À Laudun-l’Ardoise, un nouveau trio qui veut remettre l’humain, le service public et le projet municipal au cœur de l’action

Ils occupent trois fonctions différentes mais complémentaires au sommet de l’administration municipale de Laudun-l’Ardoise. Cédric Marrot, directeur de cabinet du maire, Bérangère Glin, directrice générale des services, et Aurélie Poisson, directrice de la communication, constituent aujourd’hui un trio appelé à jouer un rôle central dans la mise en œuvre du projet de la nouvelle équipe municipale, emmenée par Ludovic Di Rollo lors de élections municipales de mars dernier. Trois parcours, trois expériences et trois sensibilités qui convergent autour d’une même ambition : accompagner la transformation de la commune tout en renouant le dialogue avec les agents municipaux et les habitants.
Le changement politique intervenu à Laudun-l’Ardoise au soir du 22 mars dernier, s’est accompagné d’une volonté clairement affichée de renouveler également la manière de travailler au sein de la mairie. Autour du maire, une nouvelle organisation s’est ainsi dessinée avec trois postes stratégiques : un directeur de cabinet pour accompagner l’action politique, une directrice générale des services pour piloter l’administration et une directrice de la communication chargée de faire connaître, comprendre et valoriser l’action municipale.
« L’objectif premier était de restructurer la municipalité », résume Cédric Marrot. La nouvelle majorité, explique-t-il, avait fait le constat de dysfonctionnements et souhaitait disposer des compétences nécessaires pour traduire son programme en actes.
Derrière cette organisation se trouvent désormais trois personnalités aux parcours très différents.
Cédric Marrot, le trait d’union entre le maire, les élus et l’administration
Directeur de cabinet, Cédric Marrot évolue au plus près du maire et de l’équipe municipale. Une fonction politique qu’il définit avant tout comme celle d’un facilitateur.
« Le rôle d’un directeur de cabinet, c’est d’accompagner le maire dans les décisions stratégiques et politiques, mais également de travailler avec l’ensemble des élus afin de faciliter la mise en œuvre des dossiers et l’intelligence collective politique de l’équipe », explique-t-il.
Son arrivée à Laudun-l’Ardoise ne doit rien au hasard. Cédric Marrot connaît le maire de la commune, Ludovic Di Rollo, depuis près de vingt-cinq ans, notamment à travers un engagement syndical commun. Une longue relation professionnelle et militante au cours de laquelle les deux hommes ont partagé différentes réflexions autour du service public et de la politique sociale en direction des agents.
Lorsque la candidature municipale de Ludovic Di Rollo et de sa liste (Laudun l’Ardoise, c’est vous !) s’est dessinée, la discussion sur une éventuelle collaboration avait déjà commencé.
Le projet porté pour les personnels municipaux a été l’un des éléments déterminants de son choix, mais pas seulement. Cédric Marrot dit avoir surtout été convaincu par l’attachement du maire à Laudun-l’Ardoise, son énergie et sa volonté de faire avancer la commune.
Une motivation qui résonne avec les débuts de sa propre carrière.
Son parcours commence très tôt dans la fonction publique territoriale avant une arrivée à Alès en 1995. Il travaille alors sur plusieurs structures intercommunales liées notamment à l’adduction d’eau potable, aux ordures ménagères ou encore aux transports publics, prenant en charge l’organisation administrative des conseils syndicaux de l’époque.
Il décrit cette période comme fondatrice. Elle lui permet de découvrir les rouages de l’administration territoriale, mais aussi, dit-il, « l’amour du service public ».
Progressivement, son parcours administratif croise de plus en plus fortement son engagement syndical. Il mène ainsi pendant plusieurs décennies une double trajectoire. Devenu secrétaire général départemental de son organisation syndicale, il se spécialise notamment dans les questions de protection sociale.
Aujourd’hui, ses responsabilités s’étendent notamment à la CARSAT Languedoc-Roussillon, tandis qu’il exerce également différentes responsabilités dans le champ social et économique dont la CAF.
Cette multiplicité d’expériences constitue à ses yeux un atout pour Laudun-l’Ardoise, notamment lorsqu’il s’agit d’aborder des enjeux aussi divers que le dialogue social, l’aménagement du territoire ou le développement économique d’une commune qui constitue l’un des pôles industriels majeurs du Gard rhodanien.
Son arrivée comme directeur de cabinet représente désormais une forme d’aboutissement professionnel.
« Cette fonction donne du sens à tout mon parcours », confie-t-il. « Dans une carrière, on peut parfois avoir l’impression d’être bloqué ou de chercher autre chose. Là, quelqu’un m’a dit : “Cédric, ta place peut être ici.” J’ai saisi cette opportunité. »
Bérangère Glin, de l’histoire aux ressources humaines puis à la direction générale
À ses côtés, Bérangère Glin occupe une fonction différente mais parfaitement complémentaire : celle de directrice générale des services.
« Je suis le pendant administratif », résume-t-elle. Là où le cabinet accompagne la construction et l’arbitrage politiques, la DGS doit transformer les orientations des élus en actions concrètes.
« Mon rôle est de mettre en musique toutes les décisions politiques, les orientations et les souhaits des élus sur les différents dossiers. Il faut faire le relais avec l’ensemble des services, coordonner et mettre en œuvre la politique souhaitée. »
À Laudun-l’Ardoise, elle dirige ainsi une administration structurée autour de plusieurs directions et d’une centaine d’agents municipaux, dans un contexte où l’organisation interne est elle-même en cours d’évolution.
Son parcours n’était pourtant pas destiné, à l’origine, à la direction d’une collectivité.
Passionnée d’histoire, de culture et particulièrement d’histoire locale, Bérangère Glin avait initialement envisagé l’enseignement. Elle entre finalement dans la fonction publique territoriale à Alès à travers un emploi-jeune consacré à des projets culturels.
Archives, médiathèque, documentation : elle découvre progressivement le fonctionnement d’une collectivité et, avec lui, toute la complexité administrative qui accompagne la réalisation d’un projet public.
« Quand on arrive, on pense : “Je veux faire ça.” Et puis on découvre qu’il faut une convention, un marché, des procédures… C’est tout un fonctionnement que l’on apprend sur le terrain. »
Repérée pour son goût de la transmission et du contact humain, elle est ensuite orientée vers les ressources humaines. Recrutement, formation, mobilité : elle découvre un nouveau métier et gravit progressivement les échelons.
Elle deviendra notamment directrice des ressources humaines de la Ville d’Avignon, où elle travaillera durant plusieurs années, avant de revenir à Alès.
C’est également là que ses chemins professionnels croisent ceux de Cédric Marrot. Elle est alors DRH, lui représentant syndical. Ensemble, malgré des positions qui ne sont pas nécessairement toujours identiques, ils travaillent sur plusieurs dossiers structurants.
Ils participent notamment à la construction d’un projet autour de la qualité de vie au travail et à la signature d’un protocole d’accord présenté comme inédit à l’époque dans la collectivité.
« Nous n’étions pas toujours d’accord, mais nous avons toujours pu discuter et construire », souligne Bérangère Glin.
Lorsque Cédric Marrot lui parle de Laudun-l’Ardoise, elle accepte donc de rencontrer la nouvelle équipe.
« J’ai tout de suite été emballée par l’engouement du maire pour sa ville, par les projets qu’il avait et par sa vision, aussi bien pour la commune que pour le personnel municipal. »
Après plus de quinze années consacrées principalement aux ressources humaines, le poste de DGS représente aussi pour elle un nouveau défi : élargir son champ d’action à l’ensemble des politiques municipales.
Rétablir la confiance avec les agents municipaux
Cette expérience commune des ressources humaines et du dialogue social constitue aujourd’hui l’un des marqueurs du tandem formé par le directeur de cabinet et la directrice générale des services.
Car parmi les premiers dossiers auxquels la nouvelle équipe souhaite s’attaquer figure la relation entre la municipalité et ses agents.
Le constat posé est celui d’une confiance fragilisée au cours des dernières années. La priorité consiste donc à rétablir le dialogue.
« Il faut de la proximité avec les agents, être dans l’écoute, dans l’échange et dans la discussion », insiste Bérangère Glin. « On ne peut pas dire oui à tout, mais il faut toujours essayer de chercher des solutions et de faire évoluer leur vision de la municipalité. »
Cédric Marrot résume la ligne politique en une formule : « replacer l’humain au cœur du service public ».
Le dialogue avec les organisations syndicales a ainsi repris. Des rencontres ont déjà eu lieu afin de faire émerger les premières pistes d’un véritable projet social municipal.
Temps de travail, télétravail, régime indemnitaire, organisation des services : plusieurs sujets doivent être mis sur la table dans les prochains mois.
L’objectif affiché est de parvenir, si les discussions le permettent, à un protocole susceptible d’entrer en application à compter du 1er janvier 2027.
Mais les responsables municipaux insistent sur la méthode : les changements ne devront pas être élaborés uniquement depuis le sommet de la hiérarchie.
« Il faut associer l’ensemble des services », défend Bérangère Glin. Les directeurs seront évidemment sollicités, mais les agents devront également être impliqués afin de concilier leurs attentes avec les nécessités de fonctionnement de la collectivité.
Aurélie Poisson, rendre l’action municipale visible et compréhensible
Troisième membre de ce trio, Aurélie Poisson intervient lorsque les décisions et les projets doivent être expliqués aux habitants.
Directrice de la communication, elle résume sa mission en deux dimensions : valoriser l’image de Laudun-l’Ardoise et rendre lisible l’action municipale.
Il ne s’agit donc pas seulement d’annoncer les décisions prises.
« Il faut vulgariser les axes et les décisions de la nouvelle équipe, montrer la qualité du service et rendre les politiques publiques compréhensibles pour les habitants », explique-t-elle.
Originaire d’Arras, dans le département du Pas-de-Calais auquel elle est tant attachée, Aurélie Poisson possède elle aussi une expérience étroitement liée aux territoires et à leurs habitants.
Avant son installation dans le Gard rhodanien, elle travaille notamment pour Pas-de-Calais Habitat, bailleur social du département, où elle exerce des missions de communication.
Cette expérience forge une conception très précise de son métier : la communication ne peut fonctionner sans proximité et sans connaissance du terrain.
Elle poursuit ensuite son parcours dans la Drôme, où elle développe notamment des missions dans le domaine de l’innovation sociale.
Une expérience qui lui permet de travailler sur une question devenue centrale dans sa manière d’aborder la communication publique : comment construire une communication pertinente et efficace sans jamais perdre de vue l’usage réel qu’en font les habitants ?
À la suite d’une opportunité professionnelle de son époux, ingénieur informaticien, elle s’installe avec sa famille à Laudun-l’Ardoise il y a près de deux ans.
Son implication dans la commune devient rapidement beaucoup plus forte.
Elle rencontre la future équipe municipale aux prémices de la campagne et adhère à la vision proposée pour la commune. Elle participera alors directement à l’aventure électorale avant de rejoindre, après l’élection, l’équipe chargée de concrétiser le programme.
« Ce qui continue à m’animer, c’est l’amour que cette équipe municipale porte à la commune et à ses habitants. Ils sont véritablement passionnés par leur territoire et c’est extrêmement moteur au quotidien », explique-t-elle.
Une dimension personnelle s’ajoute désormais au projet professionnel.
« Je suis très fière de travailler pour ma commune d’adoption, qui est devenue ma commune de cœur et où je vis avec ma famille. »
Du projet social au projet de territoire
Si la reconstruction du dialogue interne constitue un dossier important, les trois responsables refusent toutefois de limiter leur mission à la seule organisation administrative.
Car derrière elle se trouve le programme municipal que l’équipe doit désormais transformer en réalisations concrètes.
Les sujets sont nombreux : équipements sportifs, mobilités, cadre de vie, services publics ou encore projets structurants.
La municipalité défend notamment l’idée d’une piscine communautaire et travaille sur les questions de mobilité et de desserte du territoire. Plus largement, l’enjeu consiste à accompagner la place particulière de Laudun-l’Ardoise dans le Gard rhodanien, tant du point de vue résidentiel qu’économique et industriel.
« Il y a la qualité de vie des agents, mais il y a évidemment aussi la qualité de vie de la population », rappelle Cédric Marrot.
Le programme électoral constitue à cet égard leur feuille de route.
Un programme que le trio décrit comme le résultat de plusieurs années de rencontres, de consultations et d’échanges avec le tissu associatif et les habitants.
Pour Bérangère Glin, cette clarté politique facilite aussi le travail administratif.
« Quand les projets sont réellement portés par les élus, derrière, dans les services, tout découle plus facilement. On sait pourquoi on travaille. Cela donne du sens et c’est très gratifiant. »
Même constat pour Aurélie Poisson, qui voit dans la concrétisation des engagements de campagne le fil conducteur des prochaines années.
Trois parcours, une même feuille de route
Cédric Marrot vient du monde administratif, syndical et de la protection sociale. Bérangère Glin s’est construite entre culture, ressources humaines et management territorial. Aurélie Poisson a développé son expertise entre communication, logement social, innovation et proximité avec les habitants.
Trois trajectoires qui auraient pu ne jamais se croiser et qui constituent désormais le premier cercle opérationnel autour de l’exécutif laudunois.
Le directeur de cabinet accompagne la décision politique et assure le lien avec les élus. La directrice générale des services transforme cette décision en organisation administrative et en actions. La directrice de la communication doit enfin la rendre accessible, visible et compréhensible pour la population.
Un triptyque sur lequel la nouvelle équipe municipale entend désormais s’appuyer pour mener son mandat.
Tous trois parlent beaucoup de sens, de proximité, de dialogue et de service public. Mais ils savent aussi qu’au-delà des intentions viendra désormais le temps des résultats.
« Nous avons voulu relever de nouveaux défis », résume Bérangère Glin.
Et Cédric Marrot de conclure sur ce qui constitue, selon lui, la condition première pour réussir : disposer d’un exécutif qui ne se contente pas de présenter un programme mais qui l’incarne au quotidien.
Pour ce nouveau trio installé au cœur de la mairie de Laudun-l’Ardoise, la mission est donc désormais clairement dessinée : faire travailler ensemble politique, administration et communication pour transformer les engagements électoraux en réalisations concrètes, tout en reconstruisant une relation de confiance avec les agents et les habitants.



