Pascale Bories dévoile son programme 2026-2033 pour Villeneuve-les-Avignon

Maire sortante et tête de liste « Villeneuve Avance » pour les municipales du 15 mars 2026, Pascale Bories a présenté son programme pour le mandat 2026-2033. À vingt jours du scrutin, l’élue défend une feuille de route qu’elle veut « ni un catalogue indigeste, ni un programme de circonstance », mais l’aboutissement d’un travail engagé tout au long du mandat.
Une vision construite à partir du terrain
« Ce programme ne s’est pas écrit au dernier trimestre avant les élections », a insisté la maire. Il s’appuie sur les actions conduites depuis 2020 — dont plus de 80 % ont été réalisées ou engagées — et sur une large consultation citoyenne, notamment via le questionnaire « Villeneuve demain ».
L’objectif affiché : proposer une vision de long terme, cohérente avec les attentes exprimées par les Villeneuvois, qu’ils soient installés de longue date ou nouveaux arrivants, jeunes actifs, familles ou seniors. « Nous voulons continuer à répondre à ce qui fait le cadre de vie de notre commune », souligne-t-elle, rappelant que Villeneuve-les-Avignon figure parmi les villes les mieux classées de sa strate en matière de qualité de vie, sur des critères objectifs de sécurité, de propreté, d’environnement et de dynamisme.
Santé : anticiper sans dramatiser
Si Pascale Bories reconnaît que « la France est devenue un désert médical », elle tient à nuancer la situation locale. La commune compte aujourd’hui 111 professionnels de santé, avec une présence significative de dentistes, infirmiers, kinésithérapeutes et spécialistes pédiatriques.
Deux départs de médecins généralistes ont toutefois fragilisé l’offre. « Une nouvelle praticienne est arrivée avec sa patientèle et un autre médecin vient de signer ce mois-ci dans un local mis à disposition par la commune en centre-ville », précise-t-elle.
Avec son adjoint Fares Orcet, la municipalité a engagé une démarche de labellisation « France Santé » auprès de l’ARS. Cette reconnaissance permettrait de structurer un contrat local de santé et d’obtenir des moyens pour salarier des médecins retraités volontaires, notamment au bénéfice des seniors et des personnes en situation de handicap sans médecin référent.
Sécurité : maintenir un niveau d’exigence élevé
S’appuyant sur les chiffres du ministère de l’Intérieur pour l’année 2025, la maire met en avant un taux de 11,68 faits pour 1 000 habitants, contre 31,43 au niveau régional et 32,74 pour la strate nationale comparable.
« Nous resterons dans cette dynamique de travail intensif », assure-t-elle. Le programme prévoit l’élargissement des horaires en soirée, notamment en période estivale, la création d’une brigade motorisée, l’acquisition de matériel modernisé et un recours accru aux nouvelles technologies.
La police municipale, en coordination avec la police nationale et les communes voisines, conservera une approche de proximité : patrouilles pédestres auprès des commerçants, dispositifs « tranquillité vacances », présence aux abords des écoles et actions de prévention contre le harcèlement scolaire. Des interventions sur le « savoir rouler à vélo » sont également menées dans les écoles Joseph Lhermitte et Montolivet.
Générations futures et transition écologique
Ancienne pilote de l’Agenda 21 communal avant son élection, Pascale Bories souhaite poursuivre l’engagement environnemental de la ville. La commune est engagée dans une démarche de labellisation accompagnée sur trois ans par un auditeur mandaté par l’ADEME. Soixante-et-une actions réparties sur six domaines sont évaluées.
L’objectif pour le prochain mandat : renouveler l’accompagnement et viser un niveau supérieur de labellisation, dans un cycle de quatre ans, afin de renforcer encore la cohérence des politiques publiques en faveur des générations futures.
Un programme « soutenable » financièrement
Sur le plan budgétaire, l’adjoint aux finances a insisté sur la solidité des comptes : « Nos dépenses progressent moins vite que nos recettes », a-t-il indiqué, évoquant un excédent présenté lors du débat d’orientation budgétaire.
Dans un contexte de baisse des subventions extérieures, la municipalité revendique une gestion prudente, visant à dégager des excédents pour autofinancer les projets.
Jeunesse, éducation et solidarité
Plus de 4 millions d’euros ont été investis dans les écoles durant le mandat : nouveau réfectoire à l’école Thomas David et à Joseph Lhermitte, cour Oasis, rénovation énergétique à venir pour l’école Joseph Lhermitte. « La jeunesse est l’avenir de la commune », souligne l’équipe municipale, mettant en avant la stabilité des effectifs scolaires.
La majorité assume le maintien d’une participation financière des familles au périscolaire. « La gratuité serait démagogique », estime Pascale Bories, rappelant que la contribution permet de conserver les aides de la CAF et de financer des activités variées (sport, langues vivantes), à hauteur de 40 000 € par an. Les repas à 90 centimes pour certaines familles sont maintenus.
Un « Plan mercredi » a été signé avec l’Éducation nationale, le SIDSCAVAR et l’ALSH pour assurer la continuité éducative dans un cadre plus ludique. La commune souhaite également financer le BAFA pour les jeunes Villeneuvois, alimentant ainsi un vivier local de 60 à 70 animateurs recrutés chaque année.
Sur le plan social, l’équipe municipale veut renforcer l’accompagnement du handicap, notamment des jeunes et de leurs aidants. Forte du succès de la mutuelle communale (600 contrats signés), la ville envisage désormais une assurance habitation communale, via un appel d’offres, afin de répondre à la hausse des primes et aux difficultés d’accès à l’assurance.
Aménagement, mobilité et urbanisme
Parmi les projets structurants figure la liaison entre le « haut » et le « bas » de la commune et le développement des pistes cyclables, autour d’un pôle d’échange multimodal.
La municipalité entend également relancer, avec le Grand Avignon, les travaux sur les réseaux d’eau et d’assainissement, poursuivre l’enfouissement des réseaux secs et accompagner la disparition du cuivre au profit de la fibre d’ici 2028.
Sur l’urbanisme, Pascale Bories rappelle la situation de carence en logements sociaux imposée par l’État. Le PLU adopté en 2020 et modifié en 2021 a, selon elle, permis de limiter la densification et de préserver le cadre de vie, avec très peu de permis collectifs accordés.
À l’approche de la mise à jour du document avant 2028, dans le cadre du zéro artificialisation nette, la commune prévoit de renforcer encore la réglementation afin de préserver son patrimoine arboré. Avec 41 % de canopée urbaine, la municipalité entend maintenir son équilibre entre développement et protection environnementale.
À vingt jours du scrutin, Pascale Bories défend ainsi un programme de continuité assumée, adossé à des engagements ciblés et présentés comme financièrement soutenables, pour convaincre les électeurs de prolonger l’action engagée depuis 2020.



