment à Alès en décembre dernier.
Interdictions strictes dans l’espace public
Pour endiguer ce phénomène, la préfecture a décidé d’agir sur plusieurs fronts : Consommation et détention : Il est désormais formellement interdit de détenir, d’utiliser ou de consommer du protoxyde d’azote à des fins récréatives dans tout l’espace public du département.
Transport en voiture : Le transport de ce gaz dans un véhicule sans motif légitime est proscrit.
Vente encadrée : La vente aux mineurs demeure strictement interdite, et une preuve de majorité doit être exigée par le vendeur. Pour les particuliers majeurs, les achats sont limités à 10 cartouches de 8,6 grammes maximum par acte de vente.
Lieux interdits : La vente et l’offre de ce produit sont totalement bannies des débits de boissons et des débits de tabac.
Un enjeu de salubrité et de santé
Au-delà des risques routiers et des troubles à l’ordre public (rixes, nuisances sonores), les autorités alertent sur les dangers sanitaires graves : asphyxie, brûlures par le froid, atteintes à la moelle épinière et troubles psychiques. L’arrêté vise également à lutter contre la pollution environnementale, les cartouches et ballons usagés jonchant trop souvent les parcs, les plages et les abords des établissements scolaires. L’abandon de ces déchets sur la voie publique est désormais spécifiquement visé par l’interdiction.
Ces mesures, entrées en vigueur le 2 février 2026, resteront effectives sur l’ensemble des communes gardoises pour toute la période printanière.



