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Patrick Palisse défend un « choix d’avenir » pour l’implantation de MGH Energy

A l’issue du conseil communautaire du 9 février 2026, consacré notamment à l’implantation de l’usine de e-kérosène sur la friche industrielle de Laudun L’Ardoise, Patrick Palisse, maire de Le Pin et conseiller délégué à la transition énergétique à l’Agglomération du Gard rhodanien, a pris la parole pour soutenir clairement le projet.

Pour l’élu, l’arrivée de MGH Energy ne constitue pas « simplement un projet industriel », mais bien un choix stratégique, responsable et structurant pour l’avenir du territoire. « L’impact dépasse largement le périmètre de l’agglomération », a-t-il insisté, en articulant son argumentation autour de trois axes : environnemental, économique et industriel.

« La colonne vertébrale de la décarbonation de l’aviation »

Sur le plan environnemental, Patrick Palisse rappelle que l’aviation demeure l’un des secteurs les plus difficiles à décarboner. Contrairement au transport routier ou ferroviaire, elle ne peut pas être électrifiée à grande échelle, ni par batteries, ni par piles à combustible. Dans ce contexte, le e-kérosène apparaît, selon lui, comme « la colonne vertébrale de la décarbonation de l’aviation ».

Le principe est clair : le carburant de synthèse est produit à partir d’électricité renouvelable, d’hydrogène vert et de CO₂ recyclé. Lors de la combustion, le carbone rejeté correspond à celui qui a été capté en amont. « Un kilo de kérosène classique consommé, c’est trois kilos de CO₂ émis. Un kilo de e-kérosène, c’est quasiment pas de CO₂ supplémentaire », a-t-il détaillé.

Autre atout majeur : ce carburant peut être utilisé directement dans les avions actuels, sans modification des moteurs ni des infrastructures aéroportuaires. « Produire ce carburant ici, c’est agir concrètement pour le climat », a-t-il affirmé, en soulignant la cohérence du projet avec les objectifs climatiques européens, nationaux et ceux de l’agglomération.

Un levier économique dans un contexte fragile

Dans un contexte marqué par des indicateurs économiques fragilisés et une hausse du chômage, Patrick Palisse voit dans cette implantation un levier majeur pour le territoire.

Le projet prévoit la création de plusieurs centaines d’emplois directs et induits : ingénieurs, techniciens, agents de maintenance, mais aussi de nombreux postes dans la sous-traitance et les services associés. Au-delà de l’emploi, l’élu met en avant le développement d’une filière industrielle d’avenir, à la croisée de l’énergie, de l’hydrogène et de la chimie verte.

Le marché, insiste-t-il, n’a rien d’incertain. Les réglementations européennes imposent une part croissante de carburants durables dans l’aviation, garantissant une demande structurelle. « Ce projet renforce à la fois la souveraineté énergétique de notre pays et l’attractivité économique de l’agglomération », estime-t-il, y voyant également une contribution concrète à la réindustrialisation nationale.

Des risques « connus et maîtrisés »

Patrick Palisse n’a pas éludé les interrogations liées aux risques industriels, notamment autour de l’hydrogène. « Le risque zéro n’existe pas, mais un risque connu peut être anticipé, réduit et maîtrisé », a-t-il rappelé.

L’hydrogène est utilisé depuis des décennies dans les raffineries et l’industrie lourde. Gaz très léger, il se disperse rapidement vers le haut en cas de fuite et ne stagne pas au sol. Son utilisation dans le procédé industriel envisagé implique des volumes limités, l’hydrogène étant rapidement consommé dans la chaîne de production.

L’usine sera soumise à un cadre réglementaire strict, à des contrôles réguliers de l’État et à un Plan particulier d’intervention en cas d’incident. Pour l’élu, les technologies mobilisées sont éprouvées et les risques identifiés, encadrés et contenus.

En conclusion, Patrick Palisse a résumé sa position sans ambiguïté : une solution concrète pour la décarbonation de l’aviation, un moteur de création de valeur et d’emplois pour le territoire, et un projet industriel techniquement maîtrisé. Un choix d’avenir qu’il assume pleinement.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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