À Sauve, Maxime Adoul et Loann Daniel ouvrent « Chai Nous », une nouvelle table gastronomique qui fait déjà parler d’elle

Au cœur des ruelles pavées de Sauve, l’un des plus beaux villages médiévaux du Gard, une nouvelle adresse attire depuis quelques mois les amateurs de gastronomie. Ouvert le 1er avril 2026, « Chai Nous – Table de vignobles » est le premier restaurant de Maxime Adoul et Loann Daniel, un jeune couple de passionnés qui a choisi de quitter le rythme des saisons dans les grandes maisons pour réaliser son rêve : ouvrir son propre établissement.
Un projet né presque par hasard… mais guidé par une véritable évidence.
Un coup de cœur pour un village et une cave
Rien ne prédestinait le couple à s’installer à Sauve. Entre deux saisons, ils s’arrêtent simplement dans le village pour déjeuner. Au fil de la discussion, ils apprennent que les propriétaires souhaitent vendre leur établissement.
« Ça a été un pur hasard. Loann et moi faisions les saisons. On s’est arrêtés ici pour manger et, au cours de la soirée, on a appris que le restaurant était à vendre. On a eu un véritable coup de cœur, notamment pour la cave souterraine et pour l’emplacement. Le village, la place, l’ambiance… tout était réuni pour qu’on s’installe ici », raconte Maxime.
Originaire de Sommières, le jeune chef connaît Sauve depuis toujours.
« J’ai toujours dit que je voulais ouvrir un restaurant au bord du Vidourle. Finalement, ce ne sera pas à Sommières mais à Sauve. C’était comme une évidence. »
Depuis, le couple a entièrement repensé le lieu pour en faire une adresse chaleureuse, tournée vers une gastronomie accessible et profondément ancrée dans son territoire.
Deux jeunes professionnels aux parcours déjà riches
À seulement 27 ans, Maxime Adoul possède déjà un solide bagage. Son histoire avec la cuisine commence presque par hasard.
« À la fin de la troisième, je ne savais pas quoi faire. J’ai dit à mes parents : pourquoi pas la cuisine ? »
Il intègre alors le lycée hôtelier de Saint-Chély-d’Apcher avant de poursuivre en BTS au CFA de Marguerittes, en alternance au restaurant Alexandre, chez Michel Kayser. Par la suite, il multiplie les expériences dans plusieurs établissements renommés, notamment dans l’univers de Gilles Goujon, avant d’occuper le poste de second de cuisine à La Table d’Émilie à Marseillan.
« J’ai toujours voulu entreprendre. Même quand je débutais, je savais qu’un jour j’ouvrirais mon établissement. »
À ses côtés, Loann Daniel, 24 ans, apporte toute son expérience de l’hôtellerie-restauration et de la sommellerie.
Originaire du Sud-Ouest, elle suit un BTS Management de l’Hôtellerie-Restauration à Biarritz avant de travailler dans plusieurs établissements gastronomiques, au Pays basque, à Megève puis à Saint-Barthélemy, dans les Caraïbes.
C’est justement lors d’une saison d’hiver à Megève que les deux jeunes professionnels se rencontrent.
« Au départ, travailler ensemble n’était pas prévu. Tout s’est fait naturellement, comme l’achat du restaurant. »
Son parcours international lui est aujourd’hui particulièrement utile.
« À Sauve, il y a énormément d’étrangers. On accueille une clientèle venue de nombreux pays. L’anglais et l’espagnol sont devenus indispensables. »
Une cuisine qui raconte le territoire

Chez Chai Nous, chaque assiette est pensée autour du produit.
Pas de carte figée : les menus évoluent constamment selon les saisons, les arrivages et les producteurs.
« Nous privilégions les produits gardois dès que possible, les petits producteurs, les petits bateaux de Méditerranée. On dépend parfois de la criée. Si le poisson prévu n’est pas disponible, je l’explique directement aux clients. La fraîcheur passe avant tout. »
Cette philosophie se retrouve dans chacune des créations du chef.
Le pâté en croûte, devenu l’une des signatures de la maison, associe canard, foie gras et porc. Mais le détail qui intrigue est ailleurs : une huile de noix provenant directement du grand-père de Loann.
« On essaie toujours de rappeler notre identité. Les huiles aromatisées font partie de notre cuisine. Je les réalise moi-même selon les saisons : huile de feuilles de figuier, de lavande, de persil, de tagète ou encore de noix. Elles apportent davantage de parfum et de longueur en bouche. »

Autre incontournable : le ceviche de muge méditerranéen.
Servi autrefois parmi les tapas, il est devenu une véritable entrée gastronomique.
« Les clients venaient spécialement pour ce plat. On l’a donc réintégré à la carte. »
Le poisson est relevé d’une huile à la lavande, de zestes d’agrumes, de fleur de sel et d’une touche de piment d’Espelette, offrant une interprétation tout en finesse des saveurs méditerranéennes.
La créativité au service du produit
Chez Maxime Adoul, rien ne se perd.
Les fraises arrivées en fin de maturité deviennent un ketchup grâce à la lactofermentation.
« La lactofermentation permet de conserver le produit pendant plusieurs mois tout en développant une acidité naturelle. Il me restait des fraises. J’ai lancé une fermentation, réalisé un ketchup, puis je l’ai associé aux haricots verts. C’était le petit peps qu’il manquait au plat. »
Le chef aime également remettre au goût du jour des produits peu présents sur les cartes gastronomiques.
C’est le cas de la roussette, travaillée façon bouillabaisse.
« Mon poissonnier m’a proposé de la roussette. J’ai accepté de tenter l’expérience. J’adore la bouillabaisse, ses saveurs puissantes et généreuses. Après une grande journée consacrée à ce plat, je me suis dit qu’il serait intéressant d’en retrouver les arômes dans une version gastronomique. »
Même philosophie avec la longe de cochon fumée au kamado.
La viande provient de La Table de Solange, dans l’Aveyron.
« J’ai découvert leurs produits lorsque je travaillais à Marseillan. Depuis, je continue avec eux. La qualité est exceptionnelle. Je prépare moi-même la longe, je la ficelle puis je la cuis lentement au kamado, un barbecue japonais. En fin de cuisson, j’ajoute du bois de cerisier pour accentuer les notes fumées. »
Un plat réconfortant que le chef imagine déjà comme un incontournable de la maison.

Des desserts inspirés par le jardin
Même les desserts racontent une histoire.
L’abricot est associé à une crème Fontainebleau, réalisée à base de fromage blanc, et à un granité au romarin.
Le romarin ?
Il provient directement du jardin du restaurant.
« Je cherche toujours à apporter une note de fraîcheur dans mes desserts. Le romarin pousse juste derrière la terrasse où mangent les clients. »

Une cave au cœur du projet
Si la cuisine constitue l’âme du restaurant, le vin en est le second pilier.
Le nom « Chai Nous » prend alors tout son sens.
La cave souterraine, véritable coup de cœur lors de l’achat, accueille aujourd’hui près d’une centaine de références de vignerons indépendants soigneusement sélectionnées par Loann Daniel.
L’accord mets-vins fait partie intégrante de l’expérience proposée.

Une ambition assumée
Depuis son ouverture, Chai Nous ne cesse d’évoluer.
Les propriétaires envisagent déjà plusieurs travaux afin de moderniser encore davantage la salle et de renforcer le caractère chaleureux du lieu.
Sur le plan culinaire, Maxime souhaite poursuivre la montée en gamme.
« Notre objectif est de continuer à progresser. Aujourd’hui, nous proposons le menu gastronomique uniquement le soir. À long terme, nous aimerions le servir midi et soir. »
Et pourquoi ne pas viser les grands guides gastronomiques ?
« C’est évidemment trop tôt. Il reste énormément de travail. Mais oui, un jour, on aimerait décrocher des récompenses. Une étoile Michelin serait un rêve. »
« Venez découvrir notre univers »
Avant de conclure, le jeune couple adresse un message simple à ceux qui hésitent encore à pousser la porte du restaurant.
« Le mot qui nous représente le mieux, c’est « découverte ». Nous voulons faire découvrir notre univers. Nous sommes deux jeunes passionnés qui donnent tout chaque jour. Les clients reviennent, ils sont fidèles. Nous voulons qu’ils se sentent ici comme chez eux… chez nous. »
Une philosophie qui résume parfaitement cette nouvelle adresse gastronomique cévenole, où authenticité, produits de saison et passion du métier se rencontrent dans l’assiette.
Parmi les actualités du restaurant on retrouve la 2eme édition de la soirée bouillabaisse ce samedi 25 juillet à partir de 40€ de 19h à 21h.
Informations pratiques
Chai Nous – Table de vignobles
5 place du Docteur Jean Astruc, 30610 Sauve
Ouverture :
- Du mercredi au dimanche
- Service du midi et du soir
- Fermé le lundi et le mardi
Tarifs :
- Formule déjeuner : 32 €
- Menus gastronomiques du soir en 4 ou 5 temps : 55 € et 65 € (hors accords mets-vins)
Le restaurant propose également une carte évolutive suivant les saisons, les arrivages et les inspirations du chef, ainsi qu’une cave riche d’une centaine de références de vignerons indépendants soigneusement sélectionnées.



