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Chusclan : newcleo inaugure FASTER, un centre à 10 millions d’euros pour préparer le nucléaire de demain

Un nouvel équipement dédié à l’innovation nucléaire vient de voir le jour dans le Gard rhodanien. Ce mercredi 14 octobre, l’entreprise newcleo a inauguré FASTER, son centre d’ingénierie, d’essais et de formation consacré aux combustibles nucléaires avancés. Implanté au parc Marcel-Boiteux, à Chusclan, à proximité du site de Marcoule, cet investissement de 10 millions d’euros illustre les ambitions industrielles du territoire. Une inauguration saluée par les représentants des collectivités, qui souhaitent faire du Gard rhodanien un acteur majeur de la réindustrialisation et de la souveraineté énergétique française.

Le Gard rhodanien poursuit son développement dans la filière nucléaire. Ce mercredi 14 octobre 2026, la société newcleo, spécialisée dans les réacteurs nucléaires modulaires avancés et les combustibles innovants, a officiellement inauguré son nouveau centre FASTER (Fuel process Assembly Storage Training and Enhanced Reality), à Chusclan.

Représentant un investissement d’environ 10 millions d’euros, cette installation doit permettre aux équipes de newcleo de développer, tester et perfectionner les technologies nécessaires à la fabrication de combustibles nucléaires MOX.

L’inauguration s’est déroulée en présence de plusieurs représentants des collectivités, parmi lesquels Sébastien Bayart, vice-président de l’Agglomération du Gard rhodanien, Patrick Scorsone, conseiller départemental du Gard, et Claire Lapeyronie, conseillère régionale d’Occitanie.

Sept installations d’essais déjà opérationnelles

Le centre FASTER se distingue par sa vocation expérimentale. Il ne s’agit pas d’une installation nucléaire de production, mais d’un environnement non nucléaire destiné à préparer les futures opérations industrielles.

Sept installations d’essais sont déjà opérationnelles, tandis que d’autres équipements sont en cours de développement. Elles permettent notamment de travailler sur le dosage des poudres, la manipulation des pastilles de combustible, l’assemblage des crayons combustibles, les opérations de décontamination, le contrôle qualité ou encore le remplissage à l’hélium.

L’objectif est de reproduire les différentes étapes de fabrication afin d’identifier les difficultés techniques, d’améliorer les procédés et de fiabiliser les équipements avant leur déploiement industriel.

Cette infrastructure vient soutenir les activités d’une équipe d’environ 100 ingénieurs et spécialistes hautement qualifiés mobilisés sur le programme combustible de newcleo. Elle propose également des capacités de formation immersive.

Pour Stefano Buono, fondateur et directeur général de newcleo, cette inauguration constitue une étape importante dans la stratégie industrielle du groupe. Le dirigeant souligne que FASTER permettra de développer, tester et qualifier les technologies avant leur installation dans des unités industrielles autorisées, réduisant ainsi les risques techniques associés au futur programme de fabrication de combustible MOX.

Sébastien Bayart : « Nous voulons ouvrir l’Acte II de Marcoule »

Pour Sébastien Bayart, vice-président de l’Agglomération du Gard rhodanien, cette inauguration dépasse largement le cadre d’une simple implantation d’entreprise.

« FASTER représente exactement ce que nous voulons voir émerger ici : de l’innovation, des compétences, de l’ingénierie et de nouveaux projets tournés vers l’avenir », a-t-il souligné.

Rappelant que l’Agglomération a souhaité accompagner newcleo dès le début de son implantation, l’élu a replacé ce projet dans une ambition plus large : le renouveau industriel et la souveraineté énergétique française.

Il a notamment insisté sur l’histoire nucléaire du territoire, rappelant que Marcoule constitue l’un des berceaux de cette industrie en France.

« Depuis les années 50, une partie de l’histoire nucléaire de notre pays s’est construite ici, forgeant des savoir-faire et des compétences reconnues qui constituent aujourd’hui un patrimoine industriel exceptionnel. »

Mais pour Sébastien Bayart, l’enjeu est désormais de préparer l’avenir.

« Notre ambition n’est pas de regarder le passé avec nostalgie. Notre ambition est d’écrire la suite. Nous voulons ouvrir l’Acte II de Marcoule. »

Ce nouvel acte doit, selon lui, s’appuyer sur les réacteurs de nouvelle génération, notamment les EPR2, les petits réacteurs modulaires SMR et les réacteurs modulaires avancés AMR, mais également sur les technologies permettant de fermer le cycle du combustible nucléaire.

L’élu a ainsi rappelé le soutien du territoire à la candidature du Tricastin pour accueillir de futurs EPR2, un dossier porté à l’échelle de trois régions et de quatre départements.

Réindustrialisation, décarbonation et souveraineté énergétique

Dans son intervention, Sébastien Bayart a également évoqué les projets industriels qui n’ont pas abouti par le passé, estimant que ces expériences renforcent aujourd’hui la détermination des acteurs locaux.

« Trop longtemps, notre territoire a vu passer des projets qui n’ont finalement pas vu le jour. Cette expérience nourrit aujourd’hui notre détermination : nous sommes prêts, le Gard rhodanien est prêt. »

Il a mis en avant les compétences industrielles locales, les centres de recherche, les organismes de formation ainsi que le réseau de PME et PMI qui composent l’écosystème économique du territoire.

Cette stratégie ne se limite d’ailleurs pas au nucléaire. Le vice-président de l’Agglomération a également cité le projet MGH Energy, à Laudun-l’Ardoise, consacré à la production de carburants de synthèse bas carbone.

Pour lui, l’objectif est de favoriser l’émergence d’une industrie capable de produire sur le territoire national, de réduire la dépendance énergétique, de contribuer à la décarbonation de l’économie et de créer des emplois.

« Réindustrialisation, décarbonation et souveraineté énergétique : c’est exactement le triptyque que nous voulons porter ici, dans le Gard rhodanien. »

Concluant son intervention sur une formule faisant référence au nom du nouveau centre, Sébastien Bayart a affirmé que le Gard rhodanien ne devait pas simplement assister à la réindustrialisation française, mais en devenir l’un des moteurs.

« Le Gard rhodanien n’est pas à la périphérie des transformations qui arrivent. Il est au cœur du réacteur. Alors maintenant, à nous d’accélérer… Faster ! »

Patrick Scorsone évoque l’héritage de Phénix et l’abandon d’ASTRID

Représentant le Conseil départemental du Gard et sa présidente Françoise Laurent-Perrigot, le conseiller départemental Patrick Scorsone a lui aussi insisté sur la portée historique de cette implantation.

« Est-ce vous qui avez choisi de vous installer ici, à Chusclan, ou est-ce l’histoire de ce territoire qui vous a appelés ? », s’est-il interrogé.

Pour l’élu, l’installation de FASTER à proximité de Marcoule s’inscrit dans la continuité des grandes avancées technologiques qui ont marqué l’histoire nucléaire française.

Il a notamment évoqué Phénix et Superphénix, deux réacteurs pionniers à neutrons rapides, avant de revenir sur l’abandon du projet ASTRID, qui devait être développé à Marcoule.

Patrick Scorsone a qualifié cet abandon d’« erreur stratégique et historique », estimant qu’il avait freiné les ambitions françaises dans le domaine des réacteurs nucléaires de quatrième génération.

« Aujourd’hui, avec l’arrivée de Newcleo et l’ouverture de Faster, nous refermons cette parenthèse d’errance idéologique en corrigeant le tir de l’histoire », a-t-il déclaré.

Le conseiller départemental a également rappelé les compétences historiques du territoire dans le recyclage des matières nucléaires et la fabrication du combustible MOX.

Selon lui, le Gard rhodanien possède une expertise particulière dans ce domaine, héritée des travaux conduits depuis plusieurs décennies autour de Marcoule.

« Installer Faster ici, c’est donc reprendre ce flambeau visionnaire et lui donner un nouveau souffle, moderne, privé et résolument européen. »

Patrick Scorsone a enfin réaffirmé le soutien du Département aux entreprises qui investissent, développent des technologies innovantes et créent des emplois qualifiés. Il a également évoqué la création du comité stratégique de la filière nucléaire gardoise, dans lequel il voit une nouvelle occasion de structurer les ambitions industrielles du territoire.

Claire Lapeyronie souligne l’attractivité du parc Marcel-Boiteux

Présente au titre de la Région Occitanie, Claire Lapeyronie a pour sa part insisté sur la réussite du développement économique du parc régional d’activités économiques Marcel-Boiteux, dont elle préside la structure de gestion.

Avec l’arrivée de newcleo, la commercialisation du parc est désormais en passe d’être achevée.

La conseillère régionale a tenu à remercier les équipes chargées de son développement, soulignant que la Région avait accompagné l’installation de nombreuses entreprises, qu’elles soient déjà implantées sur le territoire ou venues d’autres régions.

Elle a également mis en avant la spécialisation progressive de cette zone d’activités autour des technologies propres et de la filière nucléaire, qui lui confère aujourd’hui une identité industrielle cohérente.

Claire Lapeyronie a rappelé le rôle historique d’acteurs comme le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) et Orano dans le développement des compétences et de l’innovation sur le territoire.

Une dynamique qui contribue, selon elle, à l’attractivité du Gard rhodanien, présenté comme le deuxième pôle industriel de la région Occitanie.

Elle a enfin formulé le souhait que le programme FASTER connaisse une trajectoire de développement comparable à celle des grands acteurs industriels déjà présents localement.

Un programme tourné vers le recyclage du combustible nucléaire

Au-delà de cette implantation, FASTER s’inscrit dans la stratégie de newcleo visant à développer une nouvelle génération de réacteurs nucléaires rapides refroidis au plomb.

Pour les alimenter, l’entreprise mise sur le combustible MOX, constitué d’un mélange d’oxydes d’uranium et de plutonium. Déjà utilisé depuis plusieurs décennies dans certains réacteurs nucléaires, ce combustible pourrait, associé à des réacteurs à neutrons rapides, permettre de recycler plusieurs fois certaines matières nucléaires et de mieux valoriser les ressources en uranium.

Selon newcleo, cette technologie pourrait également contribuer à réduire le volume et la radioactivité des déchets nucléaires.

Dans cette perspective, l’entreprise porte notamment un projet d’usine de fabrication de combustible MOX dans le département de l’Aube, à proximité de Nogent-sur-Seine.

En juillet 2026, ce projet a franchi une étape réglementaire avec une évaluation globalement satisfaisante des options de sûreté proposées, rendue par l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR). Cette évaluation ne constitue toutefois pas une autorisation de construction.

Le Gard rhodanien veut conforter sa place dans la filière nucléaire

Avec plus de 900 collaborateurs répartis entre l’Europe et les États-Unis, newcleo poursuit le développement de ses activités dans la conception de réacteurs, l’ingénierie et la fabrication de combustibles.

Son implantation à Chusclan vient renforcer un écosystème industriel déjà structuré autour de Marcoule, où se côtoient grands groupes, centres de recherche, entreprises spécialisées et sous-traitants.

Pour les représentants des collectivités, l’inauguration de FASTER constitue ainsi une illustration concrète des perspectives de développement du territoire.

Entre les ambitions autour des réacteurs nucléaires de nouvelle génération, la candidature du Tricastin pour les EPR2, les projets liés au recyclage des combustibles et les nouvelles technologies énergétiques bas carbone, le Gard rhodanien entend s’appuyer sur son héritage industriel pour préparer les prochaines décennies.

L’ouverture de FASTER représente une première étape concrète pour newcleo à Chusclan, même si la réalisation de ses futurs projets industriels reste soumise aux étapes techniques, financières et réglementaires nécessaires.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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