« La plus grande erreur qui a été la mienne a été de ne pas réussir à m’accrocher » : Pierre Meurin s’explique trois mois après les municipales de Pont-Saint-Esprit

Trois mois après les élections municipales de Pont-Saint-Esprit, au cours desquelles le Rassemblement national n’a finalement pas présenté de liste malgré des ambitions affichées de longue date, le député RN de la 4e circonscription du Gard, Pierre Meurin, a tenu une réunion publique à la salle des fêtes afin de revenir sur cet épisode politique qui a marqué la campagne spiripontaine.
D’entrée, le parlementaire a reconnu sans détour ce qu’il qualifie lui-même d’« échec ». « Il y a des gens qui attendent une explication de texte sur mon échec, il faut le dire, à présenter une liste Rassemblement national pour la commune de Pont-Saint-Esprit », a-t-il déclaré devant quelques dizaines de personnes, parmi lesquelles des militants, des sympathisants, des élus et des habitants venus entendre ses explications.
« Le premier déçu, c’est moi »
Pierre Meurin a expliqué avoir volontairement attendu plusieurs mois avant de s’exprimer publiquement sur le sujet. Selon lui, cette période lui a permis d’analyser la situation avec davantage de recul.
« Le premier déçu, le premier frustré, c’est moi », a-t-il affirmé, rappelant les espoirs nourris par son camp après les résultats enregistrés lors des dernières échéances électorales à Pont-Saint-Esprit.
Le député a notamment souligné les scores obtenus par le RN sur la commune ces dernières années : ses 63 % aux législatives de 2022, les 35 % recueillis par Emmanuel Lepargneux lors de la municipale partielle de 2024 ou encore ses 61 % lors des législatives de 2024.
« Nous considérions ces résultats comme encourageants. Nous pensions que 2026 était plus que jouable, même gagnable », a-t-il insisté.
Une scission et un départ jugés déterminants
Pour expliquer l’absence de liste RN, Pierre Meurin pointe principalement deux événements survenus après les municipales partielles de 2024.
Le premier est la scission intervenue au sein du groupe d’opposition issu du RN au conseil municipal. Le second concerne le départ d’Emmanuel Lepargneux, tête de liste lors des municipales anticipées de 2024, qui a choisi de reprendre ses études.
« La plus grande erreur qui a été la mienne a été de ne pas réussir à raccrocher Emmanuel Lepargneux pour qu’il soit tête de liste en 2026 », a reconnu le député.
Selon lui, cette situation a rendu l’objectif de constituer une équipe crédible particulièrement difficile. « Nous avons multiplié les réunions pour essayer de trouver une tête de liste, mais nous n’avons pas trouvé la bonne solution », a-t-il expliqué.
Pierre Meurin estime aujourd’hui que ces deux événements ont « tétanisé le projet » et compromis la continuité politique que le RN souhaitait construire à Pont-Saint-Esprit.
Le choix de rester député
L’autre question à laquelle le parlementaire a souhaité répondre concerne son propre positionnement.
Pourquoi ne s’est-il pas présenté lui-même à la mairie, à l’image d’autres responsables RN ayant choisi de briguer un mandat municipal ?
Pierre Meurin assure s’être posé la question mais avoir préféré poursuivre son mandat à l’Assemblée nationale.
« J’ai souhaité conserver mon mandat parlementaire parce que je veux participer à la bataille législative qui s’annonce l’année prochaine et rester député en vue de passer du statut de député d’opposition à député de la majorité si notre famille politique remporte les prochaines échéances nationales », a-t-il expliqué.
Le député affirme également qu’il souhaitait continuer à défendre l’ensemble des 96 communes de sa circonscription plutôt que de concentrer son action sur une seule collectivité.
Une préférence assumée pour Valère Segal
Au cours de son intervention, Pierre Meurin est également revenu sur sa position pendant la campagne municipale. Il a reconnu avoir manifesté une certaine préférence pour le maire sortant Valère Segal.
Une position qu’il justifie par les enjeux liés à la présidence de l’Agglomération du Gard rhodanien. Selon lui, la réélection de Valère Segal représentait alors « la seule petite chance » de voir Pascale Bordes accéder à la présidence de l’intercommunalité face à Christophe Serre.
Le député reconnaît toutefois aujourd’hui s’être trompé dans cette analyse politique.
« Je regrette infiniment de m’être trompé », a-t-il déclaré, tout en estimant que l’issue du vote communautaire aurait été identique.
Un bilan parlementaire revendiqué
Dans la dernière partie de son intervention, Pierre Meurin a défendu son action à l’Assemblée nationale.
Le député a notamment mis en avant son combat contre les Zones à faibles émissions (ZFE), qu’il considère comme une mesure pénalisant les habitants des territoires ruraux et les ménages modestes.
Il a également évoqué son implication sur plusieurs dossiers locaux, parmi lesquels la défense d’un aérodrome de proximité, la lutte contre les fermetures de classes ou encore les questions liées au handicap et à l’autisme dans le Gard.
S’appuyant sur son activité parlementaire, Pierre Meurin a rappelé figurer parmi les députés les plus actifs de l’Assemblée nationale en matière d’amendements déposés et de prises de parole.
« Je suis là pour servir. Quand on veut servir, on ne réussit pas tout, mais on continue à avancer », a conclu le député gardois, qui entend désormais poursuivre son travail parlementaire tout en maintenant son implantation politique à Pont-Saint-Esprit malgré l’échec des municipales.



