Bagnols-sur-Cèze : un budget 2026 entre économies immédiates et projets réinterrogés

Le conseil municipal de Bagnols-sur-Cèze, réuni ce mercredi 29 avril, a adopté le budget principal 2026 de la commune à l’unanimité (l’opposition s’étant abstenue au moment du vote de la délibération). Un budget présenté par Denis Daude, adjoint aux finances, dans un contexte financier jugé particulièrement contraint par la nouvelle majorité municipale. Entre recherche d’économies, endettement élevé et remise à plat de certains investissements hérités de l’ancienne mandature, les débats ont notamment porté sur le possible abandon de la couverture du moyen bassin de la piscine Guy-Coutel.
Un budget marqué par un redressement annoncé
En préambule, Denis Daude a rappelé que le budget primitif constitue « le premier acte obligatoire du cycle budgétaire annuel » et autorise la commune à engager ses dépenses et recettes pour l’exercice 2026.
L’élu a surtout insisté sur la situation trouvée par la nouvelle équipe municipale. « Dans le projet de budget 2026 de la précédent municipalité, l’excédent s’est avéré être un déficit de 1,39 million d’euros. Après plusieurs ajustements nécessaires, nous avons réussi à obtenir un excédent positif de 218 980 euros », a-t-il expliqué.
Le budget principal s’équilibre à 30 081 794 euros en fonctionnement et 12 660 357 euros en investissement.
Pas de hausse de fiscalité locale
Parmi les recettes de fonctionnement, la commune prévoit :
- 18,64 millions d’euros de fiscalité locale
- 7,89 millions d’euros de dotations et subventions
Denis Daude a tenu à annoncer qu’aucune hausse de fiscalité locale n’interviendra en 2026 pour la part communale. Une annonce qui s’est confirmée quelques minutes plus tard par l’adoption des taux de la fiscalité locale. « Malgré une situation extrêmement critique » comme l’a indiqué Pascale Bordes.
La masse salariale sous surveillance
Du côté des dépenses de fonctionnement, les principaux postes concernent :
- 7,14 millions d’euros de charges à caractère général
- 15,59 millions d’euros de charges de personnel
Soit près de 57 % des dépenses réelles de fonctionnement.
« La maîtrise de la masse salariale est une priorité de la nouvelle municipalité », a insisté l’adjoint aux finances. Il a toutefois précisé que la hausse de 2,31 % par rapport au budget 2025 s’explique notamment par le glissement vieillesse technicité (GVT) et la revalorisation des cotisations CNRACL.
Baisse nette des subventions aux associations
L’un des marqueurs politiques de ce budget concerne la baisse de l’enveloppe dédiée aux associations, ramenée à 465 000 euros, contre plus de 700 000 euros lors du dernier budget voté sous la majorité de Jean-Yves Chapelet.
Denis Daude a néanmoins nuancé cette réduction : « Nous avons discuté avec chacune des associations afin d’étudier et ajuster au cas par cas en fonction des besoins réels. Des réajustements restent possibles en cours d’année. »
La subvention au CCAS est, elle, maintenue à 590 000 euros.
Un investissement financé largement par l’emprunt
La section investissement repose en grande partie sur l’endettement. Sur les 12,66 millions d’euros de recettes, la commune prévoit :
- 2,83 millions d’euros de subventions
- 4,96 millions d’euros d’emprunts
Denis Daude a reconnu qu’« au regard de la situation budgétaire, il est nécessaire de prévoir un emprunt d’équilibre suffisamment important afin de garder des marges de manœuvre », ajoutant qu’un emprunt de 2,92 millions d’euros pourrait finalement s’avérer indispensable en fin d’année.
L’élu a également dénoncé le poids de la dette : « En cinq ans, 13,5 millions d’euros ont été dépensés pour rembourser la dette. C’est énorme. »
Passerelle maintenue, piscine en suspens
Parmi les principales dépenses d’investissement figurent :
- 5,15 millions d’euros pour la passerelle de la Cèze
- 981 000 euros pour la couverture du bassin moyen de la piscine Guy-Coutel
- 977 000 euros pour la réfection de chaussées
- aides aux façades, mobilier, patrimoine et études diverses
Concernant la passerelle, la municipalité estime qu’il n’est désormais « malheureusement impossible » d’arrêter les travaux au vu de leur état d’avancement.
En revanche, la couverture de la piscine est clairement remise en question. Denis Daude a indiqué qu’un abandon restait à l’étude si celui-ci permettait de réaliser de véritables économies et de réorienter les crédits vers des priorités jugées plus utiles aux habitants.
La piscine au cœur du débat politique
Le sujet a animé les échanges avec l’opposition.
Jérôme Jackel a défendu le projet en rappelant l’importance de l’apprentissage de la natation : « Le savoir nager est très important pour les enfants. Il n’y a pas de piscine couverte dans le Gard rhodanien. On a besoin d’un outil. »
Christine Muccio a également souligné que « le dispositif apprendre à nager est obligatoire et inscrit dans le programme de l’Éducation nationale ».
La maire Pascale Bordes a répondu sans fermer la porte à un équipement aquatique, mais en contestant le projet actuel : « Le territoire et la commune ont besoin d’une piscine couverte, c’est une évidence, mais pas à n’importe quel prix. Dépenser autant d’argent pour couvrir un bocal à poissons, un vieux bassin moyen, ne changera pas la réalité de la vétusté des installations. »
L’édile a affirmé travailler à « un autre projet plus adapté au territoire », tout en appelant à « faire preuve de patience ».
Une ligne budgétaire de rigueur
Enfin, Denis Daude a annoncé une vigilance renforcée sur les dépenses annexes : rémunération des intermédiaires, honoraires, communication et frais de représentation seront « restreints au strict nécessaire ».
À travers ce premier budget complet de la nouvelle majorité, l’exécutif bagnolais affiche donc une ligne claire : restaurer des marges financières, contenir les dépenses et réexaminer les grands projets engagés. Reste à savoir si cette stratégie de rigueur permettra de répondre, en parallèle, aux attentes concrètes des habitants.



