Bagnols-sur-Cèze : Jean-Yves Chapelet porte plainte après la diffusion d’une image jugée violente

Le climat politique local franchit un nouveau palier de tension. Dans un communiqué diffusé ce lundi, Jean-Yves Chapelet, maire de Bagnols-sur-Cèze, annonce avoir déposé plainte après la publication, sur un profil Facebook anonyme, d’une image le représentant « la tête pendue comme un trophée sur un punching-ball », frappée symboliquement par deux candidats aux prochaines élections municipales.
Selon l’édile, cette publication a été mise en ligne le lundi 23 février 2026. Il estime qu’elle dépasse largement le cadre de la satire ou de la caricature politique. « Ce n’est pas de l’humour, ce n’est pas de la satire : c’est une banalisation de la violence envers un élu de la République », écrit-il.
Au-delà de sa personne, Jean-Yves Chapelet considère que c’est la fonction même de maire qui est visée. « Cette publication ne vise pas seulement ma personne : elle attaque la fonction de maire, elle frappe nos institutions, elle sous-entend que l’on pourrait battre un élu pour ses idées. C’est inacceptable », poursuit-il.
« Une menace contre la démocratie »
Dans son communiqué, le maire insiste sur la gravité symbolique de l’image diffusée. Il rappelle que « la violence en général et la violence politique en particulier ne sont pas une opinion » et qu’elles ne sauraient constituer un mode d’expression dans le débat démocratique. « Elles ne sont pas un argument. Elles sont une menace contre la démocratie », affirme-t-il.
Jean-Yves Chapelet dit également regretter l’absence de réaction immédiate des deux candidats représentés sur l’image, qu’il identifie comme appartenant respectivement à l’extrême-gauche et à l’extrême-droite. Il déplore aussi que l’administrateur du groupe Facebook concerné ait laissé la publication en ligne, permettant sa diffusion.
« Se taire, c’est laisser s’installer l’escalade, celle-là même qui conduit au pire, comme l’a montré la tragique et récente actualité », souligne-t-il, dans un contexte national marqué ces dernières années par plusieurs agressions visant des élus.
Une plainte déposée après échange avec la procureure
Le maire indique avoir échangé avec la procureure de la République, qui serait informée des mesures de protection déjà mises en place à son égard. À l’issue de cet échange, il a décidé de déposer plainte « pour incitation publique à la haine et à la violence, menace de crime ou délit contre les personnes ou les biens à l’encontre d’un élu ».
Il rappelle que la diffusion d’un « appel visuel à la violence » est susceptible d’engager une responsabilité, « y compris pénale ».
« Trop, c’est trop », conclut Jean-Yves Chapelet. « La critique est légitime. La violence ne le sera jamais. On ne pend pas symboliquement un élu sans réaction. La République mérite mieux : le respect, le débat, la dignité. »



