MGH Energy ouvre le dialogue avec les habitants de Laudun-l’Ardoise

MGH Energy a organisé sa première journée de rencontre avec les habitants de Laudun-l’Ardoise autour de son projet industriel. Une première étape appelée à se renouveler chaque mois, alors que l’entreprise entre désormais dans une longue phase d’études et souhaite maintenir un échange régulier avec les riverains.
« La journée s’est bien passée. C’est la première séquence d’une longue série puisque nous nous sommes engagés à revenir tous les mois échanger avec les riverains », explique MGH Energy. Plusieurs suggestions ont déjà été formulées concernant l’organisation des prochains rendez-vous. L’entreprise prévoit notamment de proposer des rencontres directement à L’Ardoise et réfléchit également à un format dématérialisé pour les habitants qui ne pourraient pas se déplacer.
Ces échanges doivent se poursuivre jusqu’à l’ouverture de la concertation préalable placée sous l’égide de la Commission nationale du débat public. Son calendrier reste à préciser par la CNDP, avec une perspective évoquée courant 2027.
Le classement Seveso au cœur des interrogations
Parmi les principales préoccupations exprimées au cours de cette première journée figure la question du classement Seveso du futur site. MGH Energy réaffirme sa volonté de développer un projet classé « Seveso seuil bas ».
L’entreprise assure que ce dimensionnement doit être maintenu dans la durée, notamment en raison des dispositions prévues avec le propriétaire du terrain, mais aussi de la conception même des installations.
« Le projet est dimensionné Seveso seuil bas et il restera Seveso seuil bas », affirme MGH Energy, qui souligne que les installations de production, une fois construites, ne pourront pas être simplement agrandies sans engager de nouveaux investissements très importants.
Le positionnement des installations a également été évoqué. Les zones de stockage ainsi que les unités de production de méthanol et de carburants doivent être implantées vers l’arrière du site, en direction du Rhône et du crassier.
Deux années d’études avant une éventuelle décision
Le projet entre désormais dans une phase particulièrement longue d’études. Depuis sa sélection sur la friche industrielle de L’Ardoise, MGH Energy indique avoir lancé plusieurs consultations afin de retenir les bureaux d’études chargés notamment des volets hydrauliques, environnementaux et sociaux.
« Ce n’est que le début et c’est pour cela que nous sommes là pour écouter les riverains. Tout est à construire ensemble, rien n’est figé », insiste l’entreprise.
Environ deux années d’études sont prévues. La décision finale d’investissement n’interviendrait ainsi pas avant la fin de l’année 2028. Dans l’hypothèse où le projet serait confirmé, deux ans et demi à trois ans de chantier seraient ensuite nécessaires, avec une mise en service envisagée à la fin de l’année 2031.
Certains habitants sont venus à cette première rencontre avec plusieurs pages de questions. MGH Energy assure qu’une réponse détaillée leur sera apportée et invite les riverains à poursuivre les échanges lors des prochains rendez-vous mensuels.
Un investissement supérieur à un milliard d’euros
Le financement du projet a également suscité plusieurs interrogations. L’investissement total envisagé dépasse le milliard d’euros, alors que MGH Energy compte aujourd’hui une cinquantaine de salariés.
L’entreprise explique vouloir recourir à un financement de projet classique associant dette bancaire et fonds propres. La structure envisagée serait d’environ 60 % de dette pour 40 % de fonds propres.
MGH Energy indique travailler à la constitution d’un tour de table permettant l’entrée de partenaires disposant d’une capacité financière importante. L’entreprise affirme également avoir obtenu des marques d’intérêt dans le cadre d’un dossier européen de demande de subvention, même si celles-ci restent à ce stade non engageantes.
Immobilier, emplois et circulation des camions
La question de l’impact du projet sur la valeur immobilière des habitations de L’Ardoise a également été soulevée à plusieurs reprises. MGH Energy reconnaît ne pas pouvoir prévoir l’évolution du marché immobilier, mais met en avant les retombées économiques attendues.
Le projet prévoit environ 200 emplois directs sur le site, auxquels pourraient s’ajouter des emplois indirects ainsi que des retombées fiscales pour le territoire.
Autre sujet sensible : les nuisances et les flux liés à l’approvisionnement du site. Sur ce point, MGH Energy assure vouloir limiter au maximum le transport routier. L’entreprise évoque une moyenne maximale de cinq camions par jour sur l’année.
Le ferroviaire et le transport fluvial doivent être privilégiés. Des échanges sont notamment engagés avec la Compagnie nationale du Rhône autour de l’aménagement de Port l’Ardoise.
Cette première rencontre marque ainsi le début d’un dialogue appelé à durer plusieurs années. MGH Energy entend désormais revenir chaque mois devant les habitants, au fur et à mesure de l’avancement des études et jusqu’à l’ouverture de la concertation officielle.



