Rentrée économique de la CCI du Gard : le Gard rhodanien au cœur des ambitions industrielles

Industrie, nucléaire, énergie décarbonée, innovation et investissements : la rentrée économique 2026 de la CCI du Gard a mis en lumière un département qui veut accélérer. Parmi les nombreux projets présentés, le Gard rhodanien occupe une place centrale, porté notamment par MSI Automation, MGH Energy, Hexana ou encore la dynamique de la filière nucléaire. Le président de la CCI, Éric Giraudier, a de son côté appelé à renforcer la coopération économique entre les différents bassins du département.
Plus de grande conférence ni de long discours introductif. Pour sa rentrée économique 2026, la Chambre de commerce et d’industrie du Gard a choisi un format rythmé, construit autour des entreprises, des investissements et des projets qui façonnent actuellement l’économie départementale. Commerce, tourisme, industrie, énergie, défense, emploi, formation et innovation ont ainsi défilé pendant près d’une heure devant plus de 1 600 participants inscrits.
Dans ce vaste panorama, le Gard rhodanien a occupé une place particulière. Déjà fortement industrialisé, le territoire se trouve aujourd’hui au croisement de plusieurs grands enjeux : relance du nucléaire, décarbonation de l’industrie, implantation de nouvelles activités et développement d’un réseau de sous-traitants capables de profiter des investissements annoncés.
MSI Automation, une jeune entreprise déjà tournée vers les grands marchés
Parmi les entreprises mises en avant, MSI Automation illustre cette nouvelle génération de PME industrielles qui se développent autour de L’Ardoise et du bassin rhodanien.
Spécialisée dans l’électricité, le contrôle-commande et l’automatisme, l’entreprise accompagne notamment les secteurs du nucléaire, de l’aéronautique, de la défense et plus largement de l’industrie. De l’étude à la mise en service, elle conçoit des logiciels et des systèmes capables de piloter et sécuriser des machines ou des procédés industriels.
La sécurisation constitue justement l’un des piliers de son savoir-faire : protection des personnes, des équipements, des installations et des processus de production. À cela s’ajoute désormais la cybersécurité industrielle, devenue incontournable avec la multiplication des systèmes connectés.
Après seulement quelques années d’activité, MSI Automation compte déjà une vingtaine de collaborateurs et poursuit une forte dynamique de croissance. Une trajectoire qui témoigne de la capacité du territoire à faire émerger des sociétés positionnées sur des marchés industriels à haute valeur ajoutée.
MGH Energy : le milliard d’euros qui pourrait transformer L’Ardoise
Autre dossier emblématique : le projet porté par MGH Energy sur l’ancien site sidérurgique de L’Ardoise.
L’entreprise envisage d’y investir environ un milliard d’euros pour créer une unité de production de carburants de synthèse destinés notamment à l’aviation et au transport maritime. À terme, le site pourrait atteindre une production de l’ordre de 120 000 tonnes de carburant durable par an, avec environ 200 emplois directs annoncés et une mise en service envisagée à l’horizon 2031.
Au-delà de son ampleur financière, le projet incarne la volonté de redonner une vocation industrielle à une friche marquée par l’histoire métallurgique du territoire. Il s’inscrit également dans la stratégie de décarbonation portée à l’échelle nationale et européenne.
Cette transformation a été citée comme l’un des exemples les plus significatifs de la mutation économique du Gard rhodanien : un ancien territoire d’industrie lourde qui cherche désormais à devenir un terrain d’accueil pour les nouvelles technologies de l’énergie.
Hexana et les nouveaux réacteurs regardent vers le territoire
La rentrée économique a également été l’occasion de rappeler les perspectives offertes par le renouveau de la filière nucléaire.
Hexana, qui développe un projet de petit réacteur modulaire de nouvelle génération, fait partie des entreprises ayant manifesté publiquement leur intérêt pour le territoire. Sa présence lors de récents échanges avec les acteurs locaux, notamment à l’occasion de la venue de la présidente de Région Carole Delga, confirme l’attractivité industrielle du bassin.
Le Gard rhodanien bénéficie pour cela d’atouts historiques : la proximité de Marcoule, du Tricastin et de Pierrelatte, un important tissu de sous-traitants, des compétences techniques déjà présentes et une culture industrielle fortement implantée.
À cela s’ajoute la mobilisation autour de la candidature du Tricastin pour accueillir de futurs réacteurs EPR2. L’enjeu, pour les entreprises gardoises, sera désormais de faire en sorte que les investissements industriels génèrent également des commandes, des emplois et de la valeur localement.
Le groupe Perret poursuit son développement
Dans un tout autre secteur, mais avec une même logique de développement territorial, le groupe Perret a également été cité parmi les entreprises gardoises en forte croissance.
Acteur majeur des services et fournitures destinés au monde agricole et viticole, le groupe poursuit l’élargissement de son maillage. Il est notamment entré en négociation exclusive pour reprendre neuf points de vente spécialisés dans la vigne, répartis entre les Côtes-du-Rhône, la Provence et le Languedoc.
Une opération qui confirmerait un peu plus la place du groupe parmi les acteurs majeurs de l’accompagnement de la viticulture dans le sud de la France.
Le Gard rhodanien, « deuxième pôle industriel d’Occitanie »
Invité à évoquer les filières liées à la transition écologique, le représentant de CleanTech Vallée a rappelé le poids du Gard rhodanien, présenté comme le deuxième pôle industriel d’Occitanie, avec près de 500 entreprises.
Trois grands axes ont été identifiés pour poursuivre son développement : les énergies décarbonées, le cycle de l’eau et l’économie circulaire.
L’enjeu est également de mettre en relation les grandes industries et les jeunes entreprises innovantes. Plutôt que de partir uniquement des solutions proposées par les start-up, CleanTech Vallée souhaite davantage partir des besoins concrets rencontrés par les industriels : gestion de l’eau, valorisation de la chaleur, traitement des déchets, maintenance ou optimisation énergétique.
Cette capacité à tester directement les innovations sur des sites industriels est présentée comme l’une des forces du territoire.
Éric Giraudier veut « agir » plutôt que subir
En conclusion de cette rentrée, le président de la CCI du Gard, Éric Giraudier, a voulu dépasser le constat d’un contexte national incertain pour insister sur les leviers dont dispose localement le département.
« On a décidé de ne pas se plaindre, on a décidé d’agir », a-t-il résumé.
Cette ambition se traduit notamment par la stratégie Gard 2030, élaborée après une année de consultation avec les entreprises, les intercommunalités, les universités et les organismes de formation. Elle repose sur cinq grands axes et une trentaine d’actions concrètes.
Le président de la CCI souhaite également renforcer les liens entre les différents bassins économiques gardois. Face à l’attractivité de grandes métropoles comme Montpellier, Toulouse ou Aix-Marseille, il défend une meilleure coopération entre Nîmes, Alès, le Gard rhodanien et les différentes intercommunalités.
L’un des sujets majeurs sera celui du foncier économique. Lorsqu’un territoire ne dispose plus des surfaces nécessaires pour accueillir une entreprise, l’objectif est désormais de pouvoir orienter le projet vers une autre zone du département plutôt que de le voir partir ailleurs.
« À partir du moment où un territoire du Gard gagne, c’est l’ensemble du Gard qui gagne », a défendu Éric Giraudier.
Une philosophie qui trouve un écho tout particulier dans le Gard rhodanien. Entre le développement de PME comme MSI Automation, le milliard d’euros envisagé par MGH Energy, les perspectives ouvertes par Hexana et la montée en puissance des filières nucléaire et énergétique, le nord-est du département entend plus que jamais faire de son héritage industriel un moteur pour les prochaines décennies.



