Pont-Saint-Esprit : Tigrou, un chien en classe de CP pour aider les élèves à apprendre et prendre confiance

À l’école élémentaire Villa Clara de Pont-Saint-Esprit, les élèves de CP ont un camarade un peu particulier. Il s’appelle Tigrou, a quatre pattes et accompagne désormais les enfants deux matinées par semaine. Derrière la présence de ce beagle de 3 ans se trouve un véritable projet pédagogique de médiation animale, porté par leur enseignante, Camille Debonne.
L’idée est notamment de s’appuyer sur la présence de l’animal pour favoriser la concentration, mais aussi pour travailler la confiance en soi, l’expression orale et progressivement la lecture à voix haute. Un exercice qui peut être particulièrement intimidant pour certains élèves lorsqu’il faut lire devant l’enseignante et les autres enfants. Face à un chien, le rapport change : l’animal ne juge ni les hésitations ni les erreurs.
L’arrivée de Tigrou dans la classe n’a toutefois rien d’improvisé. Le chien a été suivi dans son éducation dès l’âge de trois mois et évalué par une vétérinaire spécialisée dans le comportement canin. Calme, sociable et habitué aux enfants, il a été jugé apte à participer à des activités de médiation animale en milieu scolaire. Son suivi vétérinaire, ses vaccinations et ses traitements antiparasitaires sont également assurés.
Une intégration progressive
Avant de développer les activités pédagogiques, un important travail de préparation a été mené avec les élèves. La première phase est consacrée à la connaissance du chien, aux comportements à adopter avec lui, à la prévention et au respect de l’animal. Une manière d’inscrire le projet dans un véritable travail de citoyenneté.
Camille Debonne a également été formée afin d’encadrer cette présence en classe. Une convention a été établie avec l’association Les Petites Pattes d’Agnès, habituée notamment aux interventions de médiation animale en Ehpad.
Une fois les habitudes installées et la cohabitation devenue naturelle, l’ambition est désormais d’aller plus loin. « J’aimerais développer encore plus d’ateliers », explique l’enseignante. Lecture à voix haute auprès de Tigrou, activités autour des émotions, exercices de concentration ou encore moments de détente peuvent ainsi trouver leur place au cours des deux matinées hebdomadaires.
Le bien-être des enfants au cœur du projet
À travers cette initiative, l’enseignante souhaite notamment répondre à certaines difficultés observées chez les élèves de CP : manque de confiance, peur de se tromper, difficultés à maintenir leur attention ou appréhension de la lecture devant les autres.
Le projet pédagogique s’appuie sur plusieurs travaux scientifiques consacrés à la médiation animale et aux interactions entre les enfants et les chiens. La présence de l’animal est notamment envisagée comme un moyen de créer un environnement moins anxiogène et de favoriser l’engagement des enfants dans les apprentissages.
« Le chien nous aide à nous concentrer », résume d’ailleurs simplement l’un des élèves. L’objectif n’est donc pas de bouleverser le fonctionnement de la classe : lorsque Tigrou est présent, l’emploi du temps scolaire se poursuit, tandis que le chien peut se déplacer ou se reposer dans son panier. Des ateliers spécifiques viennent progressivement compléter les enseignements habituels.
Le projet dépasse également les murs de la classe. Les élèves ont notamment préparé, pour le marché de Noël de Saint-Paulet, des créations au profit de l’association : pochoirs, porte-photos et autres réalisations confectionnées par les enfants.
Sensibiliser aussi à la protection animale
Cette dimension rejoint les missions des Petites Pattes d’Agnès. L’association agit notamment dans la protection animale et sert de relais avant l’adoption en plaçant des animaux dans des familles d’accueil. Le principe est d’éviter autant que possible un passage prolongé en refuge et d’accompagner chiens, chats, lapins ou cochons d’Inde jusqu’à leur adoption définitive.
À l’origine de cette démarche, Agnès Ferraud explique avoir travaillé à la SPA et avoir été marquée par la détresse de certains animaux. Il y a une quinzaine d’années est alors née l’idée de développer un réseau de familles d’accueil. Implantée dans la Drôme, l’association peut aujourd’hui compter sur environ 90 familles. Elle intervient également dans la lutte contre la maltraitance animale et peut effectuer des constatations sur le terrain.
À Villa Clara, la rencontre entre cette expérience associative et le projet pédagogique de Camille Debonne donne ainsi à Tigrou un rôle bien particulier : celui d’un compagnon capable d’aider les enfants à apprendre autrement, tout en leur transmettant dès le CP le respect du vivant.



