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À Laudun-l’Ardoise, Maison Sinnae transforme ses visiteurs en « vignerons d’un jour »

Après une première édition organisée lors de son centenaire, Maison Sinnae a renouvelé ce samedi 12 septembre son opération « Vigneron d’un Jour ». Plus d’une centaine de participants ont pris part aux vendanges manuelles de la Cuvée 2026, au cœur du vignoble de Laudun, avant de découvrir les coulisses de la vinification.

Sécateur à la main et caissette à proximité, ils étaient environ 130 selon Philippe Pellaton, président de Maison Sinnae, à avoir répondu présent dès le début de la matinée. Une opération imaginée avant tout comme un moment de découverte et de convivialité.

« C’est une matinée ludique, sans autre ambition que de passer un bon moment, d’aller couper quelques raisins et d’expliquer ce que nous faisons dans le vignoble en rapprochant les vignerons des consommateurs », résume le président de la cave.

Les participants ont ainsi rejoint une parcelle appartenant à la coopérative, sur les hauteurs du vignoble de Laudun, afin de prendre part à la récolte. Une collation sur place permettait également aux équipes de Maison Sinnae et aux vignerons coopérateurs de présenter leur travail, le fonctionnement du vignoble et les différentes étapes qui précèdent l’arrivée du raisin en cave.

De la vigne jusqu’à la cuve

Une fois les caissettes remplies, direction la cave. Les raisins récoltés au cours de la matinée ont directement rejoint le processus de vinification de la Cuvée 1925, dans une période où le site tourne à plein régime.

« Pendant les vendanges, c’est vraiment le moment où la cave vit. Il y a les odeurs, les arrivées de raisins, tout le fonctionnement que l’on peut observer. L’hiver, la cave s’endort un peu. C’est donc à cette période que nous aimons particulièrement ouvrir nos portes », souligne Philippe Pellaton.

Les visiteurs ont ainsi pu suivre la mise en cuve de leur récolte et découvrir les installations de Maison Sinnae avant de terminer la matinée autour d’un déjeuner champêtre.

La récompense du travail fourni arrivera quelques mois plus tard. Chaque « vigneron d’un jour » pourra revenir au printemps récupérer une bouteille du millésime 2026 de la Cuvée 1925, élaborée notamment à partir des raisins récoltés ce samedi.

Cette cuvée est directement héritée des célébrations du centenaire de la coopérative. En 2025, Maison Sinnae avait lancé deux cuvées spéciales en AOC Cru Laudun, une blanche et une rouge, pour marquer les cent ans de la cave.

Un futur sommelier associé à la vinification

L’édition 2026 comporte également une dimension de transmission. Maison Sinnae accueille régulièrement de futurs sommeliers dans le cadre de leur formation, certains étant ensuite appelés à exercer dans de grands établissements en France ou à l’étranger.

Cette année, Titouan, accueilli en stage au sein de la cave, sera étroitement associé à la vinification de la Cuvée 1925. « C’est lui qui vinifiera la cuvée. Cela lui servira plus tard et, lorsqu’il rayonnera peut-être dans le monde, il pourra aussi parler de nous », sourit Philippe Pellaton.

Une manière supplémentaire pour la coopérative de mettre en avant la transmission des savoir-faire, autant auprès du grand public que de futurs professionnels du vin.

Des vendanges commencées dès le 18 août

Cette journée intervient alors que les vendanges 2026 sont déjà largement engagées. Maison Sinnae a commencé à récolter dès le 18 août, une date particulièrement précoce mais qui tend désormais à devenir habituelle.

« Il y a quelques années, cela aurait pu paraître exceptionnel. Aujourd’hui, l’exceptionnel, c’est presque de démarrer tard. À partir de la mi-août, nous sommes prêts », constate Philippe Pellaton.

La campagne a débuté avec les blancs et les rosés avant que les rouges n’entrent à leur tour en cave, plus tardivement afin d’atteindre la maturité recherchée.

Sur le plan qualitatif, les premières impressions sont positives. « C’est vraiment très bon. Il n’a pas beaucoup plu, les raisins sont très sains et on retrouve de beaux équilibres dans les vins », estime le président.

Les volumes semblent également réserver une bonne surprise malgré les conditions météorologiques de l’été. « Avec un été très sec et très chaud, on aurait pu craindre une petite récolte. Ce n’est pas le cas. Il est encore trop tôt pour savoir exactement où nous nous situerons, mais nous avançons assez sereinement. »

Environ deux semaines de travail restent encore devant les équipes. Au total, la période de vendanges devrait une nouvelle fois s’étendre sur près de six semaines, le temps de récolter l’ensemble des cépages et des couleurs.

« Le début d’une nouvelle histoire » pour le Cru Laudun

Un an après son centenaire, Maison Sinnae entend également profiter de la nouvelle dimension prise par l’appellation Laudun, désormais reconnue parmi les crus de la vallée du Rhône.

Pour Philippe Pellaton, cette reconnaissance marque une étape structurante : « Le passage en cru de Laudun est un événement majeur parce qu’il inscrit l’appellation parmi les grands vins de la vallée du Rhône. Cela nous permet d’aller tutoyer les plus grandes appellations. »

Une évolution qui commence déjà à ouvrir de nouvelles portes commerciales, notamment auprès des cavistes, des restaurateurs et de consommateurs davantage sensibles aux vins issus des crus.

Le président de Maison Sinnae reste néanmoins conscient que la notoriété se bâtira dans la durée. « Ce sont des stratégies de génération. Il faut plusieurs années pour construire une notoriété à la hauteur d’appellations installées depuis longtemps. Châteauneuf-du-Pape, par exemple, possède près de 90 ans d’histoire en tant qu’appellation. Pour nous, c’est le début d’une nouvelle histoire. »

Entre transmission, ouverture au public et montée en gamme du vignoble, l’opération « Vigneron d’un Jour » illustre précisément cette volonté : permettre au grand public de mieux comprendre le travail des vignerons tout en l’associant concrètement à l’avenir d’une cuvée du Cru Laudun.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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