À Pont-Saint-Esprit, Valère Segal déroule son projet et défend son bilan lors d’une réunion publique

Ce jeudi soir, la liste « Réussir le Pont de demain », emmenée par le maire sortant Valère Segal, tenait une réunion publique à Pont-Saint-Esprit. Entouré de ses colistiers, l’édile a choisi de mettre en avant à la fois le bilan de l’équipe municipale depuis les élections partielles de 2024 et les grandes orientations défendues pour le prochain mandat.
En ouverture de soirée, François Carli a tenu à replacer l’engagement de Valère Segal dans le contexte politique local, saluant celui qui avait pris la tête de la commune « alors qu’il n’y avait que des coups à prendre ». Sans s’attarder sur la polémique, il a aussi dénoncé les attaques de certains adversaires, notamment lors d’une autre réunion publique organisée plus tôt dans la semaine. « Ce n’est pas ce que nous ferons ce soir », a-t-il lancé, affirmant que la soirée devait avant tout permettre aux habitants « d’entendre et de comprendre les actions déjà menées et toutes celles qui seront faites pendant le mandat ».
L’école, « une priorité forte »
Première à intervenir, Océane Escleyne a insisté sur la place centrale accordée à l’école. Citant Victor Hugo, « chaque enfant qu’on enseigne est un homme qu’on gagne », elle a présenté l’éducation comme un axe majeur du projet municipal. L’élue a mis en avant les travaux déjà réalisés dans les écoles primaires, tout en annonçant la poursuite et l’amplification des actions engagées.
Parmi les mesures évoquées figure la mise en place du programme Oasis, destiné à transformer progressivement les cours d’école pour les adapter au changement climatique : désimperméabilisation des sols, végétalisation, création d’ombre et d’espaces plus agréables. « Nous ne devons plus être spectateurs, mais acteurs de notre présent pour garantir un avenir serein à nos enfants », a-t-elle affirmé.
Océane Escleyne a également rappelé plusieurs dispositifs déjà lancés, comme un projet de bibliothèque numérique, des spectacles vivants pour les élèves, ou encore des programmes de prévention contre les addictions et la surexposition aux écrans. Elle a souligné le vote d’une subvention exceptionnelle pour les enfants des écoles spiripontaines, ainsi que la volonté de poursuivre le développement des activités périscolaires, du sport à l’école et d’une restauration scolaire de qualité, avec davantage de produits bio et locaux. Non sans décocher une flèche à l’opposition, elle a critiqué l’augmentation de la cantine décidée en 2023 par l’ancienne majorité, tout en mettant en doute la crédibilité de certaines promesses formulées aujourd’hui par ses adversaires.
Propreté, voirie, fontaines et cadre de vie
Chargé notamment des travaux, de la propreté et de l’agriculture, Jérôme Carminati a détaillé les actions engagées depuis mai 2024 pour « redonner à la ville la propreté et l’attractivité qu’elle mérite ». Il a cité comme symbole la remise en eau de plusieurs fontaines, rappelant l’identité de Pont-Saint-Esprit comme « ville d’eau ».
Sur la propreté urbaine, l’élu a défendu une méthode basée sur la concertation avec l’agglomération et sur des mesures concrètes : enfouissement progressif de points d’apport volontaire, augmentation du nombre d’ouvertures annuelles des colonnes enterrées, installation de composteurs en centre-ville, déploiement de corbeilles de tri avec cendriers, renforcement de la brigade environnement et achat de caméras nomades pour lutter contre les dépôts sauvages.
Pour le prochain mandat, Jérôme Carminati a annoncé un plan d’entretien des quartiers et lotissements hors centre-ville, avec nettoyage et désherbage réguliers. Il a aussi insisté sur le rééquipement des services techniques municipaux, affirmant que la ville avait retrouvé de l’autonomie dans la conduite de certains travaux. Selon lui, les opérations d’élagage désormais réalisées en régie auraient déjà permis d’importantes économies.
Côté aménagements, l’équipe promet la poursuite de la modernisation de l’éclairage public, la rénovation et la création de trottoirs, le développement des voies piétonnes et cyclables ainsi qu’un investissement significatif sur la voirie, évalué entre 500 000 et 600 000 euros par an. Parmi les projets cités figurent également la requalification des places et squares, la mise en valeur du Rhône, ainsi que la création de nouveaux parkings en périphérie.
Urbanisme : « reprendre la main sur le développement »
Avec une pointe d’humour, Claudine Eutedjian a assuré qu’elle allait parler urbanisme « sans que ce soit douloureux ». Derrière la formule, l’élue a défendu une vision transversale de cette compétence, qu’elle considère comme essentielle pour organiser la ville, anticiper les risques et préparer son évolution.
Elle a notamment insisté sur la nécessité de mieux équilibrer le développement entre le centre ancien et les autres quartiers de Pont-Saint-Esprit. Parmi les équipements évoqués : un pump track pour la jeunesse, un projet de padel, ainsi qu’un soutien appuyé à la réalisation d’une piscine couverte intercommunale.
La candidate a aussi présenté plusieurs pistes pour accompagner le renouvellement urbain et le développement économique : modification du PLU, élargissement du droit de préemption, soutien à la réhabilitation des façades du centre ancien, meilleure valorisation du patrimoine spiripontain, aménagement d’une liaison entre la ViaRhôna et le pont médiéval, ou encore revitalisation du secteur de l’ancien Netto.
C’est d’ailleurs sur cette friche que la liste entend voir émerger plusieurs projets structurants, dont une maison de santé pluridisciplinaire, des résidences seniors, un conservatoire de musique et divers services. Claudine Eutedjian a aussi mis en avant l’étude hydraulique globale des bassins versants engagée par la municipalité, présentée comme un préalable indispensable pour requalifier certaines zones aujourd’hui contraintes et libérer du foncier. Elle a promis, enfin, un urbanisme mené « dans un esprit de transparence », avec des consultations citoyennes sur les décisions majeures.
Commerce et attractivité : des « états généraux du centre-ville »
Sur les questions économiques, Patrice Gourret a exposé une méthode fondée sur la concertation. S’il est élu, il souhaite lancer dès le début du mandat des états généraux du centre-ville, sous la forme de quatre mois d’ateliers, de rencontres et d’enquêtes destinés à faire émerger un véritable projet d’attractivité.
Ce travail déboucherait ensuite sur la création d’une maison du commerce et de l’artisanat et sur le recrutement d’un animateur de centre-ville, dont la feuille de route serait précisément définie par ces échanges. « Il y a urgence à agir », a reconnu Patrice Gourret, tout en affirmant vouloir procéder « avec méthode, cohérence et concertation ».
Parmi les actions déjà envisagées : l’opération “vitrines actives” pour occuper temporairement des locaux vacants, l’usage du droit de préemption urbain pour orienter certaines implantations commerciales, ou encore la création d’un espace de mise en avant des producteurs et artisans locaux pour promouvoir un « Made in Saint-Esprit ».
L’objectif affiché est clair : faire reculer la vacance commerciale de 18 % à 10 % à moyen terme. Patrice Gourret a aussi plaidé pour une stratégie plus offensive à l’échelle économique, estimant que Pont-Saint-Esprit bénéficie insuffisamment de la richesse produite par son environnement industriel. Il a évoqué la création de pépinières et de résidences d’entreprises, l’accompagnement des porteurs de projets vers les financements, ou encore le renforcement des liens avec l’agglomération, la région, les chambres consulaires et les structures d’insertion.
Cohésion sociale, seniors et jeunesse
Verah Randrianasolonandrasana a donné à son intervention un ton plus social, insistant sur « les trois forces » qui, selon elle, font réussir la commune : les habitants, les agents municipaux et les élus. Revenant sur plusieurs réalisations de 2025, elle a cité le déménagement du service seniors, les anniversaires des centenaires, les ateliers numériques et bien-être, les « bancs de Noël », les sorties familiales ou encore les actions menées avec le conseil municipal des jeunes.
La candidate a également mis en avant le travail avec les délégués de quartier, les actions en faveur de l’insertion et les formations organisées localement, notamment pour des conducteurs de bus. Pour la suite, elle a présenté une ligne directrice résumée en cinq verbes : bien vivre, bien grandir, bien travailler, bien investir et bien vieillir.
Cela passerait par la création d’un espace dédié aux seniors, des visites de courtoisie à domicile pour les personnes isolées, davantage d’activités intergénérationnelles, la mise à l’honneur des jeunes diplômés, mais aussi un diagnostic social jeunesse et un renforcement du maillage partenarial dans le cadre de la politique de la ville, de la lutte contre la précarité énergétique ou encore de la prévention.
Finances : promesse de stabilité fiscale et attaques contre l’ancienne majorité
En charge des finances et des ressources humaines, Karine Bommenel a défendu la gestion de l’équipe sortante, placée selon elle sous le signe de la transparence. Elle a rappelé qu’une réunion publique spécifique avait été organisée en octobre 2024 pour présenter l’état réel des finances de la commune.
L’élue a rappelé que la taxe foncière avait été augmentée de trois points en 2023 par l’ancienne municipalité, plaçant Pont-Saint-Esprit parmi les communes aux taux les plus élevés du département. En réponse, elle a pris l’engagement de ne pas augmenter les impôts directs communaux durant le prochain mandat.
Karine Bommenel a également justifié plusieurs décisions majeures, comme le renoncement à l’achat d’un terrain destiné à accueillir un futur collège, pour un montant de 3,1 millions d’euros, au motif que ce projet relevait de la compétence du Département et aurait entraîné des coûts annexes jugés insoutenables pour la commune. Elle a aussi évoqué le dossier de la gendarmerie, construite selon elle sur un terrain inondable, et le coût important qu’impliquerait désormais la sécurisation du site.
L’élue a encore cité les charges héritées du projet de l’Hôtel-Dieu, la nécessité d’investir dans les écoles, la police municipale, l’accessibilité des bâtiments publics et la rénovation de la voirie. Sur le plan des ressources humaines, elle a assuré qu’un travail de fond avait été engagé pour redonner de la stabilité et améliorer le dialogue interne au sein des services.
Sécurité : Valère Segal revendique des résultats
C’est sur l’un des thèmes centraux de la campagne que Valère Segal a pris la parole : la sécurité. Devant les habitants réunis, le maire sortant a dressé le constat d’une ville qui s’était dégradée avant 2024, entre insécurité, recul du commerce de proximité et sentiment d’abandon du cadre de vie.
Il a revendiqué un bilan concret, rappelant que 14 actions avaient été annoncées après les élections partielles et que, selon lui, 11 ont déjà été réalisées et deux sont en cours, en seulement 21 mois. Il a cité le renforcement des effectifs de la police municipale, la création d’une brigade de nuit, l’installation d’une brigade de l’environnement, ainsi que l’extension de la vidéoprotection avec de nouvelles caméras capables de lire les plaques d’immatriculation.
Valère Segal a aussi évoqué la réactivation du Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance, les partenariats renforcés avec la préfecture, le parquet, l’Éducation nationale, les associations et la gendarmerie, ainsi que la mise à disposition de logements pour des réservistes l’été. Pour la suite, il promet de nouvelles caméras, le développement du dispositif de participation citoyenne, le renforcement des opérations tranquillité vacances et la poursuite d’une ligne mêlant prévention et fermeté.
Pour lui, la sécurité passe aussi par l’aménagement urbain : voirie, éclairage public, sécurisation des passages piétons et meilleure prise en compte du risque inondation.
Santé : une maison de santé comme projet structurant
Autre sujet majeur abordé par Valère Segal, la santé. Dans un propos marqué par une formule qui a fait réagir dans la salle — « on ne trouve pas de médecins sur Leboncoin ou Temu » — le maire sortant a insisté sur la réalité du désert médical et sur l’évolution du métier de médecin généraliste.
Selon lui, le modèle du praticien isolé appartient au passé. Les jeunes médecins souhaitent aujourd’hui travailler en équipe, au sein de structures organisées, avec d’autres professionnels de santé. C’est dans cette logique qu’il a défendu la stratégie engagée depuis 2025 à Pont-Saint-Esprit.
Il a rappelé qu’en juin 2025, la commune ne comptait plus de médecin, avant l’installation de praticiens dans des locaux aménagés par la municipalité à la caserne. « Aujourd’hui, ils sont quatre », a-t-il affirmé, en insistant sur la dynamique recréée grâce à l’accueil d’internes et de remplaçants.
La deuxième étape doit désormais être la création d’une maison de santé pluridisciplinaire, en concertation avec les professionnels de santé et la communauté professionnelle territoriale de santé. Le site privilégié est celui de l’ancien Netto, une friche jugée bien située, accessible et suffisamment vaste pour accueillir aussi d’autres projets, comme des résidences seniors, le conservatoire de musique ou des services municipaux.
Pour Valère Segal, ce projet dépasse largement la seule question médicale : il s’agit aussi de requalifier tout un quartier et de renforcer l’attractivité de Pont-Saint-Esprit. « Nous préférons agir plutôt que commenter, construire plutôt que critiquer », a-t-il lancé en conclusion sur ce dossier.
Une réunion pour exposer une ligne : bilan, continuité et contre-offensive
Au fil des interventions, la réunion publique a dessiné une stratégie politique claire pour Valère Segal et ses colistiers : défendre le bilan de deux années de mandat, revendiquer une méthode fondée sur l’action et la concertation, tout en renvoyant régulièrement la responsabilité des difficultés actuelles à l’ancienne majorité.



