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Menaces contre Christophe Rivenq : une vague de soutien après des intimidations d’une extrême gravité

L’émotion est vive dans le Gard après les menaces de mort visant Christophe Rivenq, maire d’Alès et président d’Alès Agglomération. Des inscriptions injurieuses découvertes sur les murs de son domicile, une enveloppe contenant deux balles de calibre 9 mm déposée dans sa boîte aux lettres et des références à la « DZ Mafia » ont provoqué une onde de choc bien au-delà des frontières cévenoles. Face à ces actes d’intimidation, l’élu a affirmé qu’il ne céderait pas à la peur, tandis qu’un large front républicain s’est constitué pour lui apporter son soutien.

Les faits se sont déroulés alors que l’épouse de Christophe Rivenq rentrait de sa journée de travail. En relevant le courrier, elle découvre une enveloppe portant des insultes et des menaces. Alertées, les forces de l’ordre interviennent rapidement et mettent au jour deux balles de 9 mm à l’intérieur. En faisant le tour de son domicile, le maire découvre également des tags menaçants sur le mur de clôture, signés au nom de la « DZ Mafia ».

Lors de sa première prise de parole, Christophe Rivenq a d’abord évoqué le traumatisme vécu par son épouse. « Elle a été sidérée », confie-t-il, avant d’assurer que cette intimidation ne modifiera en rien son engagement. « Il ne fallait pas céder face à l’intimidation, face aux menaces. Au contraire, il faut rester debout et continuer à lutter contre toutes les formes de violence, notamment le narcotrafic. »

Le maire d’Alès estime d’ailleurs que ces menaces pourraient être liées aux actions menées depuis plusieurs années contre les réseaux criminels, en étroite collaboration avec le parquet, la police nationale, la gendarmerie et les services de l’État. « Nous obtenons des résultats. C’est peut-être l’une des raisons de ces menaces », souligne-t-il.

Au-delà de sa situation personnelle, Christophe Rivenq a voulu porter la voix de l’ensemble des maires confrontés à la montée des violences. « Beaucoup de maires sont aujourd’hui victimes de menaces, d’insultes et d’intimidations. C’est inacceptable dans la République. » Pour lui, les élus municipaux incarnent la proximité de l’État et doivent bénéficier d’une protection renforcée afin de continuer à assurer leur mission au service des habitants.

« Je resterai debout parce qu’en restant debout, c’est la République qui reste debout », a-t-il conclu, réaffirmant sa détermination à poursuivre son action en faveur de la sécurité.

Cette attaque a suscité une réaction unanime de nombreux responsables politiques. Le préfet du Gard, Jérôme Bonet, a condamné fermement ces menaces et annoncé le renforcement des moyens des forces de l’ordre à Alès afin d’identifier les auteurs. Il a rappelé que « la détermination des services de l’État dans la lutte contre le narcotrafic est totale ».

L’Association des Maires du Gard, présidée par Philippe Ribot, a dénoncé des actes « d’intimidation inqualifiables » visant non seulement Christophe Rivenq et sa famille, mais aussi « l’ensemble des élus locaux et l’institution républicaine qu’ils représentent ». L’association demande que toute la lumière soit faite sur cette affaire, que les auteurs soient sévèrement sanctionnés et se réserve la possibilité de se constituer partie civile.

Le président de l’Agglomération du Gard rhodanien, Christophe Serre, a lui aussi exprimé sa solidarité. Selon lui, ces violences s’inscrivent dans « un climat de plus en plus inquiétant où la haine et l’intimidation cherchent à prendre le pas sur le débat démocratique ». « Quand la peur remplace le dialogue, c’est toute notre République qui vacille », a-t-il déclaré.

Même tonalité du côté de Fabrice Verdier, président de la Communauté de communes du Pays d’Uzès, qui appelle l’État à réagir avec la plus grande fermeté afin de protéger les élus confrontés à ces violences.

À Nîmes, le maire Vincent Bouget, qui a rencontré Christophe Rivenq dès le lendemain des faits, lui a assuré son soutien. Il rappelle que « la peur ne doit jamais dicter la loi » et insiste sur la nécessité de préserver un débat démocratique respectueux de l’intégrité des élus.

Le maire de Cendras et président de l’Association des Maires Ruraux du Gard, Sylvain André, évoque quant à lui « des faits d’une extrême gravité » qui franchissent « un seuil particulièrement alarmant ». « Quelles que soient nos sensibilités politiques, nous devons faire bloc derrière celles et ceux qui incarnent la République », affirme-t-il.

À droite comme au centre, les messages se sont également multipliés. Laurent Burgoa, sénateur LR sortant et candidat aux élections sénatoriales, a rappelé que « s’attaquer à un élu de la République, c’est s’attaquer à la République », tout en soulignant le soutien exprimé par le président du Sénat, Gérard Larcher. Il a rappelé les textes votés ces dernières années pour renforcer les sanctions contre les infractions commises envers les élus.

La Fédération du Parti Radical du Gard, par la voix de Monique Novaretti, a également condamné ces « odieuses menaces » et apporté son soutien au maire d’Alès.

Au-delà des appartenances politiques, cette affaire illustre une nouvelle fois la montée des violences visant les élus locaux. Dans le Gard comme partout en France, les appels se multiplient pour renforcer leur protection et garantir que l’exercice d’un mandat républicain ne puisse jamais être entravé par la peur, l’intimidation ou les menaces criminelles.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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