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Gard rhodanien : un territoire qui veut donner envie aux internes de médecine de s’y installer

Le Gard rhodanien a déroulé le tapis rouge à ses nouveaux internes de médecine à l’occasion de la troisième cérémonie d’accueil organisée sur le territoire. Un moment d’échanges et de convivialité destiné à présenter les atouts du territoire, mais aussi à créer des liens entre les futurs médecins, les professionnels de santé déjà installés et les élus locaux.

Ils sont treize internes actuellement accueillis au centre hospitalier de Bagnols-sur-Cèze, auxquels s’ajoutent plus d’une dizaine d’internes exerçant hors de l’hôpital, dans différentes communes du territoire comme Connaux, Roquemaure, Pont-Saint-Esprit ou encore Goudargues. Tous ont été reçus dans une ambiance chaleureuse, avec une volonté clairement affichée : leur donner envie de revenir exercer durablement dans le Gard rhodanien.

Vice-président de l’Agglomération du Gard rhodanien délégué à la santé, le médecin radiologue et maire de Pont Saint Esprit Valère Segal a insisté sur la qualité de vie offerte par le territoire. « C’est une grande joie et une certaine fierté de vous accueillir », a-t-il déclaré aux internes. Il a décrit un territoire « au carrefour des garrigues, des Cévennes et de la Provence », où « il n’y a pas de meilleure façon de découvrir un terroir que par ses saveurs ».

Au-delà de l’image patrimoniale, Valère Segal a tenu à rappeler que le Gard rhodanien est « un territoire tourné vers l’avenir », avec l’implantation d’industries liées à la décarbonation, une agriculture « vivante, innovante et reconnue » ainsi qu’un secteur touristique porté par « des paysages d’exception et un patrimoine millénaire ». « C’est un territoire qui bouge, qui se réinvente et qui entreprend », a-t-il insisté.

« Votre installation est aussi un projet de vie »

Conscient des difficultés d’installation rencontrées par les jeunes médecins, le vice-président a rappelé que l’enjeu ne se limitait pas au seul exercice professionnel. « Votre installation ne se joue pas seulement sur votre lieu d’exercice, mais aussi pour votre famille », a-t-il expliqué.

L’Agglomération travaille ainsi avec plusieurs partenaires via sa démarche Prov’Occ, pour faciliter l’arrivée des internes et futurs médecins : accompagnement à l’emploi pour les conjoints, solutions d’accueil pour les enfants dans les écoles et les crèches, aides à l’installation… « L’objectif est que l’implantation d’un projet de vie ne soit pas une source de tracas », a résumé Valère Segal.

Le territoire dispose également d’une maison des internes comprenant cinq chambres et deux studios, un équipement rare financé par l’Agglomération du Gard rhodanien. Les logements y sont proposés gratuitement aux internes. « Une base de vie agréable et un point de départ », selon l’élu.

Médecin lui-même, Valère Segal a également évoqué sa propre expérience. « Il y a vingt ans, j’ai fait le choix de quitter Paris. Quelque chose m’a conquis ici et je vous invite à découvrir ces mêmes charmes », a-t-il confié, évoquant « le patrimoine, les paysages, la richesse gastronomique et une histoire longue et dense que peu de territoires peuvent revendiquer ».

Créer du lien entre les générations de médecins

Président de la CPTS Valis Bona, médecin généraliste et maître de stage universitaire, le docteur Juge a lui aussi pris la parole pour rappeler l’importance de cette dynamique collective. « Cette cérémonie permet de se connaître, ce qui est important dans un territoire », a-t-il souligné.

Il a insisté sur les difficultés actuelles du monde médical : manque de médecins et de professionnels de santé, pression politique et financière, exercice parfois complexe. « Ce n’est pas simple aujourd’hui d’exercer la médecine », a-t-il reconnu devant les internes.

Mais malgré ce contexte, le praticien a salué « la volonté forte de tous d’être présents pour vous, de vous aider et de vous accompagner ». Il a également rappelé que le Gard rhodanien pouvait offrir de réelles opportunités professionnelles et humaines : « Il n’y a pas que le CHU de Nîmes ou Montpellier pour offrir des choses intéressantes ».

Comme Valère Segal, le docteur Juge a raconté son propre parcours. « Je n’avais pas prévu de rester ici au départ », a-t-il expliqué, avant d’ajouter que cette expérience pouvait, elle aussi, « devenir un projet » pour les jeunes internes présents.

« Pour soigner les autres, il faut aussi prendre soin de soi »

Au cours de cette soirée, les intervenants ont également évoqué les enjeux de santé mentale des professionnels de santé. Le contrat local de santé mentale porté sur le territoire a notamment été présenté comme un outil d’accompagnement supplémentaire.

« Pour soigner les autres, il faut aussi prendre soin de soi », a rappelé le docteur Juge.

Avec ses 44 communes, ses 76 000 habitants répartis sur 630 km² et ses 55 % d’espaces naturels, le Gard rhodanien mise désormais sur cette qualité de vie et sur l’accompagnement humain pour renforcer son attractivité médicale. Un pari qui semble commencer à porter ses fruits. Comme l’a souligné Nathalie Frayssines, médecin généraliste à la tête de la Maison Médicale de Garde, « c’est la première fois que des internes reviennent grâce au réseau et aux discussions entre générations ».

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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