A la UneActualitésBagnols-sur-CèzeEconomiePolitique

Bagnols-sur-Cèze : un premier débat d’orientation budgétaire prudent en attendant l’audit financier

Ce jeudi 16 avril 2026, le conseil municipal de Bagnols-sur-Cèze s’est réuni avec, en point central, la tenue du débat d’orientation budgétaire (DOB), étape incontournable avant le vote du budget primitif. Une séance également marquée par de nombreux échanges entre majorité et opposition autour de l’état des finances communales, de la sécurité et de la question du culte.

Un cadre budgétaire actualisé avant le débat

En ouverture de séance, les élus ont adopté l’actualisation du règlement budgétaire et financier (RBF), document structurant qui encadre la gestion comptable de la collectivité. « Cette mise à jour s’inscrit dans la continuité du passage au référentiel comptable M57, en vigueur depuis le 1er janvier 2024 », précise l’adjoint aux finances Denis Daude.

  • la gestion pluriannuelle des investissements via les autorisations de programme (AP) et d’engagement (AE),
  • la mise en place du compte financier unique (CFU), fusion du compte administratif et du compte de gestion,
  • ainsi que des outils de souplesse budgétaire, permettant des ajustements entre chapitres dans des limites réglementaires.

Sans opposition ni abstention, le conseil municipal a validé ce règlement, préalable technique indispensable avant les futures délibérations budgétaires.

Un débat d’orientation budgétaire au cœur des enjeux

Présenté par l’adjoint aux finances Denis Daude, le rapport d’orientation budgétaire a posé les bases du futur budget 2026. Conformément à la réglementation, ce débat doit intervenir dans les deux mois précédant l’examen du budget primitif et donner lieu à un vote actant sa tenue.

Dès l’introduction, le ton est donné : la majorité municipale décrit une situation financière « dégradée, sinon critique », héritée du mandat précédent. En cause, selon l’élu aux finances puis selon la maire Pascale Bordes, un volume important d’investissements récents – près de 800 000 euros de travaux de voirie en fin de mandat – financés en grande partie par l’emprunt.

Conséquences directes avancées :

  • une épargne nette limitée à environ 600 000 euros,
  • une capacité d’investissement jugée « très faible »,
  • et une durée de désendettement estimée à plus de 8 ans.

Face à ce constat, la municipalité annonce un budget 2026 « de transition », placé sous le signe de la rigueur. L’objectif affiché est clair : restaurer des marges de manœuvre financières pour relancer, à terme, des projets structurants, notamment dans le domaine scolaire.

Un audit financier complet sera lancé afin de disposer d’une vision précise de la situation. La maire, Pascale Bordes, insiste toutefois sur un point : « il n’y aura pas d’augmentation de la fiscalité locale ».

L’opposition conteste un diagnostic « alarmiste »

Dans les rangs de l’opposition, Michèle Fond Thurial (adjointe au maire sous la précédente mandature) a réagi à cette présentation, dénonçant un « réquisitoire sévère » contre la gestion précédente.

S’appuyant sur plusieurs indicateurs financiers, l’élue a relativisé la gravité de la situation :

  • une épargne nette positive, bien que modeste,
  • une capacité de désendettement inférieure à 10 ans, seuil généralement considéré comme acceptable,
  • et l’absence de certains indicateurs clés dans le rapport, comme le taux de rigidité des dépenses.

Elle a également défendu les investissements réalisés, notamment en matière de voirie, estimant qu’ils répondent à des besoins concrets de la population.

Au-delà du diagnostic, l’opposition a surtout pointé un manque de visibilité sur les orientations futures : « quelles décisions concrètes pour redresser les finances ? », a-t-elle interrogé, évoquant les leviers possibles comme les dépenses de fonctionnement ou les subventions.

La majorité assume une ligne de rigueur

En réponse, la maire Pascale Bordes a maintenu une lecture globale « préoccupante » des finances, insistant sur l’effet cumulé des indicateurs : faible épargne, endettement élevé et capacité de désendettement en hausse.

« C’est l’addition de ces facteurs qui est problématique », a-t-elle défendu, estimant que la situation limite fortement les possibilités d’investissement futur.

Elle a également mis en garde contre un recours supplémentaire à l’emprunt, qui risquerait d’aggraver la situation. L’audit financier annoncé devra permettre d’affiner les choix et d’identifier les marges d’action.

Des questions diverses tournées vers le quotidien

En fin de séance, plusieurs élus ont abordé des problématiques locales :

Sécurité et circulation autour des écoles, notamment dans le quartier des Estouzilles, où les conditions sont jugées difficiles aux heures d’entrée et de sortie.

Une situation qui devrait durer selon Pascale Bordes, les lieux étant entourés de rues étroites ne permettant pas une réouverture à la circulation.
• Sécurisation d’un lotissement quartier de Bazine proche de la voie ferrée, avec l’éventualité d’un aménagement en lien avec la SNCF.
Pascale Bordes a annoncé que des discussions conjointes auraient lieu entre la municipalité, la SNCF propriétaire d’une partie du terrain en question et les autres parties prenantes du dossier.
• Devenir du site de la Citadelle, après démolition du bâtiment central (Espace Schuman), avec des interrogations sur son usage futur, entre espace vert ou projet associatif.
• Organisation de la fête de l’Aïd, un élu ayant demandé la possibilité de prêter le stade Leo Lagrange pour les célébrations de l’Aïd (fête religieuse musulmane) sujet sur lequel la maire Pascale Bordes a rappelé le principe de séparation entre collectivités et culte, refusant la mise à disposition d’équipements municipaux. (Et particulièrement un stade dont la pelouse a été refaite en synthétique il y a quelques années et doit être préservée).

Un début de mandat placé sous le signe de la transition

Ce premier débat d’orientation budgétaire du mandat donne le ton : la municipalité entend privilégier une gestion prudente, avec une priorité donnée au redressement financier.

Reste désormais à traduire ces orientations dans le budget primitif 2026, attendu lors du conseil municipal du 29 avril prochain, et à préciser les arbitrages concrets qui en découleront.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page