Le préfet du Gard Jérôme Bonet en visite à Le Pin : « Se nourrir du territoire pour impulser des projets »

C’est une étape importante pour la commune de 480 habitants l’hiver – près de 800 l’été – que la visite du préfet Jérôme Bonet est venue marquer ce mercredi 21 mai. L’occasion pour le maire Patrick Palisse et son équipe municipale de mettre en lumière les projets, mais aussi les difficultés d’un petit village rural qui ne manque pas d’initiatives.
Accueilli chaleureusement par les élus, Jérôme Bonet, préfet du Gard, a tenu à rappeler le sens de sa démarche : « Je suis ravi de faire le tour des communes. C’est pour moi l’occasion de rencontrer les élus locaux, de m’imprégner du territoire et de m’en nourrir. Je suis encore un préfet débutant, je veux garder une approche pragmatique. »
Un village moteur dans l’environnement
Depuis 2014, la commune multiplie les actions environnementales : extinction nocturne de l’éclairage public, passage aux LED, obtention du label « Village étoilé » en 2015, composteur collectif, distribution de poules pour recycler les déchets alimentaires… « Cela nous a permis une réduction de 90 % de la consommation électrique », rappelle Patrick Palisse, qui a proposé à l’époque à l’Agglomération du Gard rhodanien de s’inspirer du modèle.
D’autres actions concrètes ont été menées : rénovation énergétique de l’école, de la mairie, de logements communaux et de l’épicerie, vente de produits d’hygiène bio à prix coûtant, projet biodiversité avec des jeunes en service civique, adhésion à l’association de préfiguration d’un futur Parc Naturel Régional, et élaboration d’un Atlas de la biodiversité.
Le développement du village au cœur du mandat

Depuis 2018, plusieurs réalisations structurantes ont vu le jour : brocante-restaurant, épicerie (ouverte en 2021), logements sociaux (2020), four à pain construit par des bénévoles, rénovation de la place du village, et surtout, l’ouverture en juin 2024 du Bistrot de pays, pour un investissement de 150 000 €. « Ce lieu vient recréer un lien social fort au cœur du village », insiste le maire.
À cela s’ajoutent l’acquisition d’un ancien garage automobile mis à disposition d’un jeune viticulteur, la réhabilitation de deux granges pour des ateliers municipaux, et un travail de fond sur l’offre de lecture à la bibliothèque.
Le tout, sans hausse d’impôts ni alourdissement de la dette. « Nous avons remboursé les anciens projets, et investi 1,2 million d’euros ces derniers mois. La dette est passée de 950 à 740 € par habitant », détaille Patrick Palisse.
Des contraintes normatives trop lourdes ?
Face à ces initiatives, Jérôme Bonet reconnaît les blocages administratifs : « Il y a ce que je peux faire, ce que je peux essayer, et ce que je ne peux pas faire. Je dois être honnête. Trop de normes peuvent freiner des projets. Mais chaque norme a un fondement social. Le problème, c’est leur accumulation. Il faut sortir d’une logique de guichet et aller vers une logique de projets. »
Il appelle les élus à anticiper : « Saisissez l’État le plus tôt possible. Faites du dérisquage. N’attendez pas les devis définitifs pour calculer les subventions, c’est risqué. »

PLU, PAC et sécurité des élus
Le maire a interpellé le préfet sur l’interprétation des portées à connaissance (PAC), qui « sont devenues quasi réglementaires depuis le dernier PLU en 2017 ». Jérôme Bonet a précisé qu’une annonce sur ce point sera faite lors du Salon des communes le 22 mai à Alès : « Il faut revenir à l’essence du PAC, ce n’est pas une servitude mais un rappel des risques. La décision reste entre les mains des élus. »
Le préfet a également alerté sur les tensions en période préélectorale : « La violence sur les réseaux peut déraper dans la vraie vie. Il faut signaler vite les faits. » Une vigilance partagée par les élus présents.
Enfin, un chiffre symbolique témoigne de la vitalité du village : l’école compte deux classes regroupant 54 élèves, en lien avec celle de Saint-Pons-la-Calm (49 élèves). Un lien fort, comme celui qui unit la commune à son territoire.



