L’Agglomération du Gard rhodanien engage officiellement son Plan Alimentaire Territorial

L’Agglomération du Gard rhodanien a franchi une étape importante avec le lancement de son Plan Alimentaire Territorial (PAT) ce mardi 25 novembre. Une démarche pensée pour structurer une politique alimentaire de proximité, durable et accessible à tous les habitants.
Réunis pour ce premier comité de pilotage, élus, techniciens, chambres consulaires, associations de consommateurs et services de l’État ont posé les fondations d’un projet qui ambitionne de relier plus étroitement production locale et besoins alimentaires du territoire.
Au centre de cette dynamique, Véronique Herbé, maire de Saint-Victor-la-Coste et conseillère déléguée à l’agriculture et à la forêt à l’agglomération du Gard rhodanien, rappelle la philosophie du dispositif : « Les élus ont choisi de s’appuyer sur les acteurs du territoire. L’enjeu n’est pas de repartir de zéro, mais de valoriser les savoir-faire et les équipements déjà présents, et de bâtir dessus avec ceux qui connaissent le terrain. » Pour elle, le PAT marque l’engagement clair de l’agglomération en faveur d’une alimentation plus qualitative, plus saine et plus locale.
À ses côtés, Cathy Cholet, vice-présidente du Département du Gard en charge de l’agriculture et de la qualité alimentaire, est venue réaffirmer le soutien du Département à cette démarche. Elle rappelle que l’alimentation ne se pense pas par morceaux, mais dans toute sa chaîne : « Moi je dirais que c’est vraiment ce qu’on appelle de la terre à l’assiette, c’est-à-dire appréhender, dans le cadre d’une politique globale, l’ensemble de la production du paysan, de la transmission des terres jusqu’à ce que cela arrive dans l’assiette du citoyen, du gamin, à l’école. » Elle souligne que le Gard porte déjà son propre Plan Alimentaire Territorial, centré sur « une alimentation de qualité, accessible à tous les Gardois et Gardoises ». Le Département, assure-t-elle, est présent « pour témoigner, accompagner, mettre en lien les partenaires, apporter du technique, de l’ingénierie, et encourager la collaboration et la mutualisation ».Cathy Cholet salue par ailleurs la dynamique engagée par l’Agglomération du Gard rhodanien : « Il faut saluer la politique de l’agglomération. » Et elle tient à souligner qu’un PAT n’est en aucun cas un simple modèle reproductible d’un territoire à l’autre : « C’est vrai qu’il y a une méthode, mais du copier-coller, ça ne se fait pas. Chaque territoire doit avoir sa propre identité, sa personnalité, selon ses acteurs. Évidemment, il y a des diagnostics, c’est inévitable, mais chacun doit porter sa propre démarche. »
Delphine Fernandez, élue à la Chambre d’agriculture du Gard et référente des PAT à l’échelle départementale, rappelle elle aussi la dimension transversale de cette politique. Un Plan Alimentaire Territorial, explique-t-elle, s’intéresse autant à la production qu’à la transformation, à la distribution ou à la consommation. Il s’agit de comprendre comment les habitants mangent, quelle est l’offre agricole locale et comment rapprocher celle-ci des besoins, notamment dans les cantines scolaires, les crèches, les centres de loisirs ou les EHPAD. Le diagnostic qui s’ouvre doit permettre d’identifier précisément les forces et les manques du territoire. Il peut révéler des besoins auxquels personne n’avait pensé, comme la création d’un atelier de transformation, d’un laboratoire, d’une conserverie ou d’une légumerie. Cette dernière fait d’ailleurs partie des besoins exprimés par la cuisine centrale de Bagnols-sur-Cèze, qui alimente déjà un grand nombre d’établissements et souhaite pouvoir travailler davantage de produits bruts issus de fermes locales.
L’une des pistes envisagées repose également sur l’installation d’une antenne du Mas des Agriculteurs, une structure qui pourrait jouer un rôle déterminant en matière d’approvisionnement local. Un tel outil offrirait la possibilité de vendre directement au public tout en facilitant l’accès des producteurs aux marchés publics de la restauration collective. Cela simplifierait considérablement les démarches administratives, souvent lourdes pour les agriculteurs comme pour les communes, en centralisant commandes, livraisons et facturations. Delphine Fernandez rappelle à quel point l’achat local reste complexe pour les équipes de cuisine, soumises à des contraintes réglementaires exigeantes et à des appels d’offres trop segmentés.
Cette organisation pourrait également répondre à un enjeu social essentiel. Les élues rappellent que pour une part importante des enfants, le repas de la cantine reste le seul repas équilibré de la journée. Améliorer la qualité des menus et garantir une présence accrue de produits locaux constitue donc une action de santé publique autant qu’un soutien à l’économie agricole.
À travers le PAT, l’alimentation devient aussi un vecteur d’éducation, avec un potentiel d’ateliers culinaires, d’initiations au goût, de rencontres entre producteurs et habitants, et de projets à destination des familles confrontées à la précarit



