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Viticulture dans le Gard rhodanien : entre crise économique, manque d’eau et avenir incertain, le sénateur Laurent Burgoa à la rencontre de vignerons

DOSSIER | AGRICULTURE ET VITICULTURE

Entre baisse des rendements, difficultés de commercialisation, pression climatique et incertitudes sur la transmission des exploitations, la viticulture gardoise traverse une période charnière. À l’occasion d’une visite dans le Gard rhodanien, le sénateur Les Républicains Laurent Burgoa est allé à la rencontre des professionnels de la filière. Deux étapes étaient au programme : la cave coopérative des Vignerons du Castelas, à Rochefort-du-Gard, puis le Domaine Saint-Nabor, à Cornillon, exploité par les frères Jérémie et Raphaël Castor. Deux modèles économiques différents, mais des préoccupations largement partagées : accéder à l’eau, vendre le vin à un prix rémunérateur et préserver l’avenir d’une activité qui façonne les paysages et l’identité du territoire.

À Rochefort-du-Gard, une cave coopérative inquiète pour l’avenir de ses viticulteurs

Première étape de cette visite, la cave des Vignerons du Castelas, à Rochefort-du-Gard. Accueilli par sa présidente Karine Ogier et son vice-président Clément Leroux, le sénateur Laurent Burgoa a pu échanger avec les représentants d’une structure qui rassemble 45 familles de coopérateurs, réparties notamment entre Rochefort-du-Gard, Domazan, Pujaut, Saint-Hilaire-d’Ozilhan, Fournès, Saze et Tavel.

La cave commercialise aujourd’hui environ 75 % de sa production en vrac, les 25 % restants étant vendus en bouteilles. Une partie de ces dernières est écoulée directement au caveau, une autre sur le marché français ou à l’export, notamment vers les États-Unis, le Canada et la Chine. L’exportation représente environ 10 % de l’activité.

La coopérative s’appuie notamment sur les vins de Signargues, avec une production majoritairement tournée vers le rouge, mais cherche également à diversifier son offre. Une gamme biologique déclinée dans les trois couleurs et des vins pétillants témoignent de cette volonté d’adaptation.

Pourtant, derrière cette diversification, les difficultés économiques restent importantes.

« On vendrait 20 à 30 euros de plus par hectolitre, on vivrait de notre métier », ont expliqué les représentants de la cave. Une revendication qui traduit le sentiment d’une profession insuffisamment rémunérée malgré les efforts consentis pour produire.

Les viticulteurs ne réclament pas nécessairement de nouvelles subventions. Ils souhaitent avant tout que les négociants acceptent de mieux valoriser leur production.

« Ce ne sont pas des aides qu’on veut », a insisté Clément Leroux, dénonçant un système commercial dans lequel les marges des intermédiaires pèsent sur la rémunération des producteurs.

La présidente de la coopérative, en fonction depuis douze ans, a également évoqué les difficultés de recrutement. Après le départ à la retraite de son tractoriste, elle a dû former un saisonnier pour assurer la continuité de l’exploitation.

La mécanisation apparaît désormais indispensable. Selon elle, un retour généralisé aux vendanges manuelles serait difficilement envisageable, faute de main-d’œuvre disponible.

L’eau du Rhône, une priorité absolue pour Laurent Burgoa

La question de l’irrigation a constitué l’un des principaux fils conducteurs de cette journée.

À Rochefort-du-Gard, les viticulteurs ont dressé le bilan d’une campagne de vendanges particulièrement précoce. Les premières récoltes ont commencé dès le 14 août, une date exceptionnellement avancée.

Les fortes chaleurs ont contraint les équipes à travailler essentiellement le matin. Si les raisins présentaient parfois une forte concentration en sucre, entraînant des degrés alcooliques élevés, les volumes de jus étaient plus faibles.

Les pluies de la fin du mois d’août ont néanmoins permis d’améliorer la situation, tandis que les vignes disposant d’un enracinement profond ont mieux résisté au déficit hydrique. Au final, la récolte a été jugée relativement normale par les responsables de la cave.

Mais cette relative résistance ne masque pas les inquiétudes pour les prochaines années.

« Il faut avant tout avoir de l’eau », a martelé Laurent Burgoa, qui souhaite faire de l’irrigation agricole une priorité de son mandat.

Le sénateur a notamment évoqué le projet porté avec l’Agglomération du Gard rhodanien et le Grand Avignon pour développer l’irrigation à partir du Rhône.

Pour lui, le territoire doit accélérer les démarches administratives et financières afin de permettre aux agriculteurs de sécuriser leurs productions.

« Si on veut encore avoir des agriculteurs dans dix ans », il est indispensable, selon lui, de concrétiser rapidement ces infrastructures.

Le parlementaire a rappelé avoir voté favorablement le projet de loi d’urgence agricole, notamment pour alléger certaines contraintes réglementaires et faciliter les projets liés à l’eau.

Il a également indiqué avoir abordé cette question avec la préfète du Gard.

Deux interrogations restent toutefois centrales : qui portera les projets et comment seront-ils financés ?

Le sénateur a cité l’exemple d’un projet d’irrigation concernant Saint-Étienne-des-Sorts, Chusclan et Orsan, dont le financement a été obtenu, estimant nécessaire de reproduire ce type d’opération ailleurs sur le territoire.

« Oui, le Rhône diminue, mais il faut se battre pour que le Gard ait une partie de l’eau du Rhône et pas seulement le Vaucluse », a-t-il défendu.

À Cornillon, le Domaine Saint-Nabor face aux défis climatiques et commerciaux

La seconde étape a conduit Laurent Burgoa à Cornillon, au Domaine Saint-Nabor, où Jérémie et Raphaël Castor représentent la sixième génération d’une famille de viticulteurs.

Avec 180 hectares de vignes et une production annuelle d’environ un million de bouteilles, l’exploitation constitue un acteur important de la viticulture du Gard rhodanien.

Les deux frères ont repris la cave en 2012 et développé une stratégie commerciale largement tournée vers la bouteille, avec relativement peu de ventes en vrac.

La production se répartit principalement entre les rouges, qui représentent environ 50 % des volumes, les rosés, entre 25 et 30 %, et les blancs, autour de 20 %.

Le domaine s’est également spécialisé dans les rosés très clairs, dits « gris », dont la vinification exige une grande maîtrise technique.

Malgré cette structuration, les conséquences du changement climatique se font directement ressentir.

Cette année, les frères Castor estiment avoir perdu entre 20 et 25 % de leur récolte.

« Il nous a manqué un orage en juillet », ont-ils résumé.

L’irrigation apparaît donc, ici aussi, comme une condition essentielle pour maintenir la production.

Des études sont envisagées pour identifier un ou plusieurs points de captage. Mais les délais de réalisation des infrastructures inquiètent.

Pour Laurent Burgoa, attendre dix ans pour concrétiser un projet d’irrigation serait beaucoup trop long au regard de l’urgence rencontrée par les exploitations.

Le sénateur s’est également déclaré favorable au développement de retenues collinaires, prenant l’exemple d’installations existantes dans le Piémont cévenol.

« On a besoin d’agriculteurs qui façonnent le territoire. Il faut savoir ce qu’on veut », a-t-il affirmé.

Exportations : la fin des marchés miracles

Au Domaine Saint-Nabor, les échanges ont également porté sur les débouchés commerciaux, notamment à l’international.

Jérémie Castor connaît particulièrement bien le marché américain, où il a travaillé entre 2007 et 2008.

À cette époque, les perspectives étaient particulièrement encourageantes, avec une consommation de vin en progression.

À son retour en France, la famille a trouvé un importateur et développé progressivement son implantation. Aujourd’hui, les vins du domaine sont distribués dans 17 États américains.

Mais le contexte commercial s’est durci.

Selon Jérémie Castor, la politique douanière de Donald Trump exerce une pression sur les importateurs, qui deviennent plus prudents dans leurs commandes.

Le domaine reste néanmoins présent aux États-Unis, ainsi qu’au Canada et en Chine.

Pour le viticulteur, l’époque des grands marchés capables d’absorber à eux seuls d’importants volumes semble révolue.

La stratégie consiste désormais à multiplier les débouchés, en s’appuyant sur plusieurs marchés de taille plus modeste.

En France, le Domaine Saint-Nabor bénéficie également d’une implantation historique dans la grande distribution, initiée par le père des deux exploitants il y a une trentaine d’années.

Le domaine est notamment présent dans environ 1 050 des 1 200 points de vente Intermarché évoqués lors de la visite.

Un réseau qui permet d’écouler des volumes importants, même si les marges réalisées par bouteille sont plus faibles.

À Rochefort-du-Gard, les représentants du Castelas ont eux aussi souligné les incertitudes liées aux marchés étrangers, particulièrement américains.

Laurent Burgoa a rappelé son soutien au CETA, l’accord commercial entre l’Union européenne et le Canada, considérant qu’il ouvre des débouchés aux viticulteurs français.

À l’inverse, il a vivement critiqué la politique commerciale de Donald Trump et ses conséquences pour les exportateurs.

« Il est parfois plus facile d’exporter au Royaume-Uni que dans l’Union européenne »

Autre paradoxe soulevé à Cornillon : les contraintes administratives pesant sur la vente directe de vin à des particuliers européens.

Les producteurs ont expliqué qu’il leur était parfois plus simple d’expédier quelques bouteilles à un client britannique que dans certains pays membres de l’Union européenne.

En cause, notamment, les règles relatives aux droits d’accise et les formalités associées à la circulation des boissons alcoolisées.

Pour les viticulteurs, ces obligations freinent le développement de la vente directe, alors même que les consommateurs étrangers manifestent un intérêt pour les vins français.

Laurent Burgoa a estimé nécessaire de sensibiliser les institutions européennes à ces difficultés.

Les professionnels ont également regretté le manque d’accompagnement institutionnel français sur certains salons internationaux, comparant la situation avec celle de l’Espagne ou de l’Italie, dont les représentants gouvernementaux soutiennent davantage, selon eux, leurs filières viticoles.

« Il ne nous manque pas de technicité et d’idées, mais du courage de ceux qui nous accompagnent », a résumé l’un des participants.

Restaurants : des prix jugés dissuasifs pour les consommateurs

La question du prix du vin dans les restaurants a suscité des réactions particulièrement vives lors des deux visites.

À Rochefort-du-Gard, Laurent Burgoa a dénoncé le prix de certaines bouteilles proposées autour de 30 euros sur les cartes, ou de verres facturés jusqu’à 8 euros.

Pour le sénateur, cette politique tarifaire contribue à éloigner les consommateurs du vin, particulièrement les plus jeunes.

Les représentants du Domaine Saint-Nabor ont partagé cette analyse, évoquant des coefficients multiplicateurs parfois très importants.

L’un des frères Castor a notamment cité l’exemple d’une bouteille commercialisée autour de 3 euros au départ de l’exploitation et proposée à un prix dix fois supérieur dans un établissement voisin.

« Ils tuent », a réagi Laurent Burgoa, estimant que de telles pratiques pénalisent autant les consommateurs que les producteurs.

Les professionnels reconnaissent que les restaurateurs doivent eux aussi dégager des marges pour faire face à leurs charges. Mais ils considèrent qu’un meilleur équilibre est indispensable.

Pierre Vidal a ainsi évoqué l’idée d’élaborer une charte des vins du Gard avec les restaurateurs, afin de favoriser la présence de vins locaux sur les cartes et de promouvoir une politique tarifaire plus accessible.

L’objectif serait de recréer un lien entre la restauration et les domaines viticoles, tout en encourageant la découverte des productions gardoises.

Comment reconquérir une jeunesse qui boit moins de vin ?

Au-delà des difficultés économiques, les viticulteurs sont confrontés à une transformation profonde des habitudes de consommation.

Laurent Burgoa s’est interrogé sur la manière de reconquérir les jeunes générations, davantage attirées, selon les participants, par la bière, les spiritueux ou d’autres boissons.

Pour les frères Castor, la transmission familiale jouait autrefois un rôle déterminant dans la découverte du vin.

Le vin était traditionnellement présent sur les tables familiales, et les parents comme les grands-parents contribuaient à transmettre une culture du produit, de son origine et de sa dégustation.

Cette habitude s’est progressivement estompée.

Les viticulteurs ont également évoqué les contraintes imposées par la loi Évin en matière de communication sur les boissons alcoolisées, estimant qu’elles ont réduit leur capacité à promouvoir le vin et son patrimoine culturel.

Ils ont toutefois tenu à distinguer la découverte du vin de la recherche d’ivresse.

« On n’est pas là pour bourrer les gens, on prône la modération », ont insisté les représentants du Domaine Saint-Nabor.

Face à l’évolution des attentes, certains producteurs réfléchissent également à de nouvelles boissons et à de nouvelles façons de valoriser le raisin, notamment autour de produits fermentés sans alcool.

Mais la perspective d’une généralisation du vin désalcoolisé ne fait pas l’unanimité dans la profession.

L’œnotourisme, un levier économique à développer

Autre enjeu majeur pour les viticulteurs gardois : l’œnotourisme.

Les producteurs constatent un intérêt croissant du public pour les expériences associant découverte des domaines, dégustations, rencontres avec les vignerons et valorisation des produits locaux.

Au Domaine Saint-Nabor, les événements organisés autour du vin constituent un moyen de renforcer la relation avec les consommateurs.

La Balade du primeur a ainsi rassemblé environ 1 000 personnes sur deux jours, illustrant le potentiel de ces rendez-vous.

À Rochefort-du-Gard, les représentants de la cave ont également évoqué les Escapades de Signargues, une initiative permettant de découvrir quatre villages et leur patrimoine viticole.

Mais les acteurs du Gard rhodanien s’inquiètent de la concurrence entre territoires, notamment avec le Vaucluse, qui développe lui aussi son attractivité autour des vins de la vallée du Rhône.

Le débat a notamment porté sur le positionnement touristique du territoire, entre identité gardoise, Provence et Occitanie.

Jérémie Castor a rappelé que le territoire se présente sous l’appellation touristique de Provence Occitane, tandis que Laurent Burgoa a souligné la proximité géographique, culturelle et économique avec Avignon, la Provence et Marseille.

Pour le sénateur, les divisions institutionnelles et les rivalités de territoire ne doivent pas freiner le développement économique.

Il a appelé à une vision collective, comparant cette nécessité de rassemblement à celle qui prévaut autour des grands enjeux industriels, notamment le nucléaire à Marcoule.

Transmission des exploitations : le risque d’une disparition massive

L’un des constats les plus préoccupants de cette visite concerne l’avenir des exploitations familiales.

À Rochefort-du-Gard, les représentants de la cave ont alerté sur les difficultés rencontrées pour transmettre les domaines aux nouvelles générations.

Les enfants de viticulteurs quittent souvent le territoire pour poursuivre leurs études et ne souhaitent pas nécessairement revenir exercer un métier exigeant, soumis aux aléas climatiques et dont la rentabilité reste incertaine.

Les professionnels redoutent ainsi une diminution importante du nombre d’exploitations dans les prochaines années.

« Dans dix ans, on aura perdu la moitié des exploitations », a averti l’un des représentants de la coopérative.

Une perspective qui aurait des conséquences bien au-delà de la seule filière viticole.

Car les vignes participent à l’entretien des paysages, à l’identité touristique du territoire et à la limitation de la propagation des incendies en maintenant des espaces agricoles ouverts.

« Le vin, c’est notre culture, nos paysages », a rappelé le vice-président de la cave.

Pour les viticulteurs, la disparition progressive des exploitations entraînerait donc une transformation profonde du Gard rhodanien.

Et si l’irrigation est indispensable, elle ne suffira pas à elle seule à garantir l’avenir de la profession.

Il faut également assurer des prix de vente permettant aux exploitants de vivre de leur travail.

Un constat partagé par Laurent Burgoa : « Ils demandent juste de vivre de leur travail et d’avoir un revenu décent. »

Sangliers, normes et manque de main-d’œuvre : les autres difficultés du quotidien

Les discussions ont également permis d’aborder plusieurs difficultés très concrètes rencontrées par les exploitants.

Parmi elles, les dégâts provoqués par les sangliers, qui peuvent détruire intégralement certaines parcelles.

Si des dispositifs d’indemnisation existent, les viticulteurs ont souligné les tensions que leur financement peut entraîner avec les chasseurs.

Laurent Burgoa a plaidé pour une régulation plus efficace des populations de sangliers et pour un rapprochement entre agriculteurs et chasseurs.

Il a notamment rappelé avoir travaillé sur un projet d’acquisition de lunettes thermiques, dont le coût avait été évalué à 51 000 euros.

Selon ses explications, une grande partie du financement avait été identifiée, mais il manquait encore 17 000 euros, somme que la Chambre d’agriculture aurait refusé d’engager.

Le sénateur a également dénoncé le poids croissant des démarches administratives.

Un sentiment partagé par Pierre Vidal, qui a résumé la situation par une formule : « Le métier de viticulteur, on est plus secrétaire. »

Entre déclarations, contrôles, réglementations et obligations de traçabilité, les producteurs estiment consacrer une part excessive de leur temps à des tâches éloignées de leur cœur de métier.

Quelle agriculture pour le Gard dans quinze ans ?

Au terme de ces rencontres, Laurent Burgoa a élargi les discussions à la nécessité de construire un véritable projet agricole de territoire.

Le sénateur estime que le Gard doit anticiper les mutations climatiques et économiques plutôt que de subir les évolutions de la filière.

Il a notamment regretté les choix effectués il y a plusieurs décennies en faveur d’une spécialisation viticole très importante.

« Il y a trente ou quarante ans, on a fait l’erreur d’aller vers le tout viticole », a-t-il considéré.

Sans remettre en cause l’importance du vin dans l’économie gardoise, le parlementaire souhaite encourager une diversification des productions.

Il a cité plusieurs pistes, notamment les asperges, les grenades ou encore les pistaches, qui pourraient trouver leur place dans une agriculture adaptée aux nouvelles conditions climatiques.

Mais cette diversification suppose, elle aussi, de sécuriser l’accès à l’eau.

Laurent Burgoa attend désormais de la Chambre d’agriculture qu’elle contribue à définir une stratégie claire pour les dix à quinze prochaines années.

Un appel partagé par plusieurs professionnels, même si les viticulteurs rappellent qu’ils ont avant tout besoin de visibilité pour investir, transmettre et adapter leurs exploitations.

Raphaël Castor a ainsi reconnu les interrogations auxquelles sa propre entreprise est confrontée concernant ses orientations futures.

Pour Pierre Vidal, une certitude demeure : « Sans eau, on ne pourra rien faire. »

Une filière à un tournant décisif

De Rochefort-du-Gard à Cornillon, cette journée de terrain aura mis en lumière deux réalités complémentaires de la viticulture gardoise.

D’un côté, une cave coopérative dont les exploitants subissent directement la faiblesse des prix du vrac, les difficultés de recrutement et les incertitudes liées à la transmission.

De l’autre, un domaine familial structuré, présent dans la grande distribution et sur plusieurs marchés internationaux, mais lui aussi fragilisé par les aléas climatiques, les contraintes commerciales et l’évolution de la consommation.

Malgré leurs différences, les deux structures partagent les mêmes attentes : une politique de l’eau plus ambitieuse, une rémunération équitable, un accompagnement institutionnel plus efficace et une véritable stratégie de développement.

Laurent Burgoa a assuré vouloir faire remonter ces préoccupations et poursuivre son engagement sur les dossiers agricoles, notamment celui de l’irrigation.

Reste désormais à transformer les constats en décisions.

Car derrière les chiffres de production, les hectares cultivés et les volumes exportés, c’est aussi l’avenir économique, paysager et touristique du Gard rhodanien qui se joue.

Une formule prononcée à Rochefort-du-Gard résume l’inquiétude de la profession : « On a perdu notre industrie et maintenant, si on ne change pas de direction, on va perdre l’agriculture. »

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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