À Laudun-l’Ardoise, le sénateur Laurent Burgoa à l’écoute du nouvel exécutif municipal

Dans le cadre d’une tournée engagée depuis deux semaines à travers le Gard, le sénateur Laurent Burgoa est venu rencontrer ce lundi le nouveau maire de Laudun-l’Ardoise, Ludovic Di Rollo, ainsi que plusieurs membres de son équipe municipale. Une visite placée sous le signe de l’échange, dans une ambiance apaisée, décontractée et constructive.
Depuis les élections municipales des 15 et 22 mars derniers, le parlementaire a choisi d’aller à la rencontre des nouveaux exécutifs locaux du département. Une démarche qui s’inscrit dans la continuité de ses précédents tours du Gard, réalisés à deux reprises depuis le début de son mandat sénatorial.
« Je souhaite rencontrer les nouveaux maires élus. Contrairement aux députés qui disposent d’une circonscription plus réduite, un sénateur travaille à l’échelle de tout le département », a rappelé Laurent Burgoa. Le sénateur n’a pas manqué de rappeler non plus l’échéance des sénatoriales du 27 septembre 2026, lors desquelles les grands électeurs – principalement issus des conseils municipaux – seront appelés à voter. Dans le Gard, ils sont environ 2 000.
« Le Sénat est la chambre des collectivités territoriales »
Face aux élus laudunois, Laurent Burgoa a défendu le rôle du Sénat comme relais des préoccupations locales. « Le Sénat est la chambre des collectivités territoriales. Nous évoquons les sujets des élus pour améliorer les textes. On vote parfois des lois-cadres qui ne tiennent pas assez compte des réalités de terrain. Les problématiques ne sont pas les mêmes à Paris qu’à Laudun-l’Ardoise », a-t-il souligné.
Le sénateur a notamment pris l’exemple de la loi Zéro artificialisation nette (ZAN), jugée parfois difficilement applicable dans les territoires ruraux ou semi-ruraux. Il s’est également montré critique sur la suppression de la taxe d’habitation : « Je n’y étais pas favorable. Les communes ont besoin d’un impôt sur lequel elles ont un impact direct. »
Éducation, santé, sécurité, environnement, organisation territoriale… Laurent Burgoa a plaidé pour une vision globale de l’action publique, tout en rappelant que « les communes restent les collectivités préférées des citoyens, car elles sont les plus proches d’eux ».
Des projets structurants pour la commune
Cette rencontre a permis au maire Ludovic Di Rollo de présenter plusieurs dossiers majeurs. En tête de liste : la création d’un troisième gymnase sur la commune. Les deux équipements actuels, âgés d’une cinquantaine d’années, ne répondent plus pleinement aux besoins.
« Nous sommes à la recherche de financements », a indiqué l’édile, évoquant notamment la baisse des enveloppes DETR (Dotation d’équipement des territoires ruraux). Laurent Burgoa a invité la commune à mobiliser plusieurs leviers : « Il faut aller chercher la DETR, mais aussi les contrats territoriaux auprès du conseil départemental du Gard et même la région Occitanie. »
Le sénateur a toutefois rappelé la temporalité propre aux projets municipaux : « Le temps municipal est un temps administratif long, avec les études, les appels d’offres… Et ces études représentent déjà un poids budgétaire important pour les communes. »
Jeunesse, sport et nouvelles attentes
Parmi les annonces municipales figure également la future création d’un Conseil municipal des jeunes (CMJ). Une initiative saluée par Laurent Burgoa, qui a d’ores et déjà invité les futurs jeunes élus à visiter le Sénat.
« La nouvelle génération a de nouvelles attentes et elle est très attentive à l’environnement », a-t-il observé. Selon lui, cela se traduit aussi dans les équipements sportifs recherchés aujourd’hui : « On demande davantage un pumptrack ou un city stade que des terrains de tennis ou de football comme autrefois. »

Agriculture, eau et viticulture : des enjeux majeurs
Les échanges ont également porté sur les grands sujets économiques du territoire. Laurent Burgoa a évoqué la viticulture locale, confrontée à de profondes mutations. « Cela me crève le cœur de voir des zones en jachère. On remplace parfois la vigne par des oliviers ou des grenadiers. Il faut accompagner cette restructuration de manière raisonnée. »
Le sénateur a aussi insisté sur la question de l’eau, cruciale selon lui pour l’avenir du Gard rhodanien. Il a réaffirmé son soutien au projet d’irrigation porté par l’agglomération du Gard rhodanien sous la compétence de Véronique Herbé (maire de Saint Victor la Coste) et désormais porté par Cédric Clémente (maire de Lirac).
« Une fois que l’eau du Rhône rejoint la mer, on l’a perdue. Il faudra aussi des retenues pour stocker l’eau qui tombe du ciel, sans aller puiser dans les nappes », a-t-il estimé, se disant prêt à défendre des financements européens et étatiques.
Nucléaire, traditions et proximité
Laurent Burgoa a également réaffirmé son soutien à la filière nucléaire gardoise, saluant le travail mené avec l’ancien député Anthony Cellier (entre 2017 et 2022). « Le Gard doit être entendu et défendu dans sa diversité », a-t-il déclaré.
Interrogé sur les traditions taurines, le sénateur s’est montré clair : « Je défends toutes les traditions. Si elles doivent disparaître, elles disparaîtront d’elles-mêmes. Mais pourquoi interdire aux gens d’y aller ? » Il a cependant alerté sur la question des assurances : « S’il n’y a plus d’assurance, il n’y aura plus de traditions. Il faut être exemplaire. Sans taureaux ni fête votive, c’est de la dynamique en moins pour la commune. »
L’adjoint Julien Bermudez a d’ailleurs indiqué vouloir recentrer la fête votive dans le cœur du village.
« N’hésitez pas à me solliciter »
La fermeture annoncée d’une classe à l’école Lapierre, le dossier de la gare de l’Ardoise, la restauration scolaire avec un projet de cuisine centrale en circuit court reliée à un futur EHPAD, ou encore la gestion des obligations légales de débroussaillement ont aussi été évoqués.
Au terme de la rencontre, Laurent Burgoa a réaffirmé sa disponibilité auprès de la nouvelle équipe municipale : « Être parlementaire, c’est être ambassadeur de son territoire et porter ses projets. N’hésitez pas à me solliciter en cas de difficultés. » Une main tendue que le nouvel exécutif laudunois ne manquera sans doute pas de saisir dans les mois à venir.



